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 La démocrassouille occidentale vous connaissez ?

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MessageSujet: La démocrassouille occidentale vous connaissez ?   Sam 28 Mai - 17:29

Six ans après le référendum de 2005, le « oui » meurt de honte
Jean-Luc Mélenchon - Carte blanche | Vendredi 27 Mai 2011 à 16:01 | Lu 12550 fois
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Le co-président du Parti de gauche revient sur les conséquences du rejet de la constitution européenne. Et apostrophe les politiques qui ont trompé le peuple en adoptant le traité de Lisbonne. La France trouvera-t-elle une fois de plus la force de refuser la voie sans issue dans laquelle les néolibéraux veulent l’enfermer ?



(capture d'écran Dailymotion - Zap-tele - cc)
L’ÉTRANGE E-G8 DE NICOLAS SARKOZY
SARKOZY LARGEMENT BATTU EN 2012?
CHÔMAGE: UNE HIRONDELLE NE FAIT PAS LE PRINTEMPS
Il y a six ans, le 29 mai 2005, le peuple français rejetait le projet de constitution européenne. La participation avait atteint 70 %. Pour la première fois, elle fut plus forte dans les classes populaires que chez les importants. Cet événement qui percuta si fortement notre pays mériterait bien un anniversaire. Les amis des commémorations sont pourtant muets. Pourquoi ? Le oui meurt de honte. La crise en cours ridiculise sa bonne conscience eurobéate.

Les dirigeants européens étaient convaincus d’avoir effacé les non français, néerlandais et irlandais. Comme ils étaient contents de leurs ruses pour imposer le traité de Lisbonne ! Quelle rigolade, pour eux, d’avoir dupé tout le monde ! Avoir fait adopter la chose sous un autre nom et surtout sans référendum, voila la forfaiture de Nicolas Sarkozy qui s’est vanté d’être l’auteur du nouveau texte. Les parlementaires PS et Verts qui l’ont rendue possible par le vote au congrès de Versailles ont également des comptes à rendre au peuple qu’ils ont trompé. Et, maintenant, voici le résultat monstrueux de ce coup de force : l’impuissance face à une crise de l’euro qui menace son existence, un nombre croissant d’Etats mis sous tutelle financière et une Europe armée du gourdin du FMI qui livre les peuples aux banksters. On comprend donc que beaucoup de monde ait intérêt à l’amnésie.
A l’époque, François Hollande, qui appuyait le traité de Lisbonne en dépit du vote des Français, avait montré ses talents de visionnaire. Selon lui, le traité de Lisbonne permettrait de « sortir l’Europe de l’impasse ». Non seulement l’Union est dans un cul-de-sac, mais elle arrive maintenant face au mur. Incapables de faire demi-tour, les dirigeants européens conduisent l’UE à la catastrophe en voulant croire que le choc n’aura pas lieu.

En fait, le 29 mai suivi du coup de force du traité de Lisbonne fut fondateur pour les eurocrates. Le viol du non populaire a donné aux « euroligarques » le goût de l’impunité et de la récidive. Ce fut le prélude d’une série de violences inouïes. Avant le 29 mai 2005, l’Union européenne était a-démocratique. Depuis elle est devenue antidémocratique et autoritaire. Cette Europe obligea sans vergogne l’Irlande rebelle à revoter jusqu’à ce qu’elle dise oui. On y débattit de la suspension du droit de vote des pays – et donc des peuples – qui marcheraient hors des clous de l’austérité. On y adopta sans débat public la camisole de force du Pacte euro-plus qui impose l’austérité dans les politiques nationales. Avec notamment le recul de l’âge de départ en retraite et le gel des salaires. Pis, les budgets nationaux sont dorénavant soumis à un examen préalable de la Commission de Bruxelles. Au secours, « Mme Veto » est revenue ! Notre proposition de loi contre ce fait a pourtant été repoussée à l’Assemblée nationale par la droite et le PS. Les Etats nations sont désormais traités comme des colonies de la Commission, selon John Monks, alors secrétaire de la Confédération européenne des syndicats. La Grèce est aujourd’hui dépouillée par les banques comme un pays occupé.

La constitution européenne, devenue traité de Lisbonne, a ainsi mis l’Europe à la merci des marchés financiers au moment où ceux-ci allaient s’effondrer. A présent, ils se gorgent comme des tiques sur les peuples. Les articles du traité de Lisbonne placent en effet les budgets nationaux sous la dépendance des investisseurs internationaux. Ils interdisent le recours aux banques centrales pour financer les Etats. Ils empêchent toute limitation des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union. De même que la politique néolibérale américaine est responsable de la crise des subprimes, le cadre néolibéral du traité de Lisbonne est responsable de la crise des dettes nationales. Après avoir éclaté en Grèce, elle est en train d’emporter toute la zone euro.

Six ans plus tard, d’aucuns veulent faire croire que le débat sur la nature de la construction européenne est derrière nous. Autruches ! En réalité, la crise actuelle oblige plus encore qu’en 2005 à rompre sans tarder avec le traité de Lisbonne. Il est urgent d’encadrer les mouvements de capitaux. Le traité de Lisbonne l’interdit. Il est urgent que la BCE organise la relance économique. Le traité l’interdit et lui enjoint de garantir la stabilité des prix au risque de l’asphyxie. Il est urgent d’en finir avec le libre-échange producteur de gaz à effet de serre et de dumping social et écologique. Le traité s’y oppose formellement. Il est urgent de relancer l’économie utile. Le traité de Lisbonne rejette les aides publiques et oblige à une libéralisation des services publics. Tout ce qui est nécessaire est interdit, tout ce qui est mortel est obligatoire.

On ne peut rien attendre de la bande d’illuminés fanatiques des dogmes libéraux qui conduisent nos affaires à l’abri d’un traité archaïque. Finalement, l’anniversaire du 29 mai nous conduit à une question. Serons-nous à nouveau capable de dire non ? La France trouvera-t-elle une fois de plus la force de refuser la voie sans issue dans laquelle les néolibéraux de l’Europe entière veulent l’enfermer ? L’énergie populaire est-elle toujours là qui conduisit à ce non majoritaire dans la gauche comme dans le peuple tout entier ? L’autre gauche a-t-elle encore la force de se rassembler pour faire d’un ensemble de forces dispersées un instrument de lutte capable de l’emporter face à tous les pouvoirs établis ?

Pour ma part, j’y travaille. J’ai vécu le 29 mai sur la place de la Bastille, avec Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et José Bové. Cette campagne venait de provoquer à la fois ma rupture irréversible avec une social-démocratie incapable de contester le cours libéral et autoritaire de l’Union européenne et ma rencontre avec l’autre gauche. Elle permit ensuite la naissance du Front de gauche, outil de rassemblement grandissant. Ce que j’observe en ce moment en Europe me convainc que la force du 29 mai n’est pas morte. Les précaires et les jeunes sont en train de prendre la relève du combat contre le pouvoir des banques et des oligarques. Je suis certain que cette révolution citoyenne en marche touchera la France à son tour. A ce moment, nous vérifierons que la France saura renverser la table européenne en décidant de désobéir à ce traité illégitime pour mettre en œuvre de nouvelles politiques. Nous oserons.


Dernière édition par Admin le Dim 29 Mai - 9:59, édité 1 fois
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MessageSujet: La démocratie telle que vécue en Occident est loin de ce qu’était l’idéal de Platon.   Sam 28 Mai - 18:22

La démocratie telle que vécue en Occident est loin de ce qu’était l’idéal de Platon. Les groupes de pression en son sein favorisent des intérêts privés plutôt que le bien commun. Qu’en est-il de groupes de pression au sein de l’Église ?

La démocratie à réinventer



Les pays d’Occident sont fiers de leur démocratie et, dans leur générosité, ils veulent en faire partager le reste du monde. L’Irak et l’Afghanistan ont payé un fort minerval pour l’apprendre.

Platon, qui en a rêvé l’un des premiers, aurait certainement beaucoup de difficulté à reconnaître son rêve dans nos diverses formes actuelles de démocratie représentative. À tous les quatre ou cinq ans le peuple se soumet à un rituel appelé élection. Les élus, lorsqu’ils réussissent à former un gouvernement, entreprennent de gérer le pays au nom de ceux qui les ont élus. Mais leur marge de manœuvre est assez limitée. Elle est conditionnée avant tout par la situation économique du pays qui dépend largement de politiques économiques et financières élaborées par de grands groupes supranationaux.



Le pouvoir de la rue et ses limites

Des peuples opprimés ont parfois des sursauts de dignité provoquant des mouvements de foules qui chassent des dictateurs. Cela est arrivé il n’y a pas longtemps en Tunisie et plus récemment en Égypte. Dans la plupart des cas leur révolution leur est subtilisée. La rue peut renverser un dictateur, et on s’en réjouit. Elle ne gère pas un pays. Les Iraniens, faisant face, mains nues, aux chars d’assaut de l’armée ont renversé le Shah. Ils ont hérité non pas de la démocratie, mais de Khomeiny. Les intérêts de l’Otan, de la France en particulier, en Tunisie sont trop grands pour qu’on permette l’instauration d’une démocratie tunisienne totalement autonome. L’Égypte et son armée sont trop importantes dans l’échiquier du Moyen-Orient pour que les Américains n’entreprennent pas, dès le départ de Moubarak, de gérer le passage graduel du pays vers une démocratie telle qu’ils la conçoivent.

Au niveau géopolitique la démocratie sert donc des intérêts supranationaux souvent étrangers aux citoyens ordinaires de chacune des nations concernées. Mais la démocratie, telle que vécue en Occident, souffre peut-être d’une maladie plus insidieuse.



Une inversion du politique

Marcel Gauchet, dans son livre La Religion dans la démocratie. Parcours de la laïcité (1998), explique qu’au cours des dernières décennies le politique comme promotion du collectif a fait place au politique comme accueil et promotion de l’individuel. Ainsi, le politique qui, durant la période de modernité instituait la primauté du commun sur le particulier, de l’universel sur la contingence et de la volonté de la majorité sur celle des minorités, s’est déplacé et tend désormais à se manifester de plus en plus comme une inversion de ces orientations normatives. Les lobbies et les groupes de pression ne recherchent pas le bien de l’ensemble mais le développement des avantages d’individus et de groupes particuliers. Ainsi, les pourparlers en vue de former un gouvernement en Belgique sont dans une impasse devenue chronique parce que chaque groupe en présence cherche à défendre ses intérêts propres et non à bâtir un pays.



Et dans l’Église ?

Qu’en est-il de l’Église. On nous répète facilement qu’elle n’est pas une démocratie. Mais ne serait-elle pas infiltrée depuis quelques décennies par certains aspects de la démocratie postmoderne que nous venons de décrire ? L’influence grandissante dans et auprès des dicastères romains, et plus particulièrement auprès de la hiérarchie de certains pays, de « mouvements » supradiocésains et supranationaux ne joue-t-elle pas le même rôle que celui des lobbies auprès des institutions politiques ?

La démocratie est à réinventer. Et si elle l’était, elle pourrait être d’un grand secours à une nouvelle évangélisation qui soit le fait du peuple de Dieu et non de groupes de pression au sein de l’Église.



Armand VEILLEUX




L'Appel, mars 2011
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