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 Pour une société sans école !

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MessageSujet: Pour une société sans école !   Mar 29 Mar - 7:53

Neuf enfants sur dix se sentent bien à l’école mais environ un sur dix (11,7%) se dit harcelé, victime de violences physiques et verbales répétées, selon une étude de l’Observatoire international de la violence à l’école pour l’Unicef publiée mardi.

"Il n’y a pas de sentiment général d’insécurité à l’école. Mais il ne faut pas non plus minimiser le problème", a ajouté Eric Debarbieux, directeur de l’Observatoire et auteur du rapport, mené en 2009-2010 auprès de 12.326 élèves de CE2, CM1 et CM2 de 8 à 12 ans issus de 157 écoles de huit académies.

Dans la foulée de la parution de cette étude, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a décidé d'installer mardi un Conseil scientifique contre les discriminations à l'école, en particulier chargé de la lutte contre le harcèlement scolaire.

Il sera présidé par François Heran, un démographe, ancien directeur de l'Institut national des études démographiques, a-t-on précisé.

D’après l’étude, les phénomènes de "victimation" restent plutôt limités puisque près de neuf élèves sur dix (88,9%) déclarent se sentir "tout à fait bien" ou "plutôt bien" à l’école et plus de sept sur dix disent n’être "jamais" victimes de violences ou "très occasionnellement".

Mais pour une minorité d’élèves, la violence se fait sentir, souvent par de petites agressions répétées allant du vol de goûter aux insultes et menaces, mais aussi aux coups, racket ou violences sexuelles.

Harcèlement physique

"Chaque petite agression a peu d’importance prise isolément, mais c’est la répétition qui fait que la situation devient grave", a expliqué M. Debarbieux.

Le taux d’élèves victimes de harcèlement physique est estimé à 10,1%, 71,8% des élèves interrogés n’étant pas victimes de violences et 18% l’étant occasionnellement. 67% des agressions physiques sont le fait de garçons contre 20% par des filles et 12% par des groupes mixtes.

Pour les violences verbales, près de deux tiers des élèves (65%) se disent pas ou très peu concernés comme victimes, tandis que 14,4% le sont modérément ou fréquemment.

Au total, 11,7% des élèves interrogés sont victimes de violences répétées à la fois physiques et verbales et deviennent les "boucs émissaires" ou "souffre-douleur" d’une classe, et ce, quelque soit la sociologie de l’établissement.

"C’est un autre gros enseignement de l’étude: il n’y a pas plus de harcèlement dans les écoles classées ZEP (éducation prioritaire, les plus en difficulté) que dans les établissements normaux", ajoute M. Debarbieux.

Enquête du ministère

L’étude met également en garde contre les conséquences scolaires (décrochage, absentéisme) mais aussi psychologiques à long terme. Une faible estime de soi et des tendances dépressives sont beaucoup plus fortes pour les adultes ayant été harcelés autrefois, selon le rapport. "C’est un vrai problème de santé publique qu’il faut traiter de manière préventive", dit-il. "Si les enseignants sont alertés et formés, le harcèlement a tendance à baisser, confirme dans une interview à l’AFP Jean-Pierre Bellon, co-auteur du livre Harcèlement et brimades entre élèves.

Une sensibilisation précoce est nécessaire "car c’est souvent un phénomène qui naît à l’école primaire avant de se structurer à l’adolescence", ajoute-t-il.

Fin janvier, plusieurs personnalités, dont le pédopsychiatre Marcel Rufo, le sociologue, philosophe et écrivain Edgar Morin s’étaient alarmés, dans une lettre au ministre de l’Education nationale, des phénomènes de "souffre-douleur", de "bouc émissaire" et de brimades entre élèves.

Ils proposaient d"’organiser une consultation nationale permettant de trouver des solutions. La semaine dernière, le ministère a lancé une enquête de "victimation" dans le second degré, qui sera publiée tous les deux ans et concernera 18.000 élèves et personnels de 300 collèges.

(Source AFP)
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MessageSujet: Effondrement du système Français   Lun 5 Sep - 6:52

Instit' depuis 24 ans, je suis venu vous dire que je démissionne
Par Laurent Ott | Instituteur | 01/09/2011 | 15H23
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Un ancien directeur d'école nous a fait parvenir la lettre de démission qu'il vient d'envoyer à l'inspecteur d'académie de l'Essonne. Il y explique ne plus avoir sa place au sein d'un système éducatif qui n'a que faire d'une pédagogie respectueuse de l'enfant

Je souhaite par ce courrier, monsieur l'inspecteur, vous présenter ma démission. Depuis la fin des années 80, je n'ai pu qu'assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l'enseignant, et à l'appauvrissement du champ éducatif à l'école.

Sous couvert d'un « recentrage » perpétuel vers l'acquisition de « fondamentaux », de socle, l'école primaire s'est appauvrie, s'est repliée sur elle-même ; elle s'est coupée des ressources de son environnement naturel, à la fois urbain, familial et social.

Le temps et le champ de l'enseignement se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d'objectifs, d'injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d'initiative et d'autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives.

Restriction de la liberté éducative
Le plan Vigipirate, l'alourdissement des procédures d'autorisation de sortie, ou d'intervention de tiers, la règlementation des activités physiques […] ont constitué autant d'entraves au développement d'un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.

Qui peut encore en effet, dans sa classe et dans son école, sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?

Sans que l'on y prenne garde, c'est toute la liberté éducative nécessaire à l'apprentissage de l'autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l'école.

Inflation des évaluations en tous genres
A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants.

Cette tendance est allée si loin, que l'on peut se demander si l'enseignement à l'école n'est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.

En vingt-quatre ans, je n'ai observé également aucun progrès dans la formation ou l'accompagnement des jeunes enseignants.

La formation éducative, l'accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psycho-affectif de l'enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusés aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose leur impréparation.

Des relations d'autoritarisme et de servilité
Membre de l'Icem pédagogie Freinet [pédagogie fondée fondée sur l'expression libre des enfants, ndlr] de longue date, j'aurais souhaité contribuer à l'intérieur de l'Education nationale au développement d'une pédagogie respectueuse de l'enfant, de ses besoins et de ses aspirations.

Je suis malheureusement aujourd'hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n'ont plus de place dans l'Education nationale, telle qu'elle est devenue.

Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent les modes d'évaluation néfaste, l'absurdité du » soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.

La relation avec la hiérarchie s'est tellement dégradée qu'il n'y a plus de place aujourd'hui dans notre institution que pour des relations d'autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l'acte d'éduquer. Aujourd'hui, Monsieur l'Inspecteur, il devient clair que c'est en dehors de l'école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.

Mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie
C'est pour cette raison, que dans le cadre de l'action associative, je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l'école.

C'est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d'aujourd'hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.

Constatant que ces objectifs n'ont plus aujourd'hui de place dans l'Education nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission. Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie.
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