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 Pas dangereux le nucléaire hein !!???

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MessageSujet: Fukushima : des ouvriers contraints de mentir sur la radioactivité   Mar 24 Juil - 3:33

Fukushima : des ouvriers contraints de mentir sur la radioactivité


Le Monde
dim., 22 juil. 2012 12:39 CDT
Un sous-traitant intervenu sur le site nucléaire accidenté de Fukushima au Japon aurait poussé ses ouvriers à sous-déclarer le niveau de radiations auquel ils étaient soumis, vraisemblablement pour ne pas perdre son contrat, ont rapporté samedi plusieurs médias japonais.

Selon le quotidien Asahi Shimbun et d'autres médias japonais, un responsable de la société de construction Build-Up aurait demandé en décembre à une dizaine de ses ouvriers de recouvrir de plomb les dosimètres qu'ils portaient pour évaluer le cumul de radiations auxquelles ils étaient exposés, lorsqu'ils intervenaient dans les zones les plus radioactives de la centrale accidentée.

Cette demande visait apparemment à sous-déclarer leur exposition afin que la société puisse continuer à travailler sur le site, rapportent ces médias. Ces ouvriers ont été engagés pendant environ quatre mois, entre décembre 2011 et mars 2012, pour isoler les tuyaux d'une installation de traitement des eaux, a précisé de son côté l'agence Kyodo News. L'agence de presse Jiji et d'autres quotidiens indiquent que le ministère de la santé, du travail et des affaires sociales a commencé à enquêter à ce sujet.

UN BOÎTIER EN PLOMB

Plusieurs ouvriers de Build-Up ont confié à l'Asahi Shimbun qu'en décembre, un haut responsable de la société, leur superviseur sur place, leur avait expliqué qu'il portait un boîtier en plomb et leur avait demandé d'en faire de même. Ce responsable leur aurait expliqué que s'ils ne truquaient pas leur niveau d'exposition, ils atteindraient rapidement le niveau maximal annuel légal de 50 millisieverts, selon le quotidien, qui précise que les ouvriers sont en possession d'un enregistrement du briefing. Certains ouvriers ont refusé de recouvrir leur dosimètre et ont quitté la société, poursuit encore l'Asahi Shimbun. Ni le ministère, ni la société Build-Up n'ont pu être joints samedi matin.

L'accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daiichi, exploitée par la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), le plus grave depuis la catastrophe de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, est survenu après un séisme de magnitude 9 dans la région du Tohoku (nord-est) qui a déclenché un tsunami sur tout le littoral.
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MessageSujet: La contestation a pris de l'ampleur depuis la décision en juin du gouvernement de redémarrer deux réacteurs.   Lun 30 Juil - 4:31

La contestation a pris de l'ampleur depuis la décision en juin du gouvernement de redémarrer deux réacteurs.

Comme toutes les semaines depuis des mois, des Japonais sont venus par milliers à Tokyo pour dire non au nucléaire, cette fois en organisant une chaîne humaine autour du Parlement, symboliquement cerné dimanche pendant une heure.

Cette manifestation, qui s'est terminée à la tombée de la nuit (heure locale), a rassemblé de 10.000 à 20.000 personnes, selon la police, et quelque 200.000 d'après les organisateurs. C'est la dernière d'une série visant à obtenir l'abandon du nucléaire dans le pays,toujours sous le choc de la catastrophe de Fukushima.

Tout au long du cortège, on pouvait entendre des slogans: «Arrêtons l'énergie nucléaire», «Non au redémarrage des réacteurs» ou encore «Protégeons les enfants!».


Des militants en combinaison munis de masques à gaz, la tenue des ouvriers qui décontaminent la centrale de Fukushima, jouaient des percussions sur des bidons marqués du sigle indiquant des substances radioactives. Crédits photo : YURIKO NAKAO/REUTERS
«Après Fukushima, je suis fermement convaincu que c'est de l'arrogance que de croire que nous pouvons contrôler l'énergie nucléaire», a dit Hiroshi Sakurai, un peintre de 65 ans. «De plus, on ne sait pas se débarrasser des déchets, il ne suffit pas de tirer la chasse! Et puis tout ce qui touche au nucléaire est toujours anti-démocratique», a réagi de son côté Naoki Fujita, un architecte d'une cinquantaine d'années.

La contestation a nettement grossi depuis la décision en juin du premier ministre, Yoshihiko Noda, de redémarrer deux réacteurs nucléaires sur un parc total de 50. Depuis quelques mois, les manifestations rassemblent chaque semaine des milliers de personnes. Il y a dix jours, de 75.000 à 170.000 anti-nucléaires s'étaient donné rendez-vous dans un grand parc de la capitale pour la plus grande manifestation jamais organisée depuis la catastrophe. Et la semaine dernière, un ancien premier ministre, Yukio Hatoyama, s'était même joint à la manifestation hebdomadaire devant les bureaux du premier ministre.

Cette nouvelle manifestation intervient de surcroît quelques jours après la publication d'un nouveau rapport officiel qui a sévèrement mis en cause le gouvernement et la compagnie Tepco, gérante de la centrale, dans l'accident de Fukushima.

Signe que la mobilisation anti-nucléaire ne faiblit pas, samedi a été lancé le mouvement politique Greens Japan (Verts Japon) qui compte présenter des candidats aux prochaines élections législatives.
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MessageSujet: Re: Pas dangereux le nucléaire hein !!???   Mer 1 Aoû - 4:06

Révolution des Hortensias : les Japonais ne lâchent rien


Le blog de Fukushima
lun., 30 juil. 2012 12:56 CDT


La grande manifestation antinucléaire du 29 juillet 2012 a été un succès. Entre 10 000 (selon la police) et 200 000 personnes (selon les organisateurs) se sont rassemblées pour encercler le parlement à Tokyo afin de réclamer l'arrêt définitif du nucléaire. Les manifestants sont venus de tout le pays pour faire comprendre au gouvernement que leur volonté est inébranlable. Les forces de police présentes autour du parlement ont vite été débordées par la foule. Le mouvement ne cesse de croître de semaine en semaine. Un bras de fer pacifiste est désormais engagé entre le peuple et le gouvernement Noda qui persiste à vouloir redémarrer les centrales nucléaires.




et

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MessageSujet: Un Japon sans nucléaire est possible pour 2030, selon un ministre   Mar 7 Aoû - 14:50

Un Japon sans nucléaire est possible pour 2030, selon un ministre

7 août 2012 à 08:33


Yukio Edano en conférence de presse à Tokyo le 16 juin 2012. (Photo Kim Kyung Hoon. Reuters)
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Le ministre de l'Industrie estime qu'un abandon de l'énergie nucléaire d'ici 18 ans ne serait pas forcément néfaste à l'économie du pays.

Le ministre japonais de l'Economie, du Commerce et de l’Industrie a jugé mardi envisageable que le Japon se passe complètement d'énergie nucléaire à partir de 2030, sans que cela ne porte préjudice à l'économie du pays.

«Nous pouvons le faire», a déclaré Yukio Edano, lors d’une conférence de presse, en réponse à une question sur les conséquences négatives d’un éventuel arrêt total des réacteurs d’ici là.

Le gouvernement nippon planche actuellement sur la définition d’un nouveau bouquet énergétique, près d’un an et demi après l’accident nucléaire de Fukushima qui a rendu caduc l’objectif antérieur d'élever la part du nucléaire d’un peu moins de 30% de la production d'électricité à 53% d’ici à 2030.

Les autorités étudient actuellement trois scénarios possibles d’ici à 2030 : se passer totalement d'énergie nucléaire, baisser sa part à 15% de l'électricité ou ne la réduire que marginalement, entre 20 et 25% de l'électricité produite.

«Je ne pense pas que le scénario "zéro" soit négatif pour l'économie japonaise», a souligné Yukio Edano.

«Au contraire, il favoriserait la croissance car il faudrait développer les énergies renouvelables et améliorer notre efficacité énergétique, ce qui soutiendrait la demande intérieure», a-t-il précisé.

Des experts désignés par le gouvernement ont précédemment affirmé qu’un scénario «zéro nucléaire» réduirait de 1,2% à 7,6% le produit intérieur brut de la troisième puissance économique mondiale en 2030.

Le sentiment antinucléaire s’est développé au Japon depuis l’accident de Fukushima de mars 2011, qui a forcé une centaine de milliers de riverains à quitter leurs logements.

Des manifestations de quelques milliers de personnes, un nombre significatif pour le Japon, sont organisées chaque vendredi devant le bureau du Premier ministre, Yoshihiko Noda, pour lui demander de ne pas relancer les réacteurs actuellement à l’arrêt et de faire sortir le pays du nucléaire.

Seuls deux réacteurs sur les 50 du Japon sont actuellement en service, les autres ayant été stoppés soit à cause d’un séisme, soit en raison des nouvelles mesures de sécurité exigées par les autorités depuis Fukushima.

L’archipel a même été complètement privé d'énergie atomique aux mois de mai et juin, avant que Yoshihiko Noda n’autorise le redémarrage de deux tranches dans le centre du pays, provoquant la colère des antinucléaires.
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MessageSujet: Retenir les leçons de Fukushima   Jeu 9 Aoû - 3:38

Retenir les leçons de Fukushima

Une série de rapports a été publiée sur la catastrophe de Fukushima, tous plus accablants les uns que les autres.
Commandés par le Gouvernement, le parlement, les agences de régulation … Ces rapports d’experts s’accordent tous sur un point : la crise a été une catastrophe d’origine humaine, qui aurait pu être évitée.


© Jeremy Sutton-Hibbert/Greenpeace


Le mythe de la sûreté nucléaire

Le dernier rapport en date a été publié le 23 juillet dernier. Comme le rapport précédent, il dénonce la sous-estimation des risques et la gestion calamiteuse de la catastrophe. Confié par le gouvernement au professeur Yotaro Hatamura, un spécialiste des accidents industriels, ce deuxième rapport souligne la croyance dans le “mythe de la sûreté nucléaire” à l’origine de cette catastrophe.
Comme pour celui du Parlement, le rapport Hatamura dénonce “une gestion de crise déficiente”

L’état des réacteurs demeurant préoccupant, le comité a donc demandé l’autorisation de poursuivre son travail d’enquête…

Scandales et révélations se succèdent

On apprenait la semaine dernière que les ouvriers de Fukushima ont été “invités” à truquer leurs dosimètres par l’entreprise Build-Up, sous traitant de Tepco. Un responsable de Build-Up a donné l’ordre à ses employés de couvrir les dosimètres d’une plaque de plomb, pour truquer les chiffres indiquant les doses de radiations reçues. La plupart des ouvriers ont accepté de le faire, mais trois s’y sont opposés.
L’objectif ? Sous-déclarer leur exposition afin que la société puisse continuer à travailler sur le site.

Des manipulations multiples … Le Japon a présenté des candidatures pour le renouvellement de cinq membres de la Commission de régulation nucléaire y compris de son président. Cette initiative intervient après le scandale qui a éclaté la semaine dernière, lorsque les noms ont été divulgués aux médias, au mépris de la loi japonaise. Récemment, le journal Asahi Shimbun a publié des documents révélant que deux des candidats, Fuketa et Shimazake, ont reçu une rémunération de la part de l’industrie nucléaire japonaise au titre de conférenciers. Bien que les montants sont probablement en deçà de la limite de 500 000 yens sur trois ans, cet état de fait pose question sur la neutralité des candidats…. À nouveau, l’indépendance des autorités de régulation du nucléaire est entachée de collusion… la grande famille nucléaire reste un entre soi.


Image satellite des dégats à l'Unité 1 de la centrale de Fukushima Daiichi

La très légitime colère des japonais

Seize mois après l’accident de Fukushima, le traumatisme reste immense. Mais c’est surtout la colère qui gronde. La multiplication des rapports accablants les pouvoirs publics et l’opérateur, notamment sur l’information de la population contribuent à renforcer la méfiance des Japonais vis-à-vis du gouvernement.

Les manifestations contre le nucléaire se multiplient au Japon, avec des rassemblements chaque vendredi soir devant la résidence du Premier ministre Yoshihiko Noda. Le 16 juillet, 170 000 personnes ont manifesté à Tokyo contre le redémarrage des réacteurs nucléaires, un chiffre qui est d’autant plus impressionnant que le Japon, culturellement, n’est pas coutumier des rassemblements citoyens.
Plusieurs milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine dimanche dernier autour du Parlement à Tokyo, pour protester contre le nucléaire et la remise en service récente de deux réacteurs de la centrale d’Ohi.



Et pourtant, le Japon à redémarré deux de ses réacteurs…

Après avis favorable du gouvernement, les réacteurs n° 3 et n° 4 de la centrale d’Ohi (dans le sud-ouest du pays) ont récemment été remis en route. Alors que 80 % de la population souhaite sortir du nucléaire. La centrale d’Ohi est pourtant située sur une faille sismique… Le gouvernement a procédé à des tests de résistance de ces centrales aux séismes et aux tsunamis après l’accident de Fukushima. Mais il a évité de vérifier si ces sites nucléaires sont situés ou non sur des failles sismiques et encore moins sur des failles actives !


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Cette décision va donc à l’encontre du principe de précaution. C’est un déni démocratique, et un déni de réalité car autre chose est possible, et le premier pas a déjà été franchi ! En effet , depuis le 1er juillet, les compagnies d’électricité japonaises sont désormais tenues d’acheter toute l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelable (éolien, solaire, biomasse, géothermie) à des prix plus élevés et déterminés par l’État. Cette mesure, ayant pour objectif de favoriser une dynamique industrielle dans les renouvelables fonctionne déjà : il y aurait en construction ou en projet plus de 100 parcs photovoltaïques sur l’archipel nippon.

Les énergies renouvelables ne représentent aujourd’hui au Japon que 2% de la production totale (hors hydraulique) … l’effort doit donc être poursuivi. Non par la population, déjà déterminée. Mais par les pouvoirs politiques !

Opacité, manque de dialogue, manque de décision politique … ça vous rappelle quelque chose non ?
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MessageSujet: Fukushima : une catastrophe d’origine humaine, pas naturelle   Jeu 9 Aoû - 3:39

Fukushima : une catastrophe d’origine humaine, pas naturelle

La Commission indépendante d’experts nucléaires a rendue hier son rapport d’enquête sur Fukushima.

Cette commission, chargée par le parlement japonais de déterminer les circonstances de la catastrophe nucléaire qui a commencée le 11 mars 2011, a publié un rapport accablant de 641 pages. Elle est composée de dix experts, sismologue, avocats, médecins, journaliste scientifique, professeurs désignés par les parlementaires.


Photo xtcbz (Flickr)


Une enquête menée sans compromis

La commission a mené un travail de recherche approfondie, avec des entretiens auprès de 1 176 personnes, pendant plus de 900 heures lors des 6 derniers mois…

Des responsables sont clairement désignés : TEPCO, mais aussi le manque de réactivité des agences gouvernementales japonaises. Le rapport souligne et étudie également les aspects culturels, pointant l’extrême respect et la soumission à l’autorité inhérent à la culture japonaise.

La Commission d’experts était dirigée par Kiyoshi Kurokawa, ancien président du Conseil Scientifique Japonais, qui a écrit, dans le rapport que la fusion “ne peut être considérée comme une catastrophe naturelle. Ce désastre est humain, car il aurait pu et aurait du être prévu et évité.” Le rapport ajoute que “les causes directes de la crise étaient toutes prévisibles, bien avant le 11 mars 2011.”.

Les membres de la commission écrivent, dans leur rapport, que “[la catastrophe] a été le résultat de la collusion entre le Gouvernement japonais, les régulateurs et TECPO, ainsi que du manque de gouvernance de ces instances. Nous en concluons que l’accident est d’origine humaine. Les causes profondes étaient organisationnelles“. Le rapport blâme tout particulièrement l’opérateur TEPCO pour avoir failli dans sa mission à renforcer, améliorer les capacités de résistances de la centrales face à une catastrophe naturelle, et critique également la NISA (Agence du sûreté nucléaire japonaise) et le METI (ministère de l’économie et de l’industrie japonais) pour avoir échoué dans leur mission de contrôle.

“Une arrogance impardonnable”

La Commission pointe qu’en 2006 la NISA avait ordonné des travaux d’amélioration dans le système anti-sismique de la Centrale de Fukushima Daiichi. TEPCO a volontairement ignoré cette directive et l’autorité de contrôle n’a pas fait de suivi, auprès de l’opérateur, ne contrôlant pas la mise en oeuvre de sa demande.
“La commission a relevé une ignorance et une arrogance impardonnable pour toute personne ou toute organisation travaillant dans le domaine du nucléaire. Nous avons découvert un mépris pour la sécurité du public.” peut on ainsi lire dans le rapport.

Rappelons que la catastrophe a contraint 150 000 personnes à quitter leur maison, en plus de libérer des quantités importantes de substances radioactives à des kilomètres autour de la centrale.

De manière significative, le rapport de la Commission remet en question les assertions de TEPCO selon lequel l’accident et la situation de criticité des réacteurs de Fukushima sont dûs au Tsunami qui avait suivi le séisme de magnitude 9…

Un positionnement jugé faux par les experts : selon eux, Tepco a mal évalué la probabilité d’un tsunami de cette envergure et n’a pas pris les dispositions nécessaires, alors que cette éventualité avait été testée ! En 2008, Tepco avait simulé un tsunami de plus de 15 m de haut, dont les vagues atteignaient la centrale Fukushima. Aucune initiative n’a toutefois été prise par la suite, car ils ont jugé peu probable qu’une telle catastrophe survienne, précisent les experts. “il est impossible de limiter la cause directe de l’accident au tsunami, sans preuve de fond. La commission estime qu’il s’agit d’une tentative d’éviter la responsabilité en mettant tout le blâme sur le [tsunami] inattendu. ” écrit la Commission.

Un Gouvernement qui a failli à sa mission de protéger les citoyens !

Le rapport a également critiqué l’incapacité du gouvernement à gérer efficacement la crise après l’accident : pour les experts “les gouvernements passés et en place à ce moment-là, ont failli à leur devoir de protéger la vie des gens et la société“.
Par exemple, dans les jours qui ont suivi la catastrophe, un porte-parole du gouvernement a déclaré que les évacuations ont été engagées “juste au cas où”, plutôt que d’informer les résidents des dangers réels à la suite de grands panaches radioactifs.
La Commission déplore également une mauvaise communication, tant entre les techniciens qu’entre les autorités. Ces dernières ont d’ailleurs rapidement été blâmées pour avoir tardé à révéler la gravité de la situation et à évacuer les zones touchées.

Ce rapport soulève ainsi des questions de fond, que tout pays nucléarisé doit se poser en toute transparence. Il montre à quel point des changements radicaux sont nécessaires et doivent être engagés, sur la responsabilité, l’encadrement, et la nécessité de contrôle de l’industrie nucléaire par des autorités … INDÉPENDANTES !
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MessageSujet: Les premiers effets désastreux !   Mar 14 Aoû - 22:39

Mutations galopantes pour des papillons de Fukushimamutation accident nucléaire de Fukushima 0 commentaire Selon une étude de chercheurs japonais, publiée dans Scientific Reports, une espèce de papillons de la région de Fukushima présente en grande proportion des mutations génétiques causées par l'accident nucléaire de mars 2011.

Deux mois après l'accident nucléaire, des petits papillons bleus de la famille des lycénidés ont été capturés dans la région de Fukushima Daiichi puis élevés en captivité. 12% de ces papillons, qui se trouvaient à l'état de larves lors de l'accident nucléaire, présentaient des anomalies génétiques, telles que des ailes plus petites ou une malformation au niveau des yeux. Une proportion de 18% de la descendance issue de ces papillons a également présenté des anomalies génétiques, et 34% de la génération suivante. Une proportion en constante augmentation, alors que les chercheurs ont choisi des papillons sains comme partenaires de reproduction.

Dans l'environnement de Fukushima Daiichi, un nouvel échantillon de papillons a été capturé 6 mois après la catastrophe nucléaire. Et sur ces individus restés plus longtemps en liberté en environnement contaminé, les papillons mutants sur la descendance deviennent majoritaires, à 52%.

Les chercheurs soulignent que de tels résultats n'ont pour le moment été détectés que sur les papillons. De nouvelles expériences vont être menées sur d'autres espèces animales.
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MessageSujet: Une fuite de l'eau radioactive a été détectée au quatrième réacteur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima   Mar 14 Aoû - 22:57

Une fuite de l'eau radioactive a été détectée au quatrième réacteur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima. Une couche d'eau d'un centimètre d'épaisseur s'étendant sur 350 mètres carrés a été découverte dans un des locaux du réacteur lors d'un examen de routine. Le contrôle a démontré que l'eau était riche en cesium radioactif.

Il paraît que la fuite a eu lieu dans le tuyau par lequel l'eau polluée a été pompée du du réacteur 3 voisin. Ces équipements se trouvant dans la proximité immédiate de l'endroit où l'eau a été découverte.

Aujourd'hui même les spécialistes ont détecté une légère fumée au-dessus d'une pompe du système de refroidissement de la centrale. Le fait n'a pas eu d'impact sur le refroidissement des réacteurs à problème. Les causes de cette fumée sont actuellement étudiées tout comme un lien possible entre la fumée et la fuite d'eau.
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MessageSujet: Desz nouvelles de Fukushima...ignorée par la presse hexagonale aux ordres des lobbys nucléaires...qui préfère nous parler des iles Senkaku   Dim 19 Aoû - 3:41

vec le temps, puisqu'on n'en parle presque plus, on pourrait penser que la crise nucléaire est terminée. Oui, la crise spectaculaire, avec ses explosions, ses émanations gigantesques, ses déplacements de population, est terminée. Mais la crise nucléaire est maintenant permanente au Japon.

Pour les évacués qui ne peuvent pas rentrer chez eux, pour les évacués à qui les autorités demandent de rentrer chez eux alors que c'est encore contaminé, pour les familles séparées, pour les enfants qui ne peuvent plus jouer dehors parce qu'ils savent que c'est dangereux, pour les personnes dont on a repéré des nodules dans la thyroïde, pour les parents qui doivent surveiller quotidiennement la nourriture de leur famille, pour les milliers d'ouvriers qui travaillent dans l'ex-centrale de Fukushima Daiichi, pour les personnes recrutées pour décontaminer les zones interdites, pour les personnes contaminées, pour ces centaines de milliers de Japonais qui manifestent régulièrement pour sortir du nucléaire, la crise n'est pas terminée.

Difficile de faire une synthèse. Car cette catastrophe n'aura sans doute pas de fin.Voici plutôt quelques aspects actuels de cette crise nucléaire permanente, abordée par thèmes.

Nouvelles sur l'ex-centrale de Fukushima Daiichi

Unité 1

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Depuis qu'il avait été mis sous tente par Tepco, le réacteur 1 ne faisait plus trop parler de lui. Mais le 22 mai 2012, on apprenait qu'il ne restait plus que 40 centimètres d'eau au fond de la cuve du réacteur et qu'une fuite existait probablement au niveau de la canalisation reliant la cuve du réacteur à la piscine torique. Le 26 juin 2012, une analyse endoscopique a été réalisée : la radioactivité de l'eau située dans les soubassements prouve une rupture de confinement.

Unité 2

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Un nouveau thermomètre semble défectueux : le thermocouple "TE-2-3-69N1" montrait une température anormalement élevée de 144°C le 22 juillet 2012. Petit à petit, les ex-réacteurs (officiellement, ce ne sont plus des réacteurs depuis le 19 avril 2012) se dégradent, l'eau salée, les coriums et la forte radioactivité accélérant la corrosion des matériaux.

Selon Arnie Gundersen, du combustible se serait échappé de l'enceinte de confinement, d'après l'observation du 28 juin 2012 au fond de la chambre de suppression n° 1.


Unité 3

Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.

Le 11 juillet 2012, un robot n'est pas revenu de l'une de ses explorations dans le réacteur n°3. Même les robots conçus pour résister à la radioactivité ont des problèmes. Et encore, ce sont de tout petits robots.




© n/a
Unité 4

Le 11 juillet 2012, Tepco a fini de démanteler le sommet du bâtiment réacteur 4.

Les 18 et 19 juillet 2012, deux assemblages neufs ont été retirés de la piscine 4, ce qui porte à 1533 le nombre d'assemblages restant à retirer : 1331 de combustible usé et 202 de combustible neuf. Le début de ce transfert phénoménal ne se fera pas avant décembre 2013. D'où l'inquiétude légitime qui motive cette pétition.

Fuites et pannes

Il y a toujours des fuites à Fukushima Daiichi, mais on en parle moins car elles sont régulières, ce n'est plus spectaculaire. Le 26 juillet 2012, les sous-sols du bâtiment turbines de l'unité 6 étaient encore inondés, il a fallu pomper et transvaser durant 6 heures. D'où vient cette eau ? Mystère. Est-elle radioactive ? On peut le supposer car l'eau récupérée a été stockée dans un réservoir.

Pollution

Air : 16 mois après le terrible mois de mars 2011, le site rejette toujours 10 millions de Bq/h de radio-césium. Où vont ces poussières mortelles ? La plupart vers l'océan pacifique, mais le vent peut les pousser aussi vers les terres. Autre moyen de transport rapide pour la dissémination planétaire : le jet stream.


Terre : personne ne veut de la terre contaminée qu'on racle partout dans les territoires touchés par les retombées radioactives. On en fait quoi ? Si on était sûr qu'elle ne contenait que du césium, il « suffirait » de la mettre de côté durant 300 ans.

Eau : 228 000 tonnes d'eau contaminée sont actuellement stockées sur le site. Tepco aimerait s'en débarrasser en la rejetant à la mer, mais pour l'instant l'opérateur n'a pas d'autorisation. L'objectif de réutiliser l'eau en circuit fermé ne marche pas car la nappe phréatique remplit les sous-sols. On en fait quoi ? Il y aura un moment donné où, matériellement, il ne sera plus possible de la stocker.

On trouve aussi de l'eau contaminée très loin de Fukushima, à 25 km du centre de Tokyo. Si aujourd'hui les nappes phréatiques sont polluées, c'est à cause de la migration progressive des radionucléides dans le sous-sol, partout où il y a eu des retombées.

Le MEXT a mis en ligne des résultats de mesures très fines sur l'eau du robinet : du césium 134 et 137 est détecté à des concentrations très faibles dans 11 provinces.

Irradiation

On vient de découvrir qu'une société filiale de Tepco demandait à ses employés d'insérer leur dosimètre dans un boîtier en plomb. Ce qui évidemment fait baisser la dose enregistrée et permet aux ouvriers de travailler plus longtemps sur le site contaminé. Par la même occasion, leur espérance de vie va sans doute diminuer, mais les entreprises de l'industrie nucléaire se moquent bien de ce genre de détail, on l'avait déjà remarqué depuis longtemps.

Nationalisation
Au terme d’un long processus, Tepco est désormais nationalisée, le pourcentage d’actions de l’Etat ayant dépassé 50% mardi 31 juillet 2012. Par un tour de passe-passe, l’opérateur ruiné à cause de la catastrophe nucléaire éponge ses dettes grâce au contribuable japonais. L’entreprise a subi une perte nette de 3 milliards d'euros entre le 1er avril et le 30 juin 2012, causée pour plus de moitié par le versement d'indemnisations pour les victimes.

Santé
L’institut japonais des maladies infectieuses montre des résultats toujours inquiétants pour certaines affections. L’année 2011, suite aux explosions de la centrale nucléaire, avait montré une augmentation des cas de pneumonie à mycoplasme. L’année 2012 est encore pire, comme le montre ce graphique. Les poussières radioactives invisibles sont disséminées partout dans le pays. La maladie avance sournoisement.



Le bilan des doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi pour les mois d'avril à juin 2012 est en ligne sur le site de Tepco. Selon l’analyse de l’ACRO, ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes, avec un maximum de 23,53 mSv en un mois.

Pêche
Le Japon, soucieux d’oublier la catastrophe nucléaire, a décidé de réintroduire sur les étals des produits de la mer en provenance des eaux de Fukushima. Pourtant, d'autres pays comme la Corée du Sud renforcent plus que jamais leurs régulations à l'importation dans un souci de limiter la diffusion de la contamination marine. Et ils ont bien raison car après un recul au printemps, elle augmente au large d'Hokkaido : le plus haut relevé a été de 70 Bq/Kg (Cs-134 : 31 Bq/Kg, Cs-137 : 39 Bq/Kg) sur un échantillon pris le 1eraoût 2012 (source MEXT).

Démographie
Selon Fukushima Diary, la chute de la population japonaise (Décès - Naissances) entre janvier et mai 2012 est 4 fois plus forte que sur la même période de 2007. Si l'on compare avec 2006, c'est 5 fois plus fort.
Ces données sont basées sur le tableau de bord du service de la statistique démographique du ministère de la Santé, du Travail et de l'Aide Sociale du Japon. Le rapport de juin 2012 n'est pas encore paru.



Justice
Pour les anti-nucléaires, un “acte criminel” qualifiant le drame de Fukushima aurait été commis par l’entreprise électrique Tepco et par le gouvernement. Plusieurs procureurs viennent d’accepter de mener une enquête (après le dépôt de 1300 plaintes quand même !). S’ils arrivent à prouver que la catastrophe nucléaire de Fukushima a été la conséquence de négligences, des poursuites pourraient être lancées contre les responsables. On pourrait leur suggérer de s’appuyer sur les résultats de la commission d’enquête indépendante dont le rapport a été publié récemment.

Presse
Depuis la catastrophe de Fukushima, la mainmise du lobby nucléaire sur les médias connaît quelques failles. En effet, 3 quotidiens ont décidé de résister : le Mainichi Shinbun, le Tokyo Shinbun, et le Shinbun Akahata. A Tokyo, avec la Révolution des Hortensias en cours, l’enjeu est important. Les manifestations antinucléaires apparaissent en une du journal Tokyo Shinbun qui ne prend plus de gant pour soutenir la sortie du nucléaire.

Redémarrage des centrales nucléaires du Japon
Le gouvernement a décidé de relancer au forceps deux réacteurs à la centrale nucléaire d’Ohi (préfecture de Fukui, dans l'ouest du pays). Selon Courrier International, le Tokyo Shimbun, quotidien désormais antinucléaire, dénonce une décision politique, sans garanties quant à la sûreté, comme s'il ne s'était rien passé à Fukushima.
Kansaï Electric a déjà planifié le redémarrage des unités 3 et 4 de la centrale nucléaire de Takahama, située à environ 250 km à l’ouest de Tokyo. Comme pour l’unité 3 de Fukushima Daiichi, le réacteur 3 de Takahama utilise du MOX.

Mobilisation
A chaque rendez-vous, le nombre de participants à la Révolution pacifiste des Hortensias progresse. La grande manifestation du 29 juillet 2012 a conduit la foule à encercler complètement le parlement. Il y a une semaine, un ancien Premier ministre, Yukio Hatoyama, s'était joint à la manifestation hebdomadaire devant la résidence du premier ministre actuel Noda. Tout semble s’accélérer. Alors qu’au départ les manifestations ne se tenaient qu’à Tokyo, une trentaine de villes emboîtent le pas en organisant une manifestation chaque vendredi : Sapporo, Morioka, Mizusawa, Sendai, Koriyama, Mito, Sodegaura, Sakuragicho, Niigata, Kofu, Nagano, Toyama, Kanazawa, Nagoya, Gifu, Ogaki, Fukui, Otsu, Kyoto, Osaka, Kobe, Himeji, Okayama, Maigo, Hiroshima....
Il est prévu que le groupe des organisateurs des manifestations de Tokyo (dont 13 organisations citoyennes) rencontre le premier ministre Noda. La nomination de Tanaka Shunichi pour la nouvelle instance de sécurité nucléaire sera sans doute sur la table des négociations, mais rien n’est encore joué.

Nouvelle instance de sécurité nucléaire
Le gouvernement projette d’établir en septembre une nouvelle organisation qui s’appelle New Nuclear Regulatory Commission. Elle prendra toutes les décisions qui concernent la politique nucléaire : redémarrages de centrales, évacuations des habitants, seuils de radioactivité, etc. Mais Shunichi TANAKA, en tant que président de cette commission, est un problème majeur pour le mouvement antinucléaire, car cet homme, actuellement chargé de la décontamination à Fukushima, a travaillé longtemps pour « le village nucléaire ». Il est connu pour ses positions peu glorieuses pour la population : c’est lui qui affirme que 1 µSv/h est tout à fait acceptable (=8,7 mSv/an !), et il s’est opposé à l’évacuation d’habitants de certaines régions de Fukushima.
Les autres candidats-membres à cette commission sont aussi presque tous pro-nucléaires : par exemple, Kayoko NAKAMURA travaille pour Japan Isotope Associsation ou Toyoshi FUKETA pour Japan Atomic Energy Agency.
Si Tanaka devient chef de cette commission, ce sera une nouvelle catastrophe pour le Japon. C’est pourquoi les parlementaires sont très sollicités (pétitions…) pour voter contre ces candidatures. A suivre fin de semaine prochaine.

Futur
On aurait pu penser qu’après la catastrophe nucléaire la pire au monde (3 meltdowns), l’agence de sécurité nucléaire japonaise devienne plus sage et corrige le tir. Eh bien non, la nouvelle agence vient de décréter que l’unité 1 de la centrale de Genkaï, située dans l’extrême Sud du Japon, serait bonne pour le service durant 58 ans ! Tepco envisage même de redémarrer un jour les unités 5 et 6 de Fukushima Daiichi, ainsi que les réacteurs de la centrale de Fukushima Daini. Alors que la colère gronde dans la population japonaise, c’est une nouvelle provocation à la demande d’arrêt de production électrique atomique.

Les autorités nippones n’ont manifestement pas compris l’enjeu vital et sacrifient l’avenir du pays en l’embarquant à nouveau dans cette énergie catastrophique. Pourtant il y a urgence à régler d’abord la crise de Fukushima Daiichi, en particulier en mettant à l’abri les 1533 assemblages de combustible de la piscine de l’unité 4 qui menaceront l’avenir du monde durant encore au moins un an et demi !

Continuez à signer et à faire signer la pétition demandant une prise en charge internationale de la catastrophe de Fukushima !

http://www.avaaz.org/fr/petition/Appel_urgent_pour_eviter_une_nouvelle_catastrophe_nucleaire_mondiale/?cfWvucb
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MessageSujet: Cancer de la thyroïde : le très long héritage d'Hiroshima   Mar 21 Aoû - 3:15

Cancer de la thyroïde : le très long héritage d'Hiroshima
Par Cyrille Vanlerberghe - le 20/08/2012
Les Japonais ayant survécu aux explosions des bombes atomiques à Hiroshima et à Nagasaki ont été exposés à des risques élevés de cancer de la thyroïde pendant plus de cinquante ans après leur irradiation.
L'étude menée par des chercheurs japonais et américains sur un large panel de survivants aux bombardements atomiques de 1945 montre que les enfants irradiés ont conservé un risque plus élevé de cancer de la thyroïde jusqu'à la fin de leurs jours. Les cellules de la thyroïde sont très sensibles aux radiations et de nombreux cas de cancers de cette glande ont été observés après Hiroshima et Nagasaki ainsi qu'après la catastrophe de Tchernobyl. La thyroïde est une glande située dans le cou qui régule de nombreux systèmes hormonaux importants pour l'organisme.
L'étude publiée dans la revue International Journal of Cancer a été menée principalement par la fondation américano-japonaise de recherche sur les effets des radiations, qui possède deux laboratoires, à Hiroshima et à Nagasaki. Les scientifiques ont exploité les données du suivi méthodique de 1958 à 2005 de l'état de santé d'environ 105.000 survivants des deux bombes nucléaires qui ont rasé Hiroshima et Nagasaki il y a soixante-sept ans.
Conformément à ce que l'on savait déjà sur le cancer de la thyroïde, les chercheurs confirment que les risques de contracter cette maladie n'augmentaient pas pour les adultes (plus de 20 ans) irradiés en 1945. En revanche, les enfants et les adolescents encore en phase de croissance soumis à cette époque à des doses importantes de rayonnements avaient un risque bien supérieur de contracter un cancer de la thyroïde que ceux qui n'avaient pas été irradiés.
Des tissus sensibles aux rayonnements
«Le cancer de la thyroïde est l'un des types de cancers les plus sensibles aux radiations, explique Kiyohiko Mabuchi, l'un des auteurs de l'étude, chercheur au National Cancer Institute à Bethesda dans le Maryland (États-Unis). L'une des hypothèses est que les jeunes tissus thyroïdiens sont plus sensibles aux rayonnements.»
Et bien que le risque décroisse avec le temps après les explosions, il reste tout de même élevé plus de cinquante ans après les faits, ont constaté les chercheurs. Ce n'est pas le cas pour d'autres cancers radio-induits, comme des leucémies, où le risque d'apparition de la maladie connaît un pic quelques années après l'irradiation, mais redevient normal après.
Les autorités japonaises espèrent à ce jour que les évacuations après l'accident de la centrale de Fukushima en mars 2011 ont été assez rapides pour éviter aux enfants d'être exposés à des niveaux de radiations trop élevés. «Il semble qu'autour de Fukushima, les enfants ont été exposés à des niveaux de doses en dessous du seuil à partir duquel on enregistre une hausse détectable des risques de cancer», a précisé à l'agence Reuters John Boyce, spécialiste de la radioactivité à l'université Vanderbilt de Nashville, dans le Tennessee.
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MessageSujet: Un niveau de radioactivité record a été détecté sur des lottes au large des côtes japonaises, à hauteur de la centrale nucléaire de Fukushima, 258 fois supérieur à la limite   Mer 22 Aoû - 5:03

Un niveau de radioactivité record a été détecté sur des lottes au large des côtes japonaises, à hauteur de la centrale nucléaire de Fukushima, 258 fois supérieur à la limite alimentaire fixée par le gouvernement.
Des taux de radioactivité record ont été détecté sur des lottes pêchées au nord-est des côtes japonaises, à hauteur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi accidentée. Les poissons pêchés le 1er août, à 20 km de distance de la centrale nucléaire, puis soumis à des tests scientifiques ont révélé un niveau de 25 800 becquerels de césium par kg, a annoncé l'opérateur Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), soit un niveau 258 fois plus élevé que la limite fixée par le gouvernement dans l'alimentation.

Le précédent record de radioactivité, soit 18 700 becquerels de césium par kg, avait été enregistré à l'occasion de mesures pratiquées sur des saumons au large de Fukushima, selon l'Agence nationale des Pêcheries.

TEPCO estime que les lottes ont dû se nourrir dans les zones les plus radioactives et que davantage de prélèvements doivent être exécutés et analysés sur les poissons et leur environnement au cours des prochaines semaines afin de déterminer les raisons d'un tel niveau de radioactivité.

Pêche autorisée à titre expérimental


Depuis juin, les pêcheurs sont autorisés à capturer à titre expérimental, diverses espèces de poissons et de méduses mais dans des zones situées à plus de 50 km de la centrale. Ces prises n'ont révélé que de très faibles quantités de radioactivité. La semaine dernière, des chercheurs japonais ont annoncé que leurs travaux démontraient que des papillons des alentours de la centrale de Fukushima subissent des mutations liées à la radioactivité.

La catastrophe consécutive au passage d'un tsunami a forcé une centaine de milliers d'habitants de la région à quitter leur maison, souvent sans perspective de retour à moyen terme. Aucune personne n'est morte directement du fait des radiations provoquées par l'accident de Fukushima, mais les habitants de la région et les travailleurs qui interviennent sur la centrale endommagée, redoutent toujours des effets à long terme.
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MessageSujet: Fukushima mésestimé...les lobbys toujours...   Mer 22 Aoû - 5:05

Avant d'être retraitée de l'université de Bremen en Allemagne en 2000, Inge Schmitz-Feuerhake avait été une physicienne expérimentale qui avait analisé il y a une trentaine d'années les données sur les survivant(e)s de la bombe nucléaire et averti sur les dangers des faibles niveaux d'expositions aux radiations internes et externes. Depuis 2004, elle a été la présidente du Comité Européen sur le Risque de l'Irradiation (CERI), une organisation civile belge fondée en 1997, indépendante de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), le Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants et de plusieurs gouvernements. En 2003 et 2010, le CERI a formulé des recommendations sur les méthodes d'évaluation des risques dûs aux radiations.

Mainichi : en 1983, vous avez publié un essai, qui critiquait une étude sur la santé des victimes des bombes nucléaires, conduit par la Fondation de recherche sur les effets radioactifs (Radiation Effects Research Foundation (RERF)). De quoi parlait votre article ?

Schmitz-Feuerhake: l'enquête de la RERF comparait les risques sanitaires aux personnes qui avaient directement été confronté aux bombardements avec ceux et celles qui étaient entré dans les zones contaminées autour de l'épicentre après l'explosion des bombes et ceux et celles qui étaient plus éloignés au moment des bombardements.

Utilisant la moyenne des fréquences et des taux de mortalité dûs à des cancers et autres maladies parmis les japonaises et les japonais, j'en suis arrivée à découvrir le risque relatif pour celles et ceux qui étaient entré dans les villes après les bombardements et celles et ceux qui avaient fait l'expérience des bombardements dans un rayon de 2,5 kilomètres autour de l'épicentre. J'ai découvert que le taux de mortalité dû à des leucémies et des cancers respiratoires et gastro-intestinaux étaient au dessus de la moyenne nationale, et le taux de cancers de la thyroïde, de leucémies, de cancers du sein parmis les femmes étaient entre 1,5 et 4,1 fois plus élevés.

Ces résultats montraient que les expositions internes aux retombées radioactives (dont les «pluies noires» et les «cendres mortelles») avaient un très grand impact sur la santé. Mais vu que mes découvertes allaient à l'encontre des connaissances académiques de l'époque, mon article avait été initialement rejeté lorsque j'avais voulu le faire publier dans une revue médicale internationale. Comme le journal me l'avait suggéré, j'avais par la suite été publié dans le journal sous la forme d'une «lettre à l'éditeur» au lieu d'un article scientifique.

Mainichi: Que diriez-vous sur le fait que les recherches de la RERF sur les victimes des bombardements sont utilisées comme des données générales pour la CIPR sur l'évaluation des risques des radiations sur la santé ?

Schmitz-Feuerhake: Les données de la RERF sont en effet très importantes. Cependant, ces informations sont limitées au regard du manque de données sur les 5 premières années qui ont suivi les bombardements. Car les données ont été prises sur une «population choisie» qui avait survécu malgré n'avoir pas pu recevoir les traitements médicaux appropriés pour les blessures physiques et émotionnelles, de plus, ces données ignorent les radiations résiduelles qui ont suivi les bombardements.

Pendant ce temps, lors des décénies suivantes, de nombreuses études sur les accidents nucléaires, les travailleurs des installations nucléaires, les rayons X et les radiations naturelles ont montré les effets de faibles doses de radiation sur la santé. Cependant, les recherches sur les faibles doses de radiation ont été largement ignorées, tout d'abord parce qu'elles sont en contradiction avec les données sur Hiroshima et Nagasaki. L'évaluation des risques de la CIPR sous-évalue en particulier les effets à long terme d'exposition aux faibles niveaux de radiation et leurs conséquences sur la santé et les maladies autres que les cancers.

Mainichi: Il y a eu des recours collectifs au Japon sur des maladies reconnues dûes au bombes atomiques. Les pleignants ont argumenté en disant qu'ils avaient souffert des conséquences sanitaires à cause de l'exposition à des radiations internes dues à de faibles doses radioactives et ils ont obtenu gain de cause. Et le gouvernement japonais n'a toujours pas changé de position en répétant que «les effets des expositions internes sont négligeables.»

Schmitz-Feuerhake: Des situations similaires se produisent dans de nombreux pays. C'est parce qu'une fois qu'une organisation publique reconnaît l'exposition aux radiations internes, ils (les états) seront dans l'obligation de reconnaitre leur responsabilité dans les risques pour la santé qu'encourent les travailleurs dans les centrales nucléaires. Ils subissent les mêmes problèmes que les populations qui ont été exposées aux radiations.

Mainichi: Que pensez-vous de l'affirmation faite après la catastrophe de Fukushima par des politiciens japonais et certains experts qui affirment que « une exposition à des radiations égales ou inférieures à 100 millisieverts n'ont que peu d'effet sur la santé ?»

Schmitz-Feuerhake: C'est une affirmation qui ignore totalement la connaissance médicale que nous avons accumulé jusqu'à aujourd'hui. Des cancers dûs à des expositions à des radiations inférieures à 100 milissieverts ont été raportés dans des revues médicales et ailleurs. Les radiations déclanchent des mutations des cellules, et il n'y a aucun seuil sûr. Il est nécessaire de prendre des précautions et d'instaurer des mesures qui réduisent l'exposition aux radiations.

Mainichi: Certaines personnes affirment que le stress provoqué par la préoccupation des radiations est un risque bien supérieur pour la santé que les radiations elles-mêmes alors que d'autres se préoccupent sur les effets que des réactions extrêmes peuvent avoir sur l'activité économique. Qu'en pensez-vous ?

Schmitz-Feuerhake: L'argument de dire que la panique a des effets pires sur la santé que les radiations elles-mêmes est un argument qui est utilisé sans arrêt. Le même argument a été utilisé en Allemagne après l'accident de Tchernobyl, mais cela ne repose sur aucune base scientifique.

La santé des personnes, incluant des enfants morts-nés à la naissance, n'est-elle pas plus importante que des arguments économiques ? Bien sûr, il n'est pas bon de paniquer sans avoir accès à aucune information. Nous devons mesurer les niveaux de radiation dans notre environnement et notre nourriture et mieux comprendre notre niveau individuel d'exposition aux radiations. Une fois que cela est fait, nous devons essayer de comprendre ce que les informations veulent dire.

Mainichi: Comment évalueriez-vous la façon dont le gouvernement japonais a géré la crise ?

Schmitz-Feuerhake: Je prie le gouvernement japonais de désigner la zone de 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire de Fukushima comme une zone interdite. Que soit établi la dose annuelle admise à 20 millisieverts comme un standard pour l'évacuation est compréhensible pour un gouvernement qui n'était pas préparé à un désastre nucléaire de cette ampleur. Mais cela a été totalement irresponsable de remettre en marche des réacteurs nucléaires et essayer de détourner l'attention du public vers une «amélioration» de la situation.

Avec les bombes lachées sur Fukushima et Nagasaki et les essais nucléaires atmosphériques passés, le volume total de materiel radioactif relaché était connu. Nous ne savons toujours pas combien de matière radioactive a été relachée dans le cas de la catastrophe de Fukushima. Le combustible nucléaire qui dépassait de loin les bombes nucléaires en terme de qualité et de quantité est toujours présent dans des conditions précaires et il n'est toujours pas connu si il sera possible de retirer les barres de combustible en toute sécurité dans le futur. Alors que les quantités de matériel radioactif rejeté dans l'atmosphère doivent être moins importante que lors de la catastrophe, les réacteurs continuent toujours à rejeter ces matières radioactives. Le gouvernement doit admettre la gravité de la situation.

Source : http://mainichi.jp/english/english/newsselect/news/20120819p2a00m0na004000c.html

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MessageSujet: Le Premier ministre nippon Yoshihiko Noda a réaffirmé mercredi la volonté du Japon de sortir du nucléaire    Jeu 23 Aoû - 4:35

Un an et demi après le drame de Fukushima, les activistes anti-nucléaire ne lâchent rien.

Le Premier ministre nippon Yoshihiko Noda a réaffirmé mercredi la volonté du Japon de sortir du nucléaire «à moyen ou long terme», près d’un an et demi après l’accident de Fukushima.

Yoshihiko Noda (photo Yuriko Nakao. Reuters) a fait ces déclarations en recevant des opposants au nucléaire qui depuis des mois organisent une manifestation toutes les semaines devant les bureaux du chef du gouvernement. Ils avaient également réussi à rassembler des dizaines de milliers de personnes à la mi-juillet dans un grand parc de Tokyo.

Le Premier ministre de centre gauche a répété que son gouvernement préparait un nouveau plan énergétique pour l’horizon 2030, avec à l’esprit la volonté de «sortir du nucléaire à moyen ou long terme».

Les autorités planchent sur trois scénarii d’ici à 2030 : une production nucléaire représentant de 20 à 25% de la consommation d'électricité, une part de seulement 15% ou, dernière option, rien du tout dans l’hypothèse la plus «antinucléaire».

Avant l’accident de Fukushima (nord-est) qui a débuté le 11 mars 2011, le nucléaire représentait près de 30% de la consommation d'électricité et les autorités prévoyaient d’augmenter cette part à 53% d’ici à 2030, un projet désormais définitivement rangé au placard.

Pendant la rencontre, une opposante au nucléaire, Misao Redwolf, a prévenu que les manifestations continueraient chaque vendredi devant les bureaux du Premier ministre. «La colère monte depuis que vous avez relancé des réacteurs bien qu’il n’ait pas été mis fin au désastre de Fukushima», a-t-elle lancé à Noda.

Les réacteurs endommagés de la centrale Fukushima Daiichi sont en état d'«arrêt à froid» depuis décembre 2011 (température maintenue de façon durable sous les 100°C), signe d’une amélioration sur le site, d’où les émissions radioactives sont infiniment plus faibles actuellement qu’en mars 2011.

Le démantèlement prendra des décennies

Mais beaucoup reste à faire pour écarter tout danger d’aggravation de la situation et les travaux de démantèlement des réacteurs et de nettoyage de la région prendront des décennies.

Avant même la catastrophe, d’autres réacteurs japonais avaient été arrêtés à cause de séismes et, dans les mois qui ont suivi l’accident, les réacteurs opérationnels restants ont été progressivement arrêtés pour maintenance, sans être relancés en raison des nouvelles mesures de sécurité exigées par les autorités.

Au final, la totalité des 50 réacteurs japonais ont été stoppés aux mois de mai et juin derniers, avant que Yoshihiko Noda n’autorise le redémarrage de deux réacteurs de la centrale d’Oi (centre). Cette décision a provoqué la colère des opposants au nucléaire dont les manifestations ont pris de l’ampleur depuis.
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MessageSujet: Re: Pas dangereux le nucléaire hein !!???   Sam 25 Aoû - 3:30

L'inquiétante piscine de Fukushima
Mots clés : Nucléaire, Séisme, Fukushima, Japon

Par Régis Arnaud
Publié le 24/08/2012 à 21:19 Réactions (4)

V
Elle contient 1500 barres de combustible nucléaire. Si elle se vidait, les conséquences seraient catastrophiques.

Les experts s'accordent aujourd'hui à estimer que la piscine du réacteur 4, à Fukushima, représente le pire legs de la catastrophe du 11 mars 2011. Celle-ci contient 1500 barres de combustible nucléaire. Une nouvelle secousse pourrait endommager davantage la piscine, la vider de son eau et déclencher le réchauffement inextinguible, donc l'émission radioactive, desdites barres.
Ce scénario est peu probable, mais il existe. L'opérateur de la centrale Tokyo Electric a renforcé le bâtiment, et assure qu'il peut soutenir un séisme similaire à celui, historique, du 11 mars. Si celui-ci avait néanmoins lieu et que la piscine s'effondrait, les conséquences pourraient être similaires ou pires que celles de Fukushima.

Cette fois encore, la direction du vent serait cruciale. En 2011, le vent avait poussé vers l'océan Pacifique les émissions radioactives de la centrale, les dispersant avant leur arrivée au-dessus de l'Amérique. Mais que le vent souffle à l'ouest, et ces radiations contamineraient une partie du nord du Japon, voire de la péninsule coréenne, et de la Chine. Tepco prévoit de retirerces barres de combustibles à partir de fin 2013 au plus tôt. D'ici là…

http://admedia.rtl.fr/online/sound/2012/0824/7751851064_au-coeur-des-installations-dorment-260-tonnes-de-barres-extremement-radio-actives-dans-un-bassin-absolument-pas-protege-un-nouveau-tremblement-de-terre-serait-absolument-catastrophique.mp3


http://admedia.rtl.fr/online/sound/2012/0824/7751851089_thierry-charles-directeur-de-la-surete-nucleaire-a-l-irsn-etait-l-invite-de-rtl-matin-vendredi.mp3
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MessageSujet: Un séisme de magnitude 5,1 a eu lieu aujourd'hui   Lun 27 Aoû - 4:11


Un séisme de magnitude 5,1 a eu lieu aujourd'hui à proximité de la centrale nucléaire accidentée Fukushima-1. Aucun blessé ni dégât n'a été signalé, l'alerte au tsunami n' a pas été déclenchée. L'épicentre se trouvait dans le Pacifique au large de la préfecture de Fukushima à une profondeur de 90 km.

Les secousses ont été ressenties par les haitants de 14 préfectures japonaises sur 47, à Tokyo compris. La société énergétique TEPCO, opérateur de la centrale de Fukushima, a annoncé que le séisme n'a pas eu d'impact sur les travaux en cours.
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MessageSujet: 38% des enfants de Fukushima ont des nodules thyroïdiens   Mar 28 Aoû - 3:54

Au sujet des nodules thyroïdiens chez les enfants de Fukushima
Article
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27 Août 2012 Par Michel Philips



Ce billet est un peu ardu à comprendre. Ce me semble néanmoins utile de le proposer à la lecture car, quand il est question d'accident nucléaire, il est aussi souvent question de cancers thyroïdiens.

En cas d'accident nucléaire, de l'iode radio-actif est libéré dans l'air.

En Corse, après Tchernobyl, on a assisté à une nette augmentation de la fréquence des cancers thyroïdiens...sans que la Justice ait d'ailleurs reconnu le lien de cause à effet ! Idem en Biélorussie. Idem dans la région de Tchernobyl.

On sait que la glande thyroïde "fixe" très facilement l'iode. Et encore plus facilement quand il s'agit d'enfants. C'est pour cette raison qu'il est indiqué d'avaler de l'iode juste après une éventuelle exposition à des irradiations.

Cet iode radio-actif est susceptible de provoquer un cancer de la thyroïde dans un délai assez long : entre 5 et 15 ans : temps mis par le cancer pour devenir décelable.

°°°

Par ailleurs, on trouve des nodules thyroïdiens chez certains enfants. Ces nodules ne sont pas obligatoirement des cancers, mais ils peuvent en être les premiers signes. On estime qu'environ 1/5 des nodules thyroïdiens des enfants se cancérisent.

Dans une population "normale" d'enfants (moins de 18 ans), la fréquence des nodules thyroïdiens est basse. Elle oscille entre 0,2 et 1,4 % si on s'en tient à la palpation.

Elle s'élève à 3-3,5% si on a recours à l'échographie.

Dans une zone touchée par des matières radio-actives, il peut donc être très utile de :

-détecter la présence de nodules thyroïdiens chez les enfants,

- de suivre l'évolution de ces nodules sur une longue période,

-d'en étudier la fréquence,

-de comparer cette fréquence avec celle d'enfants situés en dehors d'une "zone dangereuse".

Qu'en est-il à Fukushima ?

°°°

Au Japon, il a été mis en place un suivi thyroïdien des enfants vivant près de Fukushima.

L'État a même décidé d'étendre la recherche des nodules thyroïdiens chez des enfants vivants en dehors de la zone de Fukushima.

Dans la région de Fukushima, 38.000 enfants ont fait l'objet d'une recherche de nodules.

On a retrouvé des nodules thyroïdiens chez 38% des enfants !

C'est déjà énorme. C'est énorme et c'est très inquiétant car nous ne sommes qu'à peine 1 an après la catastrophe. Un délai très court.

Heureusement, aucun de ces enfants ne présentait de cancer de la thyroïde.

4.500 enfants vivants en dehors de la zone de Fukushima sont également suivis. Nous n'avons pas encore de résultats à leur sujet.

°°°

Une première conclusion s'impose : la fréquence de nodules thyroïdiens chez les enfants de Fukushima semble beaucoup plus élevée que dans une population normale. S'agit-il de différences dans la méthode d'exploration ? L'étude française fait référence à l'utilisation d'échographes. Et qu'en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ? Quelle va être la fréquence de cancers dans tous ces nodules ?

A suivre.
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MessageSujet: la situation à Fukushima   Mer 29 Aoû - 3:53

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se réunit pendant cinq jours à Vienne pour parler de la sécurité nucléaire dans le monde. Elle évoquera notamment la situation à Fukushima. Les réacteurs endommagés y sont toujours sous surveillance extrême. En particulier les piscines de combustibles usagés.
C'est surtout la fameuse piscine du réacteur 4 qui inquiète. Située en hauteur, elle contient de nombreux assemblages combustibles radioactifs protégés par l'eau. Malgré qu'elle ait été renforcée, les craintes sont vives qu'un nouveau séisme violent la fasse s'écrouler. Dans ce cas, quelles seraient les conséquences ? Les scénarios les plus apocalyptiques, sinon carrément fantaisistes, sont parfois diffusés sur Internet.

Certains parlent de planète invivable. Expression inappropriée : même dans le pire de scénarios, la radioactivité relâchée par un écroulement de cette piscine ne rendrait pas invivable en soi le Japon ou l’hémisphère nord ou la planète, mais elle aurait évidemment, à terme, un impact très important sur la santé publique, surtout au Japon. Il y a plusieurs scénarios : piscine vidée de son eau, piscine écroulée, fusion ou rupture de beaucoup ou peu de barreaux combustibles et donc dégagement important ou limité de radioactivité.

Dans des hypothèses même modérées, on pourrait avoir un dégagement de radioactivité comparable à Tchernobyl, évidemment variable selon le type de dispersion des particules radioactives ainsi dégagées. Les premiers à l’avoir compris étaient d’ailleurs les Américains lorsqu’ils ont recommandé, deux jours après le 11 mars, l’évacuation au-delà d’un rayon de 80 kilomètres, et non 20 comme le proposaient les Japonais, car les Américains croyaient que la piscine s’était vidée. Heureusement, elle ne l’était pas.

Une catastrophe peut en cacher une autre

Mais au-delà de cette première catastrophe potentielle de la piscine vidée ou écroulée, se profile une deuxième. Dans cette nouvelle situation, en effet, le rayonnement radioactif rendrait impossible toute approche du site. A 100 mètres, un travailleur décéderait en une demi-heure. A 500 mètres ou à un kilomètre, les doses limitées tolérées par an seraient atteintes en quelques heures. On ne pourrait plus alors continuer à surveiller les trois autres réacteurs et leur piscine de combustible ainsi que piloter leur alimentation en eau. Là, on serait dans un scénario vraiment dramatique, car ils deviendraient des sources très puissantes de rayonnement.

Marc Molitor
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MessageSujet: Thé et poissons contaminés   Mer 29 Aoû - 3:55

On n’a décidément pas fini d’entendre parler de Fukushima et de ses retombées autant financières que radioactives, l’un n’empêchant pas l’autre.
Si le thé vert produit au japon et exporté dans le monde entier a toute la -mal-chance d’être contaminé, c’est autour de des poissons dêtre durement affactés par les conséquences écologiques d’une des plus grandes catastrophes nucléaires de ces dernières années.
Alors la biodiversité est d’ores et déjà menacée dans l’archipel du Japon, des rascasses radioactives viennent d’être pêchées au large de Fukushima.
Les autorités japonaises ont confirmé le niveau record de radioactivité détectée dans des poissons du type de la rascasse, pêchés au large de la centrale de Fukushima.
L’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co (Tepco) a ainsi annoncé, mardi 21 août, que des rascasses pêchées dans l’océan Pacifique à l’intérieur de la zone circulaire des 20 kilomètres autour de la centrale, fermée à toute activité humaine, présentaient un niveau de 25 800 becquerels (Bq) de césium par kilogramme. Ce chiffre, qui est 258 fois supérieur au seuil fixé par le gouvernement,- est le plus élevé depuis que sont effectués des examens sur les poissons et les coquillages après l’accident nucléaire du 11 mars 2011.
L’absorption de 200 grammes de ce poisson entraînerait un niveau de radioactivité de 0,08 millisievert (mSv) pour le corps humain. Rappelons qu’en France, la limite annuelle admise est de 1 mSv par an.
A noter, élément peu rassurant, que le précédent record de radioactivité (18 700 becquerels de césium par kilogramme) avait été découvert dans des poissons de rivière du département de Fukushima.
Les rascasses contaminées ont été pêchées, le 1er août, à un kilomètre au large du fleuve Ohta au cours des tests mensuels de radioactivité menés par Tepco. Ces poissons sont interdits à la vente depuis la catastrophe.
Selon le président de l’union des coopératives de pêche du département de Fukushima , Tetsu Nozaki, « le niveau de radioactivité découvert dans les rascasses pourrait inquiéter les consommateurs« .
Les experts estiment par ailleurs que la présence de poissons dans les profondeurs pourrait entraîner une concentration de radioactivité au fond de la mer.
Tepco a par ailleurs déclaré vouloir tester crabes et crevettes afin de détecter l’origine de la contamination.
Au delà des vastes conséquences écologiques et sanitaires, une journaliste Japonaise a d’ores et déjà laissé entendre que de tels évènements pourraient affecter la reprise, depuis le 1er août dernier, de la vente des pieuvres de cette région sur le plus grand marché de gros de poissons et de fruits de mer du monde, situé à Tsukiji, à Tokyo. lequel e résule en quelques chiffres : 2 888 tonnes traitées par jours – 50 000 personnes – 450 variétés de poissons et crustacés.
Quant aux ventes illicites, il n’en a pas été question … mais on peut imaginer combien il peut être tentant pour certains d’échapper aux règles l’espace d’une cargaison …
Rappelons que depuis juin dernier, les pêcheurs du département de Fukushima avaient été autorisés à prendre des pieuvres et des coquillages dans un rayon de 50 kilomètres. C’est le cas des pieuvres pêchées à Soma (département de Fukushima), lesquelles ne présentent pas de traces de radioactivité, enfin, nous dit-on. Au mois d’août dernier, elles ont fait leur apparition sur le marché de Tsukiji, à Tokyo, ainsi qu’à Nagoya. Il s’agissait alors de la première livraison de produits de la mer de la région depuis mars 2011.
Mais, rassurez-vous : les pieuvres sont étiquetées comme provenant de Fukushima avec un certificat d’inspection … C’est vous dire …
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MessageSujet: Problèmes de thyroïde à Fukushima : une population cobaye   Mer 29 Aoû - 18:16

Problèmes de thyroïde à Fukushima : une population cobaye


Fukushima.over-blog
mar., 28 août 2012 13:19 CDT
Le ministre français du redressement productif, Arnaud Montebourg, a déclaré dimanche dernier : « Le nucléaire est une filière d'avenir ». Il n'aurait jamais entendu parler de Fukushima cet homme-là ? S'il avait la moindre dignité, il devrait au moins présenter des excuses publiques pour avoir tenu ces propos indécents, eu égard à ce qui se passe actuellement dans la région de Fukushima. Là, toute une population est prise en otage par le village nucléaire qui fait tout pour minimiser les problèmes sanitaires.

Le constat de la contamination en mars 2011

Deux semaines après la catastrophe de Fukushima, un groupe d'experts gouvernementaux avait conduit des contrôles auprès de 1149 enfants âgés de moins de 15 ans. Ces enfants étaient résidants de trois municipalités voisines de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Iwaki, Kawamata et Iitate, où des niveaux élevés de radiations avaient été constatés. Pour 1080 enfants, soit 44,6 % d'entre eux, le test validait la présence d'éléments radioactifs dans leur thyroïde. En effet, l'iode 131 va généralement se fixer dans cette glande, augmentant le risque de développer un cancer ultérieurement. C'est le second crime des autorités japonaises (le premier étant d'avoir laisser s'installer les conditions de la catastrophe) : elles n'ont pas donné suffisamment et clairement l'ordre de prendre les pastilles d'iode dans les territoires contaminés.

Etudes épidémiologiques lancées en juin 2011

A la fin du mois de juin 2011, les autorités sanitaires ont mis en place des études épidémiologiques afin d'évaluer l'état de santé des personnes qui ont été exposées aux rejets radioactifs et de suivre son évolution. En théorie, les résultats de ces études épidémiologiques devraient permettre de disposer d'informations sur l'incidence de certaines pathologies au sein de la population japonaise (cancers, leucémies, troubles psychologiques, thyroïdiens, hépatiques, rénaux, diabète, etc.) et d'évaluer les conséquences sanitaires de l'exposition de la population aux retombées radioactives. Prévues pour une durée d'environ 30 ans, le pilotage de ces études a été confié à l'Université médicale de Fukushima, présidée par le très controversé Shinichi Yamashita.

Parmi ces études, l'une consiste à réaliser un bilan thyroïdien pour tous les enfants âgés de moins de 18 ans qui se trouvaient dans la préfecture de Fukushima pendant la phase des rejets : cette étude, qui a pour principal objectif la mise en évidence d'une éventuelle augmentation des cancers de la thyroïde telle qu'elle a été observée chez les enfants exposés aux retombées radioactives de l'accident de Tchernobyl, portera sur environ 360 000 enfants nés jusqu'au 1er mars 2012.


Les âges des enfants testés au 31 décembre 2011

Premiers résultats en janvier 2012 : inquiétants

L'étude publiée par la préfecture de Fukushima en janvier 2012 montrait que sur 3755 enfants, 1143 d'entre eux, soit 30,4% des enfants testés, avaient des nodules ou des kystes de taille variable (jusque 20,1 mm). Or, cet état sanitaire qui doit servir d'« état zéro » de cette population était déjà inquiétant au vu du témoignage de ce médecin : « En 30 ans de pratique de médecine générale en milieu rural français, je n'ai pas rencontré d'enfant ayant un nodule thyroïdien. (Juste quelques gonflements de le thyroïde à la puberté; phénomène banal). Je peux confirmer que les nodules thyroïdiens chez l'enfant sont rares. 30 % c'est beaucoup. Dans la littérature médicale on parle de 0,2 à 1,4% pour les moins de 18 ans (ce chiffre monte à 3,5 % si on réalise des examens systématiques par échographie). On aurait donc un facteur 10 ».


Les premiers résultats (graphique IRSN)

Derniers résultats d'avril 2012 : alarmants

Michiyuki Matsuzaki, docteur en médecine à l'hôpital de Fukagawa (Hokkaido), s'est penché sur l'étude publiée le 26 avril 2012 qui concernait 38 114 enfants. Comme il ne disposait pas d'état zéro ‒ en effet, celui-ci n'existe pas réellement puisque les tests ont débuté seulement 7 mois après la contamination ‒ il a repris une étude réalisée en 2006 dans la préfecture de Nagasaki, co-écrite par Shinichi Yamashita, qui montre que sur 250 enfants âgés de 7 à 14 ans, deux enfants seulement (0,8%) avaient des kystes thyroïdiens.

Or, selon les résultats d'avril 2012, 13 380 enfants, soit 31,1 % des enfants testés, ont un kyste thyroïdien, ce qui confirme les résultats de janvier 2012. Même si les kystes liquidiens ne signifient pas qu'il y ait une chance immédiate de cancer de la thyroïde, quelque chose d'anormal se passe dans la glande thyroïde de ces enfants. D'où l'inquiétude légitime des parents.

Une lettre de pression sur les médecins

En janvier 2012, alors qu'il commençait à publier les premiers résultats, le chef des opérations, Shinichi Yamashita, a envoyé une lettre aux spécialistes des maladies thyroïdiennes dans tout le Japon, leur demandant de ne pas établir d'autre diagnostic pour les familles concernées. La demande de Yamashita est pourtant un acte contraire à la loi médicale qui prévoit qu'en aucun cas un médecin ne doit refuser un examen. Ainsi, par cette démarche, ce « scientifique » démontre encore une fois sa totale soumission au village nucléaire : il veut rester le maître absolu des résultats. Pas question d'établir d'autres mesures qui pourraient contredire les données officielles. Une raison de plus pour s'inquiéter quand on a un enfant qui a des grosseurs anormales dans la thyroïde !

De fait, comme le rapporte un article du Mainichi daté du 26 août 2012, les examens supplémentaires sont systématiquement refusés. Par exemple, Pour ses 2 enfants, une mère de 38 ans qui se refugie à Aizuwakamatsu-shi a téléphoné vainement à 5 hôpitaux qui se trouvent à Fukushima. Un pédiatre de Fukushima avoue : « Si mon diagnostic est différent de celui de l'Université Médicale de Fukushima, cela provoquera des confusions ». Un autre de la région Aizu explique : « Ce n'est pas le rôle d'une clinique privée de faire disparaître des angoisses des parents ». Un troisième, qui s'occupe des examens du département de Fukushima, affirme : « Le suivi réalisé par l'Université Médicale de Fukushima sera le premier et le plus utile pour montrer des effets de la radioactivité sur le corps humain. S'ils vont dans d'autres hôpitaux au lieu de venir à l'examen organisé par l'université, cela perturbera cette précieuse recherche.»

Des parents désemparés

Rien ne vaut le vécu des gens pour comprendre ce qui se passe réellement pour les réfugiés de Fukushima. Voici la traduction de quelques messages de mamans inquiètes (traduction Kazumi) :
1. J'ai emmené mon deuxième fils qui souffre d'une thyroïde enflée à l'hôpital connu pour les traitements de la thyroïde, Le médecin lui a touché la thyroïde, et a écrit effectivement sur le dossier qu'il a des kystes. Je lui ai dit que nous sommes de Fukushima, alors il m'a dit qu'il n'a pas le droit de donner son avis aux refugiés de Fukushima.

2. Mon fils a toujours la thyroïde enflée, pas d'appétit. Malgré tout, il faut l'autorisation soit de la préfecture de Fukushima, soit de l'Université Médicale de Fukushima pour le traitement. Je suis prête à payer beaucoup d'argent pour le suivi, mais ce n'est pas une question d'argent car évidemment, mon fils est couvert de la sécurité sociale. Salaud !

3. Bonjour. On m'a dit « Demandez d'abord à l'Université Médicale de Fukushima et attendez la réponse ». Autrement dit, aucun médecin ne peut rien faire avec les habitants et les refugiés de Fukushima sans autorisation. Par conséquent, mon médecin ne m'a donné ni diagnostic, ni l'état actuel de ma thyroïde.

4. Mon fils s'est fait refuser dans un hôpital qui se trouve à Nagano. J'avais déjà eu la même expérience ailleurs aussi. Le médecin m'a dit qu'il peut soigner un petit rhume ou une blessure, mais pas la thyroïde ni les maladies qui seraient liées à la radioactivité. Il m'a aussi montré une fiche « Avis sur le suivi de la santé des habitants de Fukushima » délivrée par la préfecture de Fukushima.

5. Pour soigner les refugiés et les habitants de Fukushima, il faut absolument une autorisation de la préfecture de Fukushima qui dit que c'est eux qui prennent l'entière responsabilité de la santé et de la radioactivité de tous les habitants « à vie ». C'est absurde ce qu'ils disent...
Une population cobaye : l'horreur en 2012

Le Japon a ainsi choisi délibérément de faire des expériences médicales pouvant causer la mort sur une partie de sa population. Les gens de Fukushima et les réfugiés nucléaires sont devenus des indésirables ‒ tels les hibakusha suite aux bombardements de 1945 ‒ qui n'auraient pas les mêmes droits que les autres citoyens. Malgré les résultats connus de la triste « expérience » de Tchernobyl, on laisse des centaines de milliers de personnes vivre en territoire contaminé, et on leur enlève le droit de se faire examiner librement. Troisième crime impardonnable contre l'humain. MM Montebourg, Valls et consorts, c'est ça le bel avenir que vous nous promettez ? Le soutien inconditionnel à l'énergie nucléaire fait glisser petit à petit nos sociétés vers la barbarie, sous couvert de raison d'état ou de raison économique. On sait parfaitement que les premiers cancers de la thyroïde apparaîtront d'ici deux ou trois ans, mais on ne fait rien. On fait semblant de ne pas savoir. Tout cela est écœurant, révoltant. Les responsables de ces actes criminels devront être jugés un jour.

Le programme ETHOS

Pire, le crime est organisé, et bien rôdé. On l'a déjà testé en Biélorussie de 1996 à 2001 et ça marche. Pourquoi ne pas recommencer au Japon avec des moyens encore plus sophistiqués ? Le programme ETHOS, financé par l'Europe, qui visait entre autres au « développement d'une culture du risque radiologique pratique au sein de la jeunesse par l'école » n'est autre qu'un programme destiné à faire accepter à la population de vivre dans une zone contaminée. La décontamination d'un territoire qui a subi des retombées radioactives étant impossible et l'évacuation des habitants étant trop coûteuse, le village nucléaire international a trouvé la solution : faire croire à la population qu'on peut vivre en zone contaminée sans danger. Résultat des courses : malgré le programme ETHOS dont tous les participants officiels se sont félicités de la réussite, la courbe de progression des pathologies n'a cessé de croître et aujourd'hui, 40 à 80 % des enfants vivants en territoire contaminé dans la région de Tchernobyl sont malades.

Au Japon, on fait semblant de ne pas savoir. On crée des programmes de décontamination qui ne marchent pas, on demande aux gens de retourner vivre chez eux, dans un environnement radioactif permanent. Et surtout, on envoie M. Jacques Lochard, qui dirigeait le projet ETHOS en Biélorussie et qui est aujourd'hui président du CEPN (1), s'occuper des populations japonaises ! Je vous laisse en compagnie du docteur Michel Fernex pour vous expliquer ce qu'il en est, sans langue de bois :
Il est clair que les Japonais doivent être sensibilisés aux dangers du programme ETHOS. Ce genre d'action est fait pour neutraliser les associations indépendantes et pour endormir la population avec des actions inefficaces. Et au final, on risque de se retrouver avec un détournement d'argent public au profit d'une organisation qui ne sera même plus là pour compter les victimes dans quelques années.
Les membres actuels de l'Association sont au nombre de quatre : Electricité de France (EDF), l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), le Commissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) et AREVA.

Un homme se bat

Pour conclure cet article, je ne peux m'empêcher d'évoquer le combat d'un homme, Nelson Surjon, Français expatrié au Japon avant la catastrophe, réfugié nucléaire à présent, qui n'a jamais cessé de réclamer l'évacuation des enfants de Fukushima. Il a réalisé une série de 7 vidéos sur ce thème, en exposant la situation du Japon d'une manière remarquable et a lancé une pétition internationale pour demander l'évacuation des enfants de Fukushima. Il est important de soutenir aussi ce combat en apportant son soutien ici, car les enfants sont les premières victimes du nucléaire : ils sont infiniment plus sensibles aux radiations.






Note :

(1) Le Centre d'étude sur l'Evaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN) est une association à but non lucratif, fondée en 1976, pour évaluer la protection de l'homme contre les dangers des rayonnements ionisants, sous ses aspects techniques, sanitaires, économiques et sociaux.
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MessageSujet: Piscine dans le ciel   Ven 31 Aoû - 7:34

La piscine dans le ciel

NUCLÉAIRE - Nous l'avions un peu oublié, le Japon. Oui, bien sûr, il y a eu récemment le triste anniversaire d'Hiroshima, mais bon, entre les vacances de not' président normal, les JO et ce drôle d'été, entre pluies juillettistes et canicule aoûtienne, nous n'avons pas vraiment eu le cœur plein de pétales de fleurs de cerisiers...

Et puis l'homme moderne est un animal médiatique; prompt à s'émouvoir, devant la messe du JT ou sur les forums d'informations où il se déchaîne, mais doté d'une jolie faculté d'oubli, nécessaire, somme toute, pour faire face aux déluges de feu des nouvelles catastrophes; alors le Japon, on y pense en passant devant un restau de sushis, ou en essayant cette nouvelle huile démaquillante, et puis basta.

Pourtant, souvenons-nous...

Souvenons-nous qu'il y a un an et demi, des milliers de petits corps enchevêtrés dans des poutrelles se noyaient dans les écoles maternelles taclées par l'impitoyable tsunami, alors qu'une minute auparavant, ces enfants chantonnaient la chanson de Totoro...



Souvenons-nous que les soldats du feu nippons ont alors lutté des mois pour tenter de protéger le monde des déluges radioactifs de la centrale éventrée de Fukushima...



Fukushima centrale nucléaire Vidéo SunMary sélectionnée dans Actualité
Souvenons-nous des milliers de mamans atrocement inquiètes, tous les mois qui suivirent la double catastrophe, devant cet environnement définitivement souillé, mais où la vie semblait continuer, légère et impitoyable, entre les biberons au lait plein de radioactivité et les jardins où les cerfs-volants s'imprégnaient de particules mortelles...

Un pays (trop?) discret

C'est que le peuple japonais, nous le savons, est un peuple digne, à l'image de ce pays aux beautés majestueuses, à la civilisation courageuse et au sourire sage; oh oui, nous autres, occidentaux prompts à l'hystérie collective et aux appels aux aides des états-providence, nous peinons à comprendre: revendicatifs devant la moindre tempête qui semble presque fomentée par le gouvernement, nous avons eu vite fait d'oublier ces centaines de milliers de sans-abris qui, des mois durant, sont restés sagement entassés dans des gymnases, dans le calme et la dignité, de ces vieilles dames taiseuses, parfaitement coiffées et souriantes, à ces enfants coloriant sagement des mangas.

Et si le sort de ces lointains humains, pourtant frappés d'une double peine, a eu vite fait de s'évaporer dans notre insouciance collective, quand nul livre ou film mémoriel et/ou catastrophe n'est venu rappeler nos esprits amnésiques à la vigilance, c'est sans doute lié à notre égoïsme, ou, plus simplement, à nos émois médiatiques émoussés par les horreurs.

La "piscine" de Fukushima

Cependant, il serait peut-être temps de sortir de notre douce torpeur: car ce qui se profile au pays du soleil levant n'est rien d'autre qu'une véritable apocalypse. Et c'est l'ancien président de l'Agence Japonaise pour les Sciences et la Technologie, qui n'est pas, vous l'avouerez, un repaire d'activistes écologiques, qui tire lui-même la sonnette d'alarme: le professeur Koichi Kitazawa, qui présidait la JST jusqu'en septembre 2011, a dirigé une grande commission d'enquête sur l'accident de Fukushima. Et ce scientifique respecté affirme:

"Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite. À la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. À cause de la piscine du réacteur numéro quatre, un nouvel accident peut se produire n'importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays".


Les 4 réacteurs nucléaires de Fukushima par waltercolor

Elle n'est pourtant pas bien grande, cette petite piscine, une pataugeoire presque... Ce bassin de "désactivation" repose à trente mètres du sol, au cœur du bâtiment martyr du réacteur numéro quatre de la centrale de Fukushima. Véritable bombe pour notre humanité aveugle et insouciante, ce bassin n'est plus protégé que par une simple bâche de plastique blanche. Pourtant, il renferme de quoi ébranler une civilisation entière, de quoi mettre un terme non seulement au Japon moderne, mais à tout notre hémisphère nord...

Fukushima : la piscine du réacteur 4 inquiète by Ouest-France

Car ce cube en béton de onze mètres de profondeur, simplement empli d'eau et quasiment à l'air libre, est aussi dépositaire de combustibles nucléaires usagés: 264 tonnes de barres hautement radioactives y reposent, depuis un an et demi!

Piscine: SPF

Nul besoin d'être un spécialiste en énergie nucléaire pour deviner les conséquences à court et moyen terme de cette invraisemblable situation: si, à la suite d'un typhon (leur saison commence fin août) ou d'un autre tremblement de terre, la piscine venait à se fissurer, et l'eau contaminée à s'écrouler, la mise à l'air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait alors dégager dans l'atmosphère dix fois plus de radioactivité que l'accident de Tchernobyl, voire davantage.

Et ce n'est pas tout: le haut responsable du département de l'Énergie sous Bill Clinton, Robert Alvarez, qui a été l'un des premiers à tenter de médiatiser la situation, le confirme:

"Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s'est propagée à la suite de l'accident de Tchernobyl".
Quant au physicien français Jean-Louis Basdevant, il affirme que la chute de cette piscine, laquelle semble être maintenue en hauteur par les seules "forces de l'esprit", pourrait être encore soixante fois plus grave que la catastrophe ayant fait suite au tsunami de 2011...

Et certains scientifiques vont plus loin encore: car la radioactivité dégagée serait alors équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima. Hiraoki Koide, professeur à l'Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, en est persuadé:

"Si le bassin du réacteur numéro quatre devait s'effondrer, les émissions de matière radioactive seraient énormes: une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima".
Il est évident que nous sommes tous concernés, même nous, bienheureux Français tout juste dépositaires d'un président normal, préparant tranquillement les fournitures de nos enfants, nous apprêtant à passer de la canicule aux manifs de la rentrée, attendant sagement la nouvelle saison de The Voice et du Mentalist...

J'ose ici moi-même faire mon coming out d'autruche et affirmer que je n'ai pas voté vert, insensible aux robes de l'une et aux lunettes de l'autre -seul Dany le Rouge aurait trouvé grâce à mes yeux, au vu de nos métissages communs-, persuadée qu'un pays se dirige aussi en dehors de sensibilités environnementales; mais je pense, presque honteuse, qu'il est urgent que le monde réagisse.

Pour que perdurent les cérémonies du thé, les châteaux dans le ciel et les cerisiers en fleurs.
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MessageSujet: Explosions de kystes thyroïdiens   Jeu 6 Sep - 5:20

L'Association Française des Malades de la Thyroïde s’alarme de la contamination de dizaines de milliers de petits japonais, résidant à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, et de ses conséquences sur leur thyroïde. Près d’un tiers des enfants exposés souffriraient déjà d’un kyste thyroïdien.
L’AFMT s’appuie sur les résultats inquiétants d’une étude nipponne publiée en avril 2012. Selon cette recherche, 31,1% des enfants étudiés présenteraient un kyste liquidien à la thyroïde, susceptible de dégénérer en cancer à court, moyen ou long terme. Ce pourcentage est totalement anormal, au regard des chiffres habituels pour les moins de 18 ans, compris entre 0,2 et 3,5%.
Pire, cette très forte contamination qui inquiète logiquement les parents des petites victimes, serait l’objet de pressions de la part des autorités sanitaires japonaises. Shinichi Yamashita, responsable controversé de cette étude, aurait ainsi envoyé une lettre aux spécialistes japonais des maladies thyroïdiennes, leur demandant de ne pas établir d’autre diagnostic pour les familles concernées.
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MessageSujet: Désinformation organisées   Jeu 6 Sep - 5:22

Plus de 7700 personnes ont travaillé sur le site de Fukushima durant les deux semaines qui ont suivi le tsunami ; or 3000 d'entre eux étaient dans l'incapacité de mesurer leur exposition à la radioactivité, faute d'être équipés de dosimètre.

Un ouvrier qui avait travaillé sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima, une semaine après la catastrophe de l’an dernier, s’est aperçu que son taux de globules blancs a fortement augmenté, rapporte le quotidien japonais l'Asahi Shimbun. Or il ne portait pas de dosimètre, et cet homme dans la trentaine s’inquiète de ce qu’un éventuel futur cancer soit reconnu comme maladie professionnelle.

Tepco, l’opérateur de la centrale, indique que 7.766 personnes ont travaillé sur le site de Fukushima n° 1 entre le 15 mars et le 31 mars 2011, dont 3.077 (39,6%) n’avaient pas de dosimètre.

Pendant ces 17 jours, seul un représentant de chaque groupe de travail portait un appareil, et tous les membres du groupe devaient reporter sur leur registre la même indication que sur son dosimètre. C’était une mesure d’urgence expliquée par le fait que la plupart des 5.000 dosimètres de la centrale avaient été emportés par le tsunami.
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MessageSujet: Fukushima sous contrôle ?   Jeu 6 Sep - 15:09

Depuis une quinzaine de jours, de nombreux organes de presse agitent un spectre nucléaire. Celui d'un risque brusquement accru et caché de la survenue d'un nouvel accident à la centrale de Fukushima Dai-ichi au Japon.

Un accident "pire", écrivent-ils, que celui de mars 2011, car une "bombe nucléaire à retardement" y menacerait d'exploser dans la piscine à combustibles du bâtiment du réacteur n°4.

(photo, enlèvement d'un élément de protection de la cuve du réacteur n°4, prise le 10 août 2012).

Cette avalanche d'articles - une recherche sur google news donne plus de 60 réponses pour les derniers dix jours sur les sites webs des journaux, télés et radios - peut effrayer. Elle pourrait aussi servir de base à une étude de sociologie des médias, tant elle pousse jusqu'à la caricature la désinformation.

L'un des plus beaux exemples en est l'article de Vincent Jauvert, publié sur le site du Nouvel Observateur le 22 août, abondamment cité par les autres, et qui se présente comme une enquête faite au Japon. Il commence ainsi : «C'est une petite piscine - et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d'eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de "désactivation" repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n'est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.» Et ce danger, «Personne ou presque ne le dit» affirme le texte de présentation de l'article. Bref, on nous cache tout on nous dit rien.

Le détail qui tue: la bâche plastique...
Commençons par le détail qui tue. Jauvert affirme que cette piscine au contenu dangereux n'est protégé que «par une simple bâche de plastique blanche». Voici, à droite, une série de photos (ou ici) qui montrent l'installation d'une structure métallique de 60 tonnes qui couvre cette piscine depuis la mi-juin 2012. L'annonce de l'installation de cette couverture est connue depuis plusieurs mois. Ces photos sont publiques.

Evidemment, expliquer que la structure de béton où se trouve cette piscine risque de s'écrouler sous le coup d'une simple tempête devient beaucoup moins convaincant si l'on a préalablement dit la vérité: cette structure est assez solide pour supporter l'installation d'une couverture métallique de 60 tonnes. Bon, il est vrai qu'il y avait auparavant une bache de plastique blanche... comme le montrent les images ci-dessous, elles aussi publiques. L'article de Jauvert est daté du 22 août 2012, l'installation de la couverture métallique a eu lieu en juin... cherchez l'erreur.



Le Nouvel Observateur pris en flagrant délit de mensonge:
Il y a pire dans cette article de Jauvert. Pour preuve de ses affirmations alarmistes, il publie la photo suivante :

Cette photo est censée être la preuve de ce que Jauvert écrit. Sauf qu'on y voit le contraire: la couverture métallique est en place, à droite du rond blanc, sur la piscine.

Et que désigne le rond blanc qui, soit-disant, entoure la piscine selon le Nouvel Observateur ? Tout simplement un espace vide dans le béton qui structure le bâtiment.

La vague couleur bleue qui peut faire croire à une présence d'eau (mais il faut vraiment vouloir le croire) n'est qu'un filet de protection disposé sur le béton et destiné à récupérer des objets tombant dans les trous comme le prouve une photo de ce filet (à droite). Le Nouvel Observateur et Vincent Jauvert ont été informés de leur erreur par des spécialistes, ils l'ont reconnue... mais ni l'article ni l'image faussement présentée n'ont été rectifiés sur le site web. A quoi jouent-ils ?

Le risque de la piscine n°4 est-il caché ?
C'est ce que prétend Jauvert. N'a t-il rien lu sur cet accident nucléaire depuis un an et demi ? Le problème posé par le combustible usé de cette piscine est en effet présenté de manière constante comme le principal risque du site, dès lors que les coeurs fondus des réacteurs 1, 2 et 3 ont été assez refroidis. Et ceci depuis le tout début de l'accident, en mars 2011, puisque l'alimentation en eau de cette piscine en fut l'un des épisodes les plus marquants. La menace de la fusion de ses combustibles usés, qui venaient tout juste d'être déchargés du coeur et donc étaient à leur maximum de chaleur et de radioactivité, en cas de vidange de la piscine, était si prégnante que l'Autorité de sûreté américaine s'est même affolée à tort lorsque son chef a cru qu'elle était vide. Heureusement, ce n'était pas le cas.

Dans le Rapport de la TEPCo sur le déroulement de l'accident, on lit ceci page 34: "Dealing with the Unit 4 SFP was an extremely important turning point from the point of preventing the spread of the disaster." Qualifier "de point de bascule extrêmement important" le problème posé par la piscine (Spent fuel pool) du réacteur 4 ne semble pas vraiment un vocabulaire destiné à cacher l'ampleur du risque.

Dès le 6 mai 2011 (pas 2012), j'écrivais dans Libération : «Une autre menace existe. Elle provient des piscines : tant qu’elles ne seront pas vidées des combustibles nucléaires qu’elles abritent, le risque subsistera qu’une nouvelle secousse sismique ou la chute d’une des poutrelles de béton ou de métal que les explosions ont dispersées sur les parties hautes des bâtiments les endommage. L’arrêt à froid des réacteurs ne sera donc que le début d’une tâche longue et titanesque: décontaminer au moins partiellement le site afin de pouvoir y travailler, évacuer des piscines des réacteurs tous les combustibles nucléaires, puis démanteler complètement la centrale.»

Il est donc clair depuis un an et demi que ce sujet constituait le risque majeur après celui des réacteurs eux-mêmes au moment de l'accident, puis que son élimination suppose l'évacuation des combustibles usés des piscines du site, parmi lesquelles celle du réacteur n°4 constituait le problème principal.

Cette analyse est partagée par le gouvernement japonais, l'industriel TEPCo, l'autorité de sûreté japonaise et se retrouve dans tous les documents officiels sur l'accident. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'évacuation des combustibles usés de la piscine n°4 est affiché comme prioritaire dans la Road Map officielle japonaise et que son contenu doit ainsi être évacué avant celui des autres piscines.

Mais cette analyse est partagée également par les observateurs et d'experts comme l'IRSN et ceci depuis longtemps. Ainsi, dans Libération du 20 décembre 2011 je citais l'expert Thierry Charles de l'IRSN qui déclarait que l’enjeu «le plus important est de retirer les barres de combustibles usés des piscines» de manière à les mettre à l’abri dans des sites stables. Pourquoi, alors le Nouvel Observateur affirme t-il contre toute évidence : «Personne ou presque ne le dit : au cœur de la centrale japonaise dort une "bombe" dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs.»

Ce risque est-il en augmentation ?
Y aurait-il une raison pour sonner le tocsin maintenant sur la piscine n°4 ? Le risque de voir la radioactivité de ses combustibles usés se répandre dans l'environnement s'est-il accru récemment ? Bien sur que non, ce risque est même en diminution constante. Pourquoi ?

► D'abord parce que le refroidissement du combustible dans la piscine est aujourd'hui robuste et l'eau maintenue autour des 30°C. Assuré par un système de circulation d'eau douce et des moyens redondants, ce système est en bien meilleur état qu'il y a un an. Surtout, parce que ce combustible est au moins dix foix moins chaud que lors de l'accident. Du coup, alors qu'à l'époque il suffisait de quelques heures sans refroidissement pour que l'eau commence à bouillir dans la piscine, il faudrait désormais plusieurs jours de panne du système pour que l'eau commence à bouillir. Autrement dit, le temps disponible pour pallier une panne est nettement plus long et les moyens d'y pallier disponibles sur le site sont également plus importants. Autrement dit, ce risque a diminué.

► Ensuite parce que le risque de rupture de la structure en béton est moindre lui aussi en raison des travaux de renforcement réalisés pour compenser le choc du séisme et de l'explosion d'hydrogène. Des renforts métalliques ont été fixés sous la structure et du béton a été coulé pour la renforcer. Le schéma ci-dessus à droite montre où ces travaux ont été réalisés. Pourquoi n'en pas faire mention ? Laisser croire au lecteur que rien n'a été fait pour renforcer la structure ? Il est permis de contester l'analyse de résistance au séisme ou à d'autres risques naturels du bâtiment faites par les ingénieurs japonais, mais cette contestation ne peut être que technique, avec une expertise de génie civil, et non s'appuyer sur une affirmation gratuite et non fondée.

Pourquoi les Japonais n'ont-il pas encore évacué ce combustible dangereux ?
Parce qu'ils n'en sont pas encore capables. L'évacuation est prévue pour 2013. Elle suppose qu'un dispositif permettant l'extraction des combustibles usés soit installé. Il doit permettre la protection biologique des travailleurs contre le rayonnement gamma, un transfert relativement rapide et dans des conditions de sûreté sévères vers une autre structure où le refroidissement reprendra sans délais importants.

Le projet actuel consiste à construire une structure à côté du bâtiment qui montera au dessus de ce dernier, afin de disposer d'un pont roulant de grande capacité au dessus de la piscine. Puis, ce pont roulant doit permettre de descendre dans la piscine un "chateau" de transport dans lequel les combustibles usés seront glissés, toujours sous eau afin d'assurer la protection biologique. Puis le "chateau" sera ensuite redescendu au sol, afin d'être acheminé vers un centre de stockage. Mais, auparavant, il fallait d'abord réaliser d'importants travaux pour déblayer les alentours et le cinquième étage du réacteur n°4 de ses débris, machines, objets divers. Ce travail a été fait pour l'essentiel comme le montrent les images ci-dessous :



Ces deux images montrent que l'évacuation des débris est terminée, ce qui permet de s'attaquer au coeur du problème: l'extraction des combustibles.

Pour la préparer, les 18 et 19 juillet dernier, les Japonais ont extrait des barres de combustible nucléaire à l'aide d'une petite grue installée à côté de la piscine (autrement dit, la structure en béton peut aussi supporter cela). Mais il s'agit de combustible "neuf", qui n'avait pas été passé en réacteur. Il est donc uniquement chargé d'uranium (peut-être aussi de plutonium si c'est du MOX, je n'ai pas vérifié si le réacteur-4 en utilisait, mais cela ne change rien), peu radioactif et à température ambiante puisqu'il ne contient pas de produits de fission. Sur l'image ci-dessous prise lors de cette opération, on distingue l'une des barres extraites - en noir, verticale - suspendue à la grue. D'autres images ici.



Cette extraction confirme que les Japonais sont désormais en capacité d'intervenir sur cette piscine et que les barres de combustibles n'ont pas été endommagées, ce qui facilitera leur manutention.

Seront-ils en mesure d'opérer l'extraction du combustible usé dès l'an prochain comme annoncé dans la feuille de route officielle ? C'est ce qu'il faut espérer, puisque, même amoindri, le risque demeure toujours d'un accident qui atteindrait la piscine. Et que son hypothétique vidange instantanée, suivie d'une incapacité à la remplir, risquerait d'enclencher un processus de réchauffement jusqu'à la fusion des combustibles les plus radioactifs. En revanche, s'écrier, soudain, qu'un "désastre planétaire" menacerait d'un jour à l'autre et surtout plus qu'hier, que cette menace est cachée, qu'elle croît et que rien n'est fait pour y mettre un terme, relève d'une conception singulière du journalisme.

En complément, voici une vidéo de l'extraction du combustible neuf le 18 juillet:



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MessageSujet: Fukushima suite   Dim 9 Sep - 5:03

Fukushima suite
08 septembre 2012 Par Lefrançois

Les barres de réacteur sont dans une piscine, là où c'est drôle c'est qu'elle au dessus d'un batîment qui a été endommagé et tellement près qu'elle a subi les conséquences de l'explosion des enceintes de réacteur.

Donc on met ces barres à refroidir dans une piscine, le hic c'est que le zyrconium qui constitue la gaine de protection du combustible peut surchauffer si un tremblement de terre ou un typhon fragilise la structure permettant des fuites ce qui dans ce cas produirait en réaction de l'hydrogène lequel au contact de l'oxygène de l'air peut exploser, vous volatilisant la quasi totalité des produits radioactifs dans l'atmosphère, 10 fois Tchernobyl.

Soyons rassurés la piscine a été consolidée, le transfert dans une autre piscine à terre est prévue, et l'accident est "improbable"...comme l'autre sans doute.

Mais on peut se demander qui a eu l'idée folle de placer la piscine en un lieu aussi exposé et qui d'autre a eu l'intelligence de créer une gaine autour des composants radioactifs susceptible de se transformer en explosif ultra puissant au contact de l'eau.

Ca ne devait pas arriver donc le reste n'a pas été pensé pour, la puissance de raisonnement de l'être humain est entièrement là..

"L'évacuation des 1 535 barres devrait débuter avant la fin 2013 et durer un à deux ans, selon les prévisions de Tepco".

Rassuré?
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MessageSujet: Radionucléides à 800 km à l'Est de la centrale   Sam 15 Sep - 5:55

VLADIVOSTOK, 14 septembre – RIA Novosti


Les scientifiques russes ont découvert des radionucléides dans la zone nord-ouest de l'océan Pacifique, entre 500 et 800 kilomètres à l'est de la centrale nucléaire de Fukushima, a déclaré Evgueni Karassev, directeur adjoint de l'Institut de recherche hydrométéorologique de l'Extrême-Orient.
"L'examen des eaux dans le nord-ouest de l'océan Pacifique a montré qu'une vaste région, située entre 500 et 800 kilomètres à l'est de la centrale nucléaire de Fukushima, était toujours contaminée par des déchets radioactifs résultant de l'accident", a déclaré Evgueni Karassev.
Il a précisé que le taux de césium-137 atteignait 10 fois la norme de radioactivité antérieure à l'accident. Et pour la première fois, du césium-134 a été découvert dans ces eaux.
L'expédition de l'Association géographique de Russie est partie le 17 août dans les mers d’Extrême-Orient, à bord du navire Professeur Chokalski appartenant au centre météorologique russe Roshydromet. Les scientifiques ont étudié la puissance du rayonnement gamma et analysé le taux de radionucléides dans l'atmosphère.
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Pas dangereux le nucléaire hein !!???
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