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 Le pipo de la béatification

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MessageSujet: Le pipo de la béatification   Lun 2 Mai - 16:31

Un lien à consulter pour ne pas demeurer idiot

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/beatification-du-pape-jean-paul-II-avril-2011/p-15898-Beatification-de-Jean-Paul-II-ce-pape-a-fait-illusion-.htm
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MessageSujet: De la remise en cause de Vatican II à la répression de 1000 théologiens   Lun 2 Mai - 16:35

BEATIFICATION DE JEAN PAUL II :
De la remise en cause de Vatican II
à la répression de 1000 théologiens
Par Christian Terras
Lorsqu’il est choisi en 1978 pour succéder à l’éphémère Jean-Paul I, Jean-Paul Il est encore perçu par beaucoup comme un ardent promoteur des idées de Vatican II. Si ceux qui l’élisent avaient relu attentivement les documents de Vatican II et notamment la fameuse constitution dogmatique de l’Eglise, ils se seraient en vérité avisés de ce que, tout en acceptant certains changements superficiels de la liturgie, Wojtyla entendait avant tout préserver une Eglise hiérarchisée et que, sur les problèmes de fond, il était aussi réactionnaire que son compatriote le cardinal Stefan Wyszinski, le redoutable primat de Pologne...

De même beaucoup ignorent encore à cette époque les rapports privilégiés qu’il entretient avec un groupement catholique de droite qui s’est développé à l’ombre de l’Espagne franquiste, l’ Opus Dei. .. S’il fallait définir Jean-Paul II par une formule-choc on pourrait dire de lui qu’il est un "intégraliste populiste"...

En effet, sous un visage souriant, celui qui aime se pencher sur les boucles blondes des petits enfants, cache l’obsession d’une "société parfaite" au sein de laquelle, comme aux plus belles heures du Moyen Age, l’Église, gardienne des institutions religieuses et civiles intimement mêlées, est la seule véritable force médiatrice et la seule source du salut spirituel. Profondément soupçonneux à l’égard des sociétés pluralistes - et à l’égard de tout pluralisme considéré par lui comme un cancer qui menace l’intégrité du modèle catholique - il n’est guère enthousiasmé par l’idée du " peuple de Dieu " - qu’il a d’ailleurs combattue au cours des travaux de Vatican II - à laquelle il préfère un peuple au sein duquel, sur le modèle de sa chère Pologne, décidément référence incontournable, les troupes de laïcs œuvrent à exprimer leurs aspirations politiques, économiques et sociales dans des gestes et symboles religieux orchestrés par les " voix " des évêques et des prêtres qui ont le doigt pointé vers la " vérité " d’une foi qui ne souffre aucun doute, aucune déviation...

Un pape " intégraliste populiste "

Sous le masque bonhomme d’une personnalité au franc-parler positif se cachent en fait l’autoritarisme et l’ambiguïté d’un homme qui se veut le champion des droits de l’Homme mais en refuse l’exercice aux membres de son Église. Oui au droit pour les pauvres à un juste salaire et à la possession de terres mais non - sauf en Pologne - à l’action des prêtres et des religieuses qui veulent aider les pauvres à s’assurer pareils droits sur les terrains politiques et sociaux... Au sein d’une vision incurablement eurocentriste, la Pologne - encore elle - brille comme le lieu de tous les possibles, un pont mythique entre l’Orient et l’Occident...

Le tiers-monde est réduit à un rôle de figuration, celui d’un appendice honteux infesté par le communisme que le pape - effet du traumatisme polonais - détecte à chaque coin de rue et dénonce inlassablement avec une virulence qui n’a d’égale que celle de son alter ego temporel, le président Reagan.

Un théologien italien ne dira-t-il pas que « Pour Jean-Paul Il, l’implication dans le politique n’est acceptable que si c’ est pour combattre le communisme » ? Ce à quoi il s’est employé joyeusement sans se dire qu’appliquée sans discernement — une vertu pourtant bien nécessaire à un pape - cette option aboutit habituellement dans le tiers-monde à un cautionnement , comme aux Philippines, des régimes de droite, voire des dictatures les plus brutales...

"Christianiser" les confrontations pour retrouver l’âge d’or de la chrétienté

En vérité, ainsi que l’analyse finement un ambassadeur latino-américain auprès du Saint-Siège, l’insistance de Jean-Paul II à faire adopter par l’Église universelle sa propre perspective religieuse et culturelle a eu pour effet au fil des ans de détraquer l’évolution de nombreuses Églises locales. Ce que le Vatican - comme au Moyen Age - veut de toutes ses forces c’est gérer la politique étrangère de tous les pays où le catholicisme est implanté. Pour ce faire une seule méthode : " christianiser " les confrontations afin de faire surgir du tombeau le rêve d’un siècle oublié... « Un Dieu, une parole, un empereur, un empire. Pareille obsession va très vite conduire le Vatican et son timonier aux pires aberrations, aux pires injustices... En effet, alors que l’on sait par exemple quel rôle omniprésent l’Église polonaise a joué de façon accrue ces dernières années, avec les encouragements incessants de Wojtyla, dans la vie politique et économique du pays, Jean-Paul II persiste à se prononcer contre l’engagement des clercs dans la vie politique de leur État.

Ne disait-il pas en 1986 aux évêques brésiliens rassemblés pour être sermonnés : « Vous ne devez en aucun cas assumer le rôle de politiciens, d’économistes, de dirigeants ouvriers, voire tout simplement de guides intellectuels... »

On n’oubliera pas non plus la triste et édifiante histoire du cardinal philippin Jaime Sin qui perdit naguère la faveur de Sa Sainteté parce qu’il avait osé s’affirmer et s’engager sur le terrain politique en faveur de l’opposition demandant le départ du dictateur Ferdinand Marcos. Un comportement "insupportable" et durement sanctionné - Jean-Paul II omit de l’inviter au synode sur Vatican II en 1985 - alors que... à la même époque le nonce apostolique, l’archevêque Bruno Torpigliani, s’affichait sans complexe et sans problème avec le dictateur et son épouse Imelda...

La raison d’Eglise comme la raison d’Etat

Plus écœurant encore... En 1987, alors que quelque 8 000 personnes - parmi lesquelles 2 000 enfants - sont détenues dans les geôles d’Afrique du Sud pour s’être opposées au régime que l’on sait, les évêques sud-africains manifestent publiquement leur désapprobation et leur inquiétude. Ils doivent alors subir deux sermons, l’un asséné par le président Pieter Botha, l’autre par le nonce apostolique, le Belge Jan Mees, qui leur rappelle que « L’Église doit se tenir à l’écart de la politique et cesser ses pratiques de dénonciation de l’apartheid ». Et de justifier son intervention par le fait que « le pape veut encourager le dialogue entre l’Église et l’État en Afrique du Sud »...

On apprend alors que, de septembre 1982 à juin 1985, la Banque du Vatican a été impliquée, via la Banco di Roma per la Svizzera, dans huit émissions de titres « irrévocablement et inconditionnellement garantis par la République d’Afrique du Sud » pour un montant global de... 252 mil-lions de dollars au bénéfice de... la ville de Johannesburg, du département des Postes et Télécommunications ainsi que des services de transport sud-africains...

Répondant à une demande d’éclaircissements, le porte-parole de la Curie dira qu’il n’y a là « rien d’immoral, les sommes concernées étant modestes... ». Comme sa vision politique, les textes de Jean-Paul II sont imbibés d’une "sensibilité" toute polonaise et ne prennent leur véritable dimension que si on les lit en référence à la réalité polonaise. Alors que Vatican II encourageait inlassablement les Églises locales à développer des réponses originales aux réalités du siècle, Jean-Paul II veut homogénéiser l’enseignement de l’Église sur les questions sociales pour aboutir à une formule catholique romaine devant répondre à tous les besoins comme le Vatican s’emploie à définir un modèle de politique étrangère que devront relayer toutes les Églises locales. Il est par ailleurs éclairant de voir combien souvent, dans ses déclarations, Jean-Paul II se réclame de son prédécesseur Pie X alors qu’il ne cite jamais Jean XXIII... Un Pie X pourtant tristement célèbre pour qui le modernisme constituait la synthèse de toutes les hérésies. Un Pie X qui introduisit l’Index et excommunia bon nombre d’éditeurs et d’auteurs "non conformes" parce qu’ils refusaient son fameux "Serment sur le modernisme", aboli d’ailleurs par... Vatican II. Un Pie X qui fit fermer les séminaires "progressistes" et procéda à un contrôle sévère des autres. Un Pie X qui fut à l’origine de Sodalitium Pianium, un réseau d’espionnage ecclésiastique fonctionnant en Europe et aux Etats-Unis...

1000 théologiens à l’index

Jean-Paul II a bien intégré l’héritage de Pie X et tout particulièrement l’idée que, si le Vatican veut garder la haute main sur le catholicisme mondial, il lui faut maîtriser ces pions essentiels que sont les théologies et leurs maîtres-d’œuvre...

En Europe et aux États-Unis les théologies sont souvent perçues par le commun des croyants comme des objets quelque peu ésotériques destinés avant tout aux intellectuels.

Dans le tiers-monde en revanche, et particulièrement en Amérique latine, les théologies fonctionnent comme clefs de la foi et de leur implication au milieu de la pauvreté et de la répression. Elles prennent leur vraie dimension dans le creuset des communautés de base qui, en privilégiant les valeurs de sacrifice, de charité et de solidarité, n’hésitent pas à défier ouvertement les autorités religieuses et civiles sur des questions brûlantes comme la réforme agraire, le contrôle des naissances et le ministère des laïcs.

C’est donc particulièrement dans le tiers-monde que les théologiens, ces "gardiens de la foi", seront mis sous haute surveillance par le Vatican. Ainsi plus de mille théologiens ont été mise à l’index sous le pontificat de Jean Paul II (cf. Golias Magazine n°35). Pour ce faire on réactive une machine de guerre quelque peu tombée en désuétude sous Jean XXIII et Paul VI. C’est la Congrégation pour la doctrine de la foi, un "oeil de Moscou" particulièrement craint au sein même du Vatican parce que ses décrets peuvent détruire des personnes, voire des Églises entières, ainsi qu’on le verra.

La Congrégation sera vraiment l’arme absolue du retour à la loi et à l’ordre romains. Elle permettra également de ramener sur le devant de la scène la Curie ou gouvernement central de l’Église à Rome dont le pouvoir a été quelque peu mis en veilleuse sous les deux papes précédents. Dans cette entreprise du "deuxième souffle" Jean-Paul II sait qu’il peut compter sur tous les vieux légionnaires de la Curie, sans compter le bataillon de choc des évêques allemands, un nid de mitrailleuses lourdes dans lequel il ira pêcher son Grand inquisiteur, le cardinal Joseph Ratzinger dont en 1981 il fait le préfet d’une Congrégation "reliftée".

Joseph Ratzinger, l’homme clé de Karol Wojtyla

Ratzinger, c’est vraiment un vieux de la vieille qui, avant de devenir le gardien suprême de l’orthodoxie vaticane, a réglé la circulation dans les rues du catholicisme pendant d’interminables années, au fil d’un itinéraire quelque peu chaotique...

Fils d’un policier bavarois, enrôlé dans l’armée du troisième Reich, il entre au séminaire en 1946, convaincu que son pays est mûr pour devenir le fer de lance de la renaissance du christianisme. De fil en aiguille il devient professeur de théologie. A 35 ans il est le conseiller théologique du cardinal Frings, le chef de file de l’aile conservatrice de l’Église allemande.

C’est à l’université de Tübingen où il enseigne qu’il rencontre celui qui deviendra son ennemi mortel, le théologienHans Küng, un fervent partisan de Vatican Il qui, on le devine, n’est pas vraiment la tasse de thé de Ratzinger. Toujours plus sollicité par le pouvoir, il accède à la cour des grands en devenant cardinal de Munich et rencontre un certain Wojtyla au synode des évêques en 1977. Tous deux .se découvrent une identique aversion pour le marxisme et caressent de conserve le rêve de restaurer l’Église après les excès de Vatican II...

En 1979 la Congrégation pour la doctrine de la foi émerge de sa léthargie. L’un de ses premiers coups de balai sera pour Hans Küng à qui les évêques allemands interdisent en 1980 de poursuivre son enseignement de la théologie. Ce Suisse, conseiller des évêques allemands lors de Vatican II était entré en conflit ouvert et permanent avec la hiérarchie vaticane depuis la fin des années soixante. Il fallait bien qu’il finisse par payer le prix fort pour avoir trop souvent critiqué les structures de l’Église et s’être interrogé un peu trop au goût de certains sur l’infaillibilité du pape...
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