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 Pas dangereux le nucléaire hein !!???

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MessageSujet: Bientôt en France ...et ailleurs...vive les éoliennes et le solaire !   Sam 12 Mar - 10:30

EN DIRECT: le Japon sous la menace nucléaire après le séisme


EN DIRECT - Au lendemain du séisme et du tsunami, qui ont fait près de 1.500 morts et disparus, le Japon est aujourd'hui sous la menace d'un accident nucléaire majeur: une explosion s'est produite à la centrale nucléaire de Fukushima N°1, dans le nord-est du pays, faisant s'effondrer une partie du bâtiment abritant le réacteur numéro un.

10H45 - Dose annuelle - La radioactivité reçue en une heure par une personne se trouvant sur le site de la centrale de Fukushima, correspond à la limite de radioactivité à ne pas dépasser annuellement, indique l'agence Kyodo.

11H00 - Aide - Des "super pompiers", formés pour les situations d'urgence, vont notamment être envoyés à la centrale pour aider les sinistrés.

11H05 - Evacuation - Les autorités ont ordonné aux habitants d'évacuer la zone dans un rayon de 10 kilomètres autour de la centrale. Les experts et les journalistes de la télévision conseillent fermement aux personnes se trouvant dans un périmètre plus large de rester chez eux, de fermer les fenêtres et de ne pas utiliser les systèmes de climatisation chauffante.

11H10 - Localiser l'explosion - "L'essentiel et la seule vraie question,c'est de savoir ce qui a explosé: s'il s'agit de l'enceinte de confinement, on est dans une configuration Tchernobyl. Mais il peut s'agir d'un bâtiment à côté du réacteur, et en ce cas l'explosion ne traduit pas la gravité de la situation ", indique à l'AFP, à Paris, Stéphane Lhomme, responsable de l'Observatoire du nucléaire, qui milite pour l'abandon de l'énergie nucléaire.

11h15 - Contröles en Russie - Aucune hausse de la radioactivité n'a pour le moment été enregistrée en Extrême-Orient russe où des contrôles renforcés sont en cours, annoncent les autorités.

11H18 - Rayon élargi - Les autorités japonaises étendent à 20 kilomètres le rayon d'évacuation des populations autour des centrales nucléaires de Fukushima, selon les médias nippons.
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MessageSujet: Il est plus que temps de réagir et de démanteler nos centrales !   Sam 12 Mar - 15:37

Un accident nucléaire n'est pas maîtrisable et nous sommes tous assis sur des bombes thermonucléaires les bidochons

Duflot dit qu'on ne peut plus croire aux légendes nucléaires
Reuters - Publié le 12/03/2011 à 15:22 - Modifié le 12/03/2011 à 15:23
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PARIS (Reuters) - L'accident à la centrale de Fukushima au Japon est la preuve que le risque nucléaire n'est pas maîtrisable, a déclaré samedi à Reuters la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot.

En France, "où le nucléaire s'est toujours imposé sans débat", la conseillère régionale réclame la sortie du nucléaire et la "transition écologique" vers d'autres sources de production d'énergie.

Une explosion et une fuite radioactive se sont produites samedi à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi, au lendemain du très puissant séisme qui a frappé l'archipel.

Des images de télévision ont montré une violente explosion et un nuage de vapeur au-dessus de la centrale, située à 240 km au nord de Tokyo.

Pour Cécile Duflot, cet accident prouve que "les légendes autour du nucléaire ne tiennent plus".

"On voit bien qu'en situation de catastrophe naturelle d'ampleur, toutes les soi-disant mesures de précaution sont mises en échec au pays de la plus haute technicité", a-t-elle expliqué au cours d'un entretien téléphonique.

"Cet accident signifie qu'on ne peut pas se prémunir contre l'une des failles profondes du nucléaire, c'est-à-dire le danger considérable que représente une centrale quand elle est abimée. Le risque nucléaire n'est pas un risque réellement maîtrisable", souligne-t-elle.

Depuis des années, fait-elle valoir, les écologistes pointent le risque nucléaire en France face à une filière nucléaire et des politiques évoquant une "sécurité absolue qui n'existe pas".

L'ACCIDENT JAPONAIS EST POSSIBLE EN FRANCE

Au Japon, "le problème qui est pointé, ce n'est pas le tremblement de terre mais l'arrêt du système de secours par panne électrique qui n'est pas lié directement au risque sismique", estime Cécile Duflot.

Début février, EDF a signalé à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) une anomalie dans le "circuit d'injection de sécurité" (RIS) de 34 de ses 58 réacteurs.

Ce système permet, en cas de brèche dans le circuit principal, de maintenir le refroidissement du coeur du réacteur en réinjectant de l'eau dans ce circuit de secours.

C'est ce qui n'a pas pu être activé au Japon et cela montre que l'accident japonais est donc possible en France, où, par exemple, la centrale du Blayais a été inondée en Gironde en 1999, insiste Cécile Duflot.

"Ce à quoi j'appelle, c'est à un véritable débat sur l'énergie. On est otages du nucléaire dans notre pays. On a été endormis et même pour certains anesthésiés sur les dangers pour des raisons politiques", dénonce-t-elle.

Europe Ecologie-Les Verts portera ces questions au coeur de la campagne présidentielle de 2012 mais il faut aller encore plus vite, estime Cécile Duflot.

"Il faut qu'on organise le débat sur la sortie du nucléaire et sur la transition énergétique (...) On ne peut pas supporter les attaques récentes contre l'éolien ou le photovoltaïque il y a quelques jours dans cette situation-là", ajoute la responsable écologiste.

"Le discours du lobby nucléaire, c'est 'toujours chez les autres, pas chez nous'. Ça suffit".

Laure Bretton

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MessageSujet: 60.000 personnes ont formé samedi une chaîne humaine pour protester contre l'énergie nucléaire,   Sam 12 Mar - 16:25

Alors que la menace d'un accident nucléaire plane au Japon, environ 60.000 personnes ont formé samedi une chaîne humaine pour protester contre l'énergie nucléaire, dans le sud-ouest de l'Allemagne, rapporte un collectif écologiste.

«Environ 60.000 personnes ont formé une chaîne sur 45 km, entre une centrale nucléaire à Neckarwestheim et la ville de Stuttgart», capitale du Bade-Wurtemberg, a dit Jochen Stay, de l'association Ausgestrahlt (Irradié).

Des «veillées anti-nucléaires» prévues

Dans cette région est prévue dans deux semaines une élection régionale à risque pour la chancelière Angela Merkel. Son parti conservateur CDU risque d'y être détrôné, après un demi-siècle de règne, par les Verts et les sociaux-démocrates, en raison notamment d'un vigoureux mouvement de contestation d'un vaste chantier de rénovation autour de la gare de Stuttgart.

Plusieurs associations écologistes avaient appelé à l'organisation de cette chaîne humaine, dans le but de faire monter la pression à deux semaines de ce scrutin en Bade-Wurtemberg, région-clé pour «la politique énergétique à l'avenir». Le collectif appelle à récidiver avec des «veillées anti-nucléaires» à travers l'Allemagne lundi à partir de 18H00 locales (17H00 GMT).

«L'énergie nucléaire est incontrôlable»

«Les événements au Japon montrent une nouvelle fois combien l'énergie nucléaire est incontrôlable et dangereuse», a dit Jochen Stay.

Les craintes d'un accident nucléaire majeur étaient vives après une explosion samedi dans une centrale nucléaire à 250 km de Tokyo, à la suite du très fort séisme et du tsunami qui ont fait la veille plus de 1.800 morts et disparus. «Angela Merkel et Stefan Mappus (chef du gouvernement régional du Bade-Wurtemberg) vont comprendre que celui qui prolonge la durée de vie des centrales (nucléaires) raccourcit sa propre durée de vie gouvernementale», selon Jochen Stay.

Le parlement allemand a voté à l'automne 2009 l'allongement de l'exploitation des centrales nucléaires, reniant ainsi l'arrêt progressif qui avait été décidé sous le gouvernement social-démocrate/écologiste de Gerhard Schröder (1998-2005).
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MessageSujet: «Incontrôlable» et de plus en plus alarmante,   Sam 12 Mar - 16:48

Les réseaux antinucléaires s’alarment. Tchernobyl, Three Mile Island, etc: l’explosivité de la situation au Japon est loin, selon eux, des communiqués rassurants des autorités japonaises. «Incontrôlable» et de plus en plus alarmante, assure ainsi Greenpeace. «Une explosion sur l’un réacteur pourrait déjà avoir libéré de très fortes doses de radioactivités, et d’autres réacteurs semblent être aussi dans une situation critique», note l’ONG. Selon elle, «le refroidissement d’au moins un des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi n’a pas été assuré pendant plusieurs heures. Le cœur du réacteur s’est alors mis à surchauffer, la pression et la température ont augmenté (lire sur le sujet le blog de notre spécialiste Sylvestre Huet). Une explosion a eu lieu et a soufflé le bâtiment extérieur du réacteur et peut-être l’enceinte de confinement protégeant le cœur.»

La situation nucléaire au Japon est gravissime, et l’incident nucléaire «majeur», juge de son côté le réseau Sortir du nucléaire: «11 centrales ont été arrêtées en urgence, 5 réacteurs connaissent des problèmes graves de refroidissement démultipliant le risque d’un accident nucléaire, 45.000 personnes ont été évacuées.»

Stéphane Lhomme, de l’Observatoire du nucléaire, résume le sentiment des ONG. «La communication des autorités concernant le nucléaire était fausse (autant dire mensongère). Il est désormais avéré que la situation, dans au moins un réacteur japonais (à Fukushima), le refroidissement est défaillant et une fusion du cœur est en cours.» Sophia Majnoni, Chargée de campagne nucléaire-énergie de Greenpeace, elle, tente de trouver des éléments de comparaison avec les catastrophes précédentes: «On est dans un enchaînement Three Mile Island (en 1979, aux Etats-Unis, ndlr), c’est-à-dire une fusion lente du cœur, mais avec un niveau de gravité probablement supérieur dans la mesure où l’enceinte de confinement pourrait avoir été soufflée par l’explosion. Les combustibles radioactifs seraient alors en contact avec l’atmosphère. D’où un risque de pollution majeur.»

Stéphane Lhomme, lui, va encore plus loin. Dramatisation? «Il est désormais probable que c’est un véritable Tchernobyl qui a lieu… pour le moment à l’intérieur de l’enceinte de confinement (une grosse cloche de béton qui recouvre le réacteur). Le nuage radioactif est donc actuellement retenu mais la fusion fait monter la pression, ce qui menace de faire voler en éclat l’enceinte de confinement: ce serait alors un nouveau Tchernobyl (en 1986, en Ukraine, ndlr). On peut d’ailleurs se demander si l’explosion qui vient d’avoir lieu dans cette centrale ne correspond pas à ce scénario effroyable…»

Déjà, poursuit-il, «pour faire baisser la pression intérieure et tenter d’éviter le pire, les "responsables" de la centrale n’ont d’autre option que… de rejeter une partie des gaz radioactifs à l’extérieur de la centrale, mettant en danger de contamination la population japonaise». Un risque humain de contamination des plus inquiétants. «Des fuites de radioactivité très importantes ont lieu depuis des heures. La radioactivité reçue en une heure par une personne se trouvant sur le site égale la dose admise pour une année entière», rappelle le réseau sortir du nucléaire.

Quelles conséquences pour la population? «La grande question est maintenant de savoir ce que contient le nuage et où il va se diriger: vers la mer ou vers des zones habitées – et bien au-delà des 20 ou 30 kilomètres évacués, reprend Sophia Majnoni. Si le nuage est radioactif, les populations risquent d’être exposées à deux risques: les gens vont être exposés au nuage vont respirer et absorber les radio-éléments qu’il contient. Et/ou les particules radioactives contenues dans ce nuage vont retomber à terre à la première pluie, contaminant alors une zone dont il est absolument impossible de prévoir le périmètre aujourd’hui.»

Plusieurs réacteurs connaissent d’inquiétantes hausses de température et de pression. Un réacteur des six réacteurs de la centrale voisine de Fukushima Daini (qui se trouve à 12 kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi) est plus particulièrement touché par de graves problèmes de refroidissement. « Ces données font craindre un autre accident. Nous serions là dans une situation totalement inédite avec plusieurs réacteurs touchés dans une même région. Nous ne pouvons absolument pas savoir quelles seraient les conséquences », conclut Sophia Majnoni.

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MessageSujet: Des radiations se seraient échappées de la centrale de Fukushima    Dim 13 Mar - 4:57

Des radiations se seraient échappées de la centrale de Fukushima

Des radiations se seraient échappées du réacteur No 3 de la centrale nucléaire Fukushima No 1, au nord-est du Japon. Le niveau d'eau a baissé, découvrant les barres de combustible sur une hauteur de trois mètres, ont annoncé dimanche le gouvernement et l'opérateur de la centrale Tepco.

La limite légale de radioactivité a été dépassée dans cette centrale, a encore indiqué l'opérateur Tepco, cité par l'agence Kyodo.

L'opérateur avait peu auparavant déclaré qu'un deuxième réacteur donnait des signes de problèmes, avec un risque d'explosion. La compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) a précisé qu'il s'agissait du réacteur No 3 de la de la centrale Fukushima No 1, située à 250 kilomètres au nord de Tokyo.
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MessageSujet: les centrales françaises résisteraient-elles ?   Dim 13 Mar - 10:11

Séisme : les centrales françaises résisteraient-elles ?
Par Franck Lefebvre-Billiez, le 13 mars 2011 à 10h37, mis à jour le 13 mars 2011 à 10:41
Dossier : Le Japon après le séisme
La très violente secousse de 8,9 sur l'échelle de Richter qui a frappé le Japon, et a été suivie d'un tsunami dévastateur, a pris de court les systèmes de sécurité des centrales nucléaires. En France, quel est l'état du risque sismique ? Comment se comporteraient les centrales ?


Si les conséquences sanitaires de l'accident de Fukushima génèrent pour l'instant peu d'inquiétudes pour la population française, l'accident survenu dans cette centrale nucléaire japonaise à la suite d'un très violent séisme a déjà des conséquences politiques en France. Le cas Fukushima a ainsi relancé la controverse sur l'utilisation du nucléaire civil, qui sert à produire la plus grande partie de l'électricité française. Avec une question cruciale : ce qui s'est produit au Japon pourrait-il arriver en France ?

Le Japon après le séisme
Plus d'infos
La construction des centrales japonaises se fait en fonction de normes drastiques, intégrant notamment le risque sismique. Les bâtiments sont censés résister aux secousses les plus violentes. Mais dans le cas d'un séisme aussi violent que celui enregistré vendredi (le plus important depuis 40 ans dans ce pays : 8,9 sur l'échelle ouverte de Richter), les mesures de sécurité peuvent se trouver dépassées, et même si les bâtiments eux-mêmes résistent, de multiples défaillances peuvent affecter les centrales. La CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), organisme hostile au développement du nucléaire civil, souligne ainsi que les centrales japonaises "ne sont pas dimensionnées pour résister à tous les séismes envisageables". Et elle cite l'exemple de l'année 2007 : "des séismes intervenus en mars et juillet avaient eu des conséquences sur plusieurs centrales de l'ouest du pays : débordement d'eau contaminée de la piscine d'entreposage de combustibles irradiés (centrale de Kashiwazaki Kariwa), débordement de réservoirs d'effluents radioactifs à la centrale de Shika". Le cas Fukushima n'est donc pas le premier. Malgré les mesures de sécurité. D'où cette idée que le nucléaire est, et reste, une technologie risquée.

Des marges de sécurité jugées confortables

Mais, rétorque l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la situation française est très différente. Le risque sismique, notamment, est bien moins élevé. Situé à une zone de convergence entre plusieurs plaques tectoniques majeures (les plaques pacifique, nord-américaine, philippine et eurasiatique), le Japon a toujours connu une activité sismique importante. La France, en revanche, est considérée comme une zone à "sismicité modérée", et les tremblements de terre de "forte magnitude" (c'est-à-dire plus de 6 sur l'échelle de Richter) sont rares. Les zones les plus "à risque" se trouvent au niveau des massifs alpin et pyrénéen, dans le Jura et le long du fossé rhénan.

Deux centrales nucléaires françaises pourraient potentiellement être menacées par des séismes importants : celle de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, et celle de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. Dans ces deux cas, souligne l'IRSN, la conception des centrales a pris en compte des risques de séisme pouvant atteindre, pour Cadarache, 5,8 sur l'échelle de Richter (avec un épicentre situé tout près de la centrale, à 7 km), et pour celle de Fessenheim, 6,7 sur cette même échelle de Richter (avec un épicentre à 34 km de distance). Si de telles secousses devaient être enregistrées, la construction des centrales prévoit des marges de sécurité considérées comme confortables. Ce qui ne tranquillise pas pour autant les opposants au nucléaire.

car on connait les mensonges depuis toujours sur ce problème tenus par les lobbys financiers qui se foutent pas mal de la santé et de l'avenir des gens

Réagissez !
What a Face clown Rolling Eyes What a Face clown Rolling Eyes What a Face What a Face What a Face What a Face
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MessageSujet: Mais pourquoi donc avoir poussé le Japon, pays qui a fait voeux dans sa constitution de demeurer dénucléarisé et qui ne manque pas d'énergie de rechange de construire des centrales   Dim 13 Mar - 14:58

Devinez ???

Je vous le donne en mille

Les Lobbys américains et Français ont poussé le Japon à s'équiper malgré les risques ! ( comme à Tokaimura par exemple) ..;et l'aversion des Japonais pour le nucléaire ( qu'ils connaissent bien depuis Hiroshima et Nagasaki)

Par ailleurs les ressources géothermique , hydrauliques, éoliennes ou solaires sont considérables...
et la technologie est là

Le scandale il est là comme toujours !

Non aux lobbys de mort !!!! What a Face What a Face What a Face What a Face

Non au fric roi et tout puissant !!!

affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid
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MessageSujet: Il faut en finir DEFINITIVEMENT avec cette énergie de mort !   Dim 13 Mar - 16:02

PARIS — Alors que le monde a les yeux rivés sur la centrale japonaise de Fukushima, endommagée par le séisme, les anti-nucléaires multiplient communiqués et interventions pour expliquer que preuve est faite qu'il faut en finir avec l'atome, qui attire pourtant de plus en plus de pays.
"Continuer le nucléaire avec ce que l'on sait, ça relève clairement de l'inconscience!", s'énerve Jean-Marie Brom, ingénieur atomique, membre du Réseau Sortir du Nucléaire.
"A Tchernobyl, on pouvait se cacher, même si c'est un mensonge, derrière le +ce n'est pas possible chez nous, les Russes ne savent pas de quoi ils parlent+, mais là, on ne peut plus le dire. Les Japonais sont aussi forts que nous en technologie", poursuit ce directeur de recherches au CNRS.
Chaîne humaine de dizaines de milliers de personnes en Allemagne, manifestation prévue à Paris, appels à la fin du nucléaire des partis et associations écologistes de l'Italie à l'Australie... la mobilisation prend forme et les ONG veulent se faire entendre.
"Il faut fermer progressivement les réacteurs et ne pas en construire de nouveaux", insiste Greenpeace. "Malédiction de l'atome", renchérissent les Amis de la Terre.
"Ca fait un moment qu'on tirait la sonnette d'alarme, et on déplore qu'il faille en arriver là pour que les autorités puissent se poser des questions, et on n'est même pas sûr qu'elles le fassent", déclare à l'AFP Sofia Majnoni de Greenpeace France.
Pour elle, la "catastrophe" en cours au Japon "va mettre un terme à 25 ans de discours sur la sécurité nucléaire, rodé, notamment par Areva", le groupe nucléaire français et géant mondial.
Avant le séisme japonais, le nucléaire civil se portait plutôt bien dans le monde sur fond de cherté du pétrole. Il avait subi un coup d'arrêt après les catastrophes de Three Miles Island (Etats-Unis) en 1979 (incident classé 5 sur une échelle de 7), et Tchernobyl (URSS) en 1986 (niveau 7).
Aujourd'hui, il y a environ 440 réacteurs répartis dans une trentaine de pays, principalement les Etats-Unis, la France et le Japon, qui fournissent environ 15% de l'électricité mondiale.
Fin 2009, une soixantaine d'autres étaient en construction.
Le nucléaire est une énergie qui émet très peu de CO2, l'un des principaux gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique. Elle est particulièrement prisée des grands pays émergents, comme la Chine ou l'Inde, mais elle a aussi retrouvé les faveurs de certains dirigeants en Europe.
Les autorités britanniques ont indiqué fin février qu'elles devraient donner leur feu vert provisoire à l'utilisation de la technologie EPR pour la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.
En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a, elle, décidé en 2009 de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires alors que son prédécesseur voulait les fermer au plus tard vers 2020.
Fukushima portera-t-elle le coup de grâce, tant attendu par les anti-atomes, au développement du nucléaire?
L'Autriche a exigé dès dimanche la réalisation de tests de résistance des centrales nucléaires en Europe pour vérifier notamment si elles "sûres en cas de tremblement de terre"
Ce pays, dont les écologistes réclament régulièrement la fermeture des centrales proches en Slovénie et Slovaquie, est fortement opposé à l'énergie nucléaire.
Pour Sofia Majnoni de Greenpeace, il "paraît impensable qu'il n'y ait pas une prise de conscience après une catastrophe de ce type...".
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MessageSujet: Nouvelles explosions et fuites radioactives   Lun 14 Mar - 5:35

Deux explosions se sont produites lundi au niveau du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima N°1, accidenté à la suite du séisme et du tsunami de vendredi dans le nord-est du Japon, rapporte l'opérateur Tokyo Electric Power Co. (Tepco). Sept personnes disparues après les explosions ont été retrouvées et six d'entre elles sont blessées, a annoncé l'agence Jiji.


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MessageSujet: première alerte à la contamination de produits alimentaires à proximité de la centrale de Fukushima   Sam 19 Mar - 15:40

Le Japon a déclenché samedi une première alerte à la contamination de produits alimentaires à proximité de la centrale de Fukushima, alors que les secours poursuivent leurs efforts pour éviter une catastrophe nucléaire de grande ampleur.
SUR LE MÊME SUJET
Japon : suivre la situation en directDe nouvelles vidéos amateur du tsunamiA Fukushima, il aide les rescapés à fuir Des taux de radioactivité anormaux ont été relevés sur du lait et des épinards produits dans le nord-est de la péninsule. Des traces d'iode radioactif et de césium ont également été découvertes dans l'eau du robinet à Tokyo et ses environs.

Les autorités japonaises assurent cependant que les risques pour la santé ne sont pas avérés. «Même si une personne se mettait à boire du lait contaminé pendant un an, la dose de radiations qu'elle recevrait serait équivalente à celle d'un seul scanner, indique un porte-parole du gouvernement. Pour les épinards, ce niveau serait équivalent à un cinquième de la dose reçue lors d'un scanner.»

La production et la livraison d'épinards stoppées près d'Ibaraki

Le ministère japonais de la Santé a ordonné aux autorités locales d'enquêter pour déterminer la provenance précise du lait et des pousses d'épinards contaminés, connaître l'endroit où ils ont été distribués, et, en fonction du résultat, stopper les ventes et prendre les mesures appropriées. Sans attendre, le gouverneur de la préfecture d'Ibaraki a demandé aux producteurs d'arrêter de les récolter et de stopper les livraisons.

L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée, Tepco, a présenté ses excuses et annoncé qu'il était prêt à dédommager les paysans.

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MessageSujet: 54 minutes d'infos non censurées sur Fukushima   Sam 19 Mar - 15:42

il suffit de cliquer sur ce lien

http://www.franceculture.com/emission-terre-a-terre-modele-energetique-et-modele-economique-2011-03-19.html

puis cliquer sur le bouton rouge "54 minutes"
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MessageSujet: Dans 3 ou 4 jours le nuage est en France !   Dim 20 Mar - 16:25

UCLÉAIRE : LE PANACHE RADIOACTIF DE FUKUSHIMA
L'IRSN a pu réaliser de premières simulations du panache radioactif de la centrale nucléaire de Fukushima.

Comparées aux mesures disponibles, elles permettent de confirmer les ordres de grandeurs annoncés par les autorités japonaises sur les émissions de radioactivité.

Les calculs de doses reçues par l'IRSN - en deux catégories les plus pénalisantes : corps humain entier et dose à la thyroïde pour un enfant de 1 an qui serait exposé sans aucune protection et en permanence - confirment que les mesures prises par le gouvernement Japonais sont correctes pour les zones éloignées de la centrale. Le panache radioactif sera détectable très loin de l'émission, jusqu'en France par exemple, mais y sera sans effets sanitaires.

D'après l'IRSN : « le panache radioactif aurait actuellement atteint le nord-est de la Sibérie, les Etats-Unis et l’ouest de l’atlantique. Il devrait atteindre la France à partir du 23 ou 24 mars. Les concentrations attendues à terme, d’après cette modélisation, pourraient être de l’ordre de 0,001 Bq/m3 en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer de l’hémisphère nord. Comme attendu, l’hémisphère sud n’est pas significativement affecté par cette dispersion à grande échelle. A titre de comparaison, les valeurs mesurées au cours des jours suivant l’accident de Tchernobyl dépassaient 100 000 Bq/m3 dans les premiers kilomètres autour de la centrale ; elles étaient de l’ordre de 100 à 1000 Bq/m3 dans les pays les plus touchés par le panache radioactif (Ukraine, Biélorussie) ; en France, les valeurs mesurées dans l’Est étaient de l’ordre de 1 à 10 Bq/m3 (le 1er mai 1986).» Sur ce site, on peut trouver les mesures en temps réel de la radioactivité sur les balises en France.

L'IRSN explique que les valeurs de doses corps entier, «à partir desquelles des actions de protection sont recommandées sont de 10 mSv pour la mise à l’abri et de 50 mSv pour l’évacuation. En dessous de 10 mSv, le risque pour la santé est jugé suffisamment faible pour ne pas rendre nécessaires ces actions de protection. A titre de comparaison, la dose annuelle moyenne reçue en France due à la radioactivité naturelle et aux expositions médicales est de 3,7 mSv.» La simulation (visible ici sur le site web de l'IRSN) montre que seul l'environnement de la centrale atteint des doses entre 10 et 50 millisieverts. Cette zone a été évacuée avant les premières émissions, sur 20 km.

Pour les doses à la thyroïde (graphique), la simulation de l'IRSN (visible ici), une zone autour de la centrale peut avoir atteint les 50 millisieverts à partir desquels il est recommandé d'ingérer une pastille d'iode stable pour saturer la thyroïde et empêcher la fixation d'iode radioactif. Le gouvernement japonais vient de demander aux populations qui ont été évacuées de le faire. C'est un peu étrange : soit il fallait le faire dès le début car il s'agit d'une mesure plus préventive que curative, soit c'est inutile, voire risqué.

Il y a probablement un aspect de politique de communication dans cette décision, qu'il est difficile d'apprécier d'ici. C'est probablement aussi la conséquence de la publication, par les autorités japonaises, de premières détections de radioactivité due à l'émission de Fukushima dans du lait ou des épinards produits dans la région de Fukishima où se trouve la centrale nucléaire accidentée. Les niveaux relevés supposent une surveillance de tous les produits frais alimentaires et la destruction de tout ce qui est suspect. J'ai ici fait une analyse critique du classement de l'accident en niveau 5 de l'échelle INES par le gouvernement japonais (l'ASN française considère depuis le 15 mars qu'il s'agit d'un niveau 6).

Par ailleurs l'AIEA dispose désormais de moyens de mesures indépendants du gouvernement japonais, dont les résultats seront diffusés à tous les pays membres.

Au sujet de l'AIEA - son site web s'est brusquement réveillé il y a deux jours. Alors qu'il était jusqu'alors non pas muet mais vraiment avare d'informations, il donne désormais de nombreux détails. Son rôle devra être critiqué. En tenant compte du fait que son secrétaire général, le Japonais Yukiya Amano s'est probablement comporté plus en fonctionnaire japonais qu'en secrétaire général d'une organisation internationale. Toutes les informations que les Autorités de sûreté possédaient sont passées par l'AIEA. Elle pouvait donc mieux informer le public et la presse, ce qu'elle n'a pas fait jusqu'à avant-hier.

Voici-ci dessous un exemple de simulation réalisé par l'IRSN. L'Institut réalise de telles simulations en collaboration avec Météo France, toutes les deux heures, en suivant l'évolution de la météo.





Il a été possible de comparer les simulations à des mesures de l'iode-131 et du césium-137 réalisées à Tokyo. Elle montre un pic le 15 mars, puis une diminution importante. Entre la simulation et les mesures, l'accord est très bon pour l'iode-131. Pour le césium, la simulation donne un chiffre d'environ la moitié de la mesure.

















Je reviendrais plus en détail à la mi-journée sur la situation à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi. Le dernier point fait samedi matin est ici. Mais, en résumé lapidaire :

► les personnels de la Tepco continuent d'essayer de mettre en marche les systèmes de secours des réacteurs avec l'alimentation électrique qui est enfin arrivée sur le site.

► Les arrosages massifs des piscines des réacteurs 3 et 4 ont permis de les refroidir et de diminuer la radioactivité sur le site. La Tepco annonce 2,6 millisieverts par heure au batiment administratif de la centrale qui est à 500 mètres de la zone la plus irradiante, le réacteur n°3. Autrement dit, il faudrait y rester près de 40 heures sans protection pour atteindre la dose de 100 millisieverts.

► Enfin, la Tepco annonce que l'opération prévue de relachage de vapeur d'eau contaminée du réacteur 3 pour diminuer la pression ne sera finalement pas réalisée, la pression n'étant pas trop montée. Du coup, l'évacuation du site n'a pas eu lieu non plus et les travaux peuvent s'y poursuivre.



Par Sylvestre Huet, le 20 mars 2011
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MessageSujet: Re: Pas dangereux le nucléaire hein !!???   Lun 21 Mar - 9:50

ukushima: de la fumée s'échappe du réacteur 3, le personnel a été évacué
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De la fumée s’échappait lundi après-midi du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est du Japon) et une partie du personnel qui se trouvait à proximité a reçu l’ordre d’évacuer, a annoncé l’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco).

«A 15H55 (06H55 GMT), nous avons reçu un rapport de la centrale indiquant qu’une fumée grise s’échappait du toit du réacteur 3. Nous avons ordonné l’évacuation des ouvriers qui se trouvaient à proximité», a déclaré un responsable de Tepco.

Le réacteur 3 a subi les plus lourds dégâts après le séisme et le tsunami du 11 mars: le toit du bâtiment supérieur a été entièrement détruit par une forte explosion la semaine dernière en raison d’une accumulation d’hydrogène consécutive à des opérations de dépressurisation.

Le réacteur 3 est le plus inquiétant car il contient du combustible MOX, mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium issu de produits de recyclage, dont les rejets sont considérés comme plus nocifs que ceux provenant d’un combustible à base d’uranium.

rappel : une molécule de plutonium inhalée induit à coup sûr un cancer du poumon...

et la durée de vie de l'uranium est de 24000ans aou bout desquelq il y en a encore la moitié..;qui demandera 24000 ans encore à se résorber..;et ainsi de suite !

c'est beau le nucléaire ! ...surtout que le MOX c'est la France qui le produit !!!

What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face What a Face affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid affraid
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MessageSujet: La région de Fukushima sera contaminée pour longtemps   Lun 21 Mar - 16:31

La région de Fukushima sera contaminée pour longtemps

Les conséquences des fuites radioactives, volontaires ou accidentelles comme celles de lundi 21 mars, risquent de rendre invivable une partie du nord-est du Japon pendant des dizaines d’années


De la fumée noire suspecte s'échappait lundi 21 mars du réacteur 3 de la centrale de Fukushima Dai-ichi (Tokyo Electric Power Co/AP Photo).

Nouvelle alerte lundi 21 mars à la centrale nucléaire de Fukushima. La quasi-totalité du personnel qui travaille sans relâche depuis plusieurs jours pour remettre en service les systèmes de refroidissement des réacteurs a dû être évacuée par l’opérateur du site, Tokyo Electric Power (Tepco), à la suite d’échappement de fumées des réacteurs 3 et 2.

Le réacteur 3 est au centre des préoccupations. Gravement touché par une explosion qui a soufflé la partie supérieure du bâtiment, il est chargé de combustible MOX, un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium, dont les rejets sont très nocifs.

Peu avant cet incident, Tepco avait annoncé que les six réacteurs de la centrale avaient été connectés à l’alimentation électrique, ce qui laissait espérer une amélioration des systèmes de refroidissement, mais les équipements doivent être testés par les techniciens avant d’être alimentés, pour éviter un court-circuit.
« Nous sommes au début de la phase post-accidentelle »

Selon la télévision publique NHK, ces vérifications pourraient encore prendre deux à trois jours.

« Nous sommes au début de la phase post-accidentelle, estimait, lundi 21 mars, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN). Le Japon va devoir gérer les conséquences des dépôts radioactifs issus des rejets pendant des dizaines et des dizaines d’années », a-t-il poursuivi.

On sait que « les rejets, qu’ils soient dus à des décompressions volontaires (des dégagements de vapeurs destinés à faire baisser la pression dans les réacteurs) ou bien aux fuites, ont été et sont importants », a complété Jean-Luc Godet, directeur à la direction des rayonnements ionisants et de la santé à l’ASN.
Des contaminations jusqu'à une centaine de kilomètres

Les autorités japonaises n’ont pas établi de cartographie de ces dépôts, mais il n’est pas illusoire de penser que la zone contaminée s’étend au-delà des 20 km à l’intérieur desquels la population a été évacuée. « Compte tenu de la météo (vents tournant vers le sud-ouest, pluie), il est probable que des contaminations aient eu lieu jusqu’à une centaine de kilomètres, a-t-il indiqué, et les Japonais vont devoir gérer la production de denrées alimentaires du fait de la contamination des productions végétales ».

Le gouvernement a déjà interdit la commercialisation et la consommation de légumes verts à feuilles tels que les épinards et les kakinas cultivés dans quatre préfectures proches de la centrale (Ibaraki, Tochigi, Gunma et Fukushima). Idem pour le lait produit dans la région de Fukushima.

Selon l’association française Crii-rad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité), la concentration en iode 131 des épinards et du lait a atteint des niveaux jusqu’à 27 fois supérieurs aux normes en vigueur au Japon. Les éléments atomiques rejetés qui se déposent à la surface du sol sont surtout de l’iode 131 et du césium 137.
La neige et la pluie ont accentué la contamination

Jacky Bonnemains, directeur de l’association écologique Robin des Bois, a participé, de 2007 à 2009, à une évaluation, pilotée par les pouvoirs publics, des conséquences d’un accident nucléaire en France.

Selon lui, à Fukushima, la zone autour de la centrale deviendra une sorte de région interdite, condamnée pour au moins 300 ans, aux contours encore indéterminés, la contamination au plutonium, très toxique, étant un facteur aggravant. La zone sera sans doute en forme d’ellipse ou d’un fuseau allongé, qui peut aller profondément dans le pays, selon la force et la direction des vents.

La neige tombée depuis la catastrophe et, depuis lundi 21 mars, la pluie, précipitent au sol des particules et gaz radioactifs qui créent localement des tâches de forte contamination et ne sont donc pas dispersés.
Les élevages devront probablement être abbatus

Outre les cultures agricoles et l’eau, le bétail sera aussi concerné (vaches, moutons, chèvres, volaille). A priori, il faudra alors l’abattre et l’enfouir dans des sites choisis pour éviter tout risque de contamination des nappes d’eau.

À moins qu’une partie d’entre eux (hormis les vaches laitières qui ont besoin d’être traites chaque jour) servent de « liquidateurs » : on les laisserait consommer la végétation contaminée avant de les abattre.

Restera alors la question des animaux domestiques et surtout celle de la contamination maritime des poissons, coquillages et crustacés dont les Japonais sont de gros consommateurs. Un Japonais en consomme en moyenne 80 kg par an, mais celle-ci doit certainement être plus importante pour la population vivant en bord de mer.
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MessageSujet: ukushima: trois employés de la centrale hospitalisés après avoir été irradiés   Jeu 24 Mar - 9:46

Fukushima: trois employés de la centrale hospitalisés après avoir été irradiés
L'Australie et le Canada se sont joints, par ailleurs, à la liste des pays refusant les produits frais en provenance de la région de la centrale nucléaire, où l'électricité commence à être en partie rétablie.
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Vue aérienne fournie le 23 mars le ministère des Infrastructures et du Tourisme de la centrale de Fukushima (© AFP Ho)

Deux employés travaillant dans un bâtiment qui abrite la turbine - lieu distinct du bâtiment du réacteur - de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima 1, au nord-est du Japon, ont été hospitalisés après avoir été irradiés, a annoncé jeudi l'Agence japonaise de sûreté nucléaire. Ils ont été «exposés à des niveaux de radiation compris entre 170 et 180 millisieverts», a indiqué Hidekuki Nishiyama, porte-parole de l'Agence.

Une exposition à 100 millisieverts sur une période d'un an est considérée comme le seuil à partir duquel augmente le risque de contracter un cancer plus tard.

(Contrôle de radioactivité, mardi à Fukushima. AFP/Go Takayama)

Inquiétudes sur les produits japonais

Par ailleurs, près de deux semaines après l'une des pires catatrophes naturelles ayant frappé le Japon, dont le bilan dépasse les 26.000 morts et disparus, dont 9.700 morts confirmés, les conséquences des émanations radioactives sur la chaîne alimentaire et l'eau suscitent des craintes non seulement dans l'archipel mais aussi à l'étranger. Après les Etats-Unis et la France, la Russie, Hong Kong, l'Australie, le Canada et Singapour se sont ainsi joints jeudi à la liste des pays refusant les produits frais en provenance de la région de Fukushima.

La découverte de niveaux de contamination radioactive supérieurs à la normale dans des légumes verts et du lait cru, dans au moins quatre préfectures, a conduit le Premier ministre, Naoto Kan, à interdire leur vente. Les contrôles seront intensifiés dans six autres préfectures, dont certaines aux portes de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d'habitants.

Le ministère de la Santé a aussi renforcé les contrôles sur les poissons et mollusques pêchés le long des côtes, après la détection de radioactivité dans l'eau de mer près de la centrale.

(Des légumes ont été retirés d'un supermarché à Sukagawa, dans la préfecture de Fukushima. AFP/Ken Shimizu)

La Russie a interdit l'importation de produits alimentaires de quatre régions japonaises. L'Australie a ordonné le gel des importations de produits alimentaires venant des environs de la centrale, précisant cependant que les risques pour les consommateurs étaient négligeables. Hong Kong a fait de même mercredi après la découverte de trois échantillons de légumes contaminés. Le Canada va renforcer des contrôles sur les produits laitiers, les fruits et les légumes venant des préfectures contaminées: Fukushima, Gunma, Ibaraki et Tochigi.

L'eau de Tokyo potable pour les bébés

Autre produit essentiel, l'eau est également contaminée. Mercredi, la municipalité de Tokyo a annoncé que le niveau d'iode radioactive 131 était deux fois supérieur à la norme autorisée pour les nourrisons dans l'eau du robinet, conseillant aux 13 millions d'habitants de la capitale de ne plus l'utiliser pour les bébés.

Jeudi, le niveau était repassé en-dessous du niveau légal de 100 becquerels par kilogramme et les autorités ont levé leurs recommendations. La ville a cependant maintenu la distribution de 1,5 litre d'eau minérale par enfant de moins d'un an à 80.000 familles, qui a commencé dans la matinée.

D'autres localités des préfectures de Chiba et Ibaraki, voisines de Tokyo, ont également déconseillé l'eau du robinet pour les bébés.

L'électricité en partie rétablie dans la centrale

Dans le même temps, la délicate et périlleuse tâche visant à refroidir les réacteurs de la centrale de Fukushima se poursuit. Le personnel, évacué la veille après une émanation de fumée noire, a repris les opérations d'arrosage sur le réacteur 3 où l'électricité a été en partie rétablie dans la salle de contrôle, a annoncé l'agence de sûreté nucléaire. L'électricité a également été partiellement rétablie jeudi dans la salle de contrôle du réacteur 1, sans certitude pour autant «que le système de refroidissement pourra repartir».

La centrale Fukushima 1 compte six réacteurs dont l'alimentation électrique a été interrompue par le séisme et le tsunami, provoquant la mise hors-service des systèmes de refroidissement du combustible. Une zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale est en vigueur et les habitants restés dans un périmètre de 10 km au-delà de cette limite ont reçu consigne de rester calfeutrés chez eux.

(Source AFP)
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MessageSujet: La pollution s'aggrave   Sam 26 Mar - 6:30

Fukushima: iode fortement radioactif mesuré en mer

OSAKA (Japon) - Un taux d'iode radioactif 1.250 fois supérieur à la norme a été mesuré en mer à quelques centaines de mètres au large de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est du Japon), a annoncé samedi l'Agence japonaise de sûreté nucléaire.

L'Agence a précisé que les tests avaient été réalisés par la compagnie d'électricité gérant le site, Tokyo Electric Power (Tepco), à partir d'eau prélevée au large du réacteur 1.

"Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber. C'est un niveau relativement élevé", a expliqué un porte-parole de l'Agence.

Il a toutefois ajouté que "la radioactivité relâchée dans la mer va se diluer avec la marée, ce qui signifie qu'il faudrait une concentration nettement plus importante pour que les algues et animaux marins en absorbent".

"En outre, la concentration d'iode se réduit de moitié tous les huit jours, donc lorsque les gens mangeront les produits de la mer, sa quantité aura probablement fortement diminué", a-t-il précisé.

Mardi, ce taux d'iode 131 avait été détecté à un niveau 126 fois supérieur à la limite légale fixée par le gouvernement, dans de l'eau de l'océan Pacifique prélevée au même endroit à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi (N°1). La concentration d'iode radioactif a donc quasiment décuplé en quelques jours.

Les pouvoirs publics avaient alors annoncé un renforcement des contrôles sur les poissons et fruits de mer pêchés le long des côtes.

Cette centrale, située à 250 km au nord-est de Tokyo, a été gravement endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars. Les systèmes de refroidissements de quatre réacteurs sont depuis en panne, entraînant de multiples incidents et des rejets radioactifs.
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MessageSujet: Naoto Kan, arrête de mentir !   Sam 26 Mar - 11:11

ukushima : Naoto Kan, arrête de mentir !
Alors que 700 techniciens travaillent 24 heures sur 24 de manière desespérée pour éviter une aggravation de la situation de la centrale nucléaire de Fukushima, le premier ministre japonais Naoto Kan et les autorités japonaises enchaînent mensonge sur mensonge. Alors que le scénario d'une catastrophe presque au même niveau que Tchernobyl se précise, les autorités nucléaires japonaises déclarent avec un air désinvolte que "les rayonnements qui s'échappent de la centrale sont encore largement inférieurs à ceux d'un vol par avion ou d'une radio chez le dentiste." Dans ce cas pourquoi deux techniciens qui travaillaient sur le site ont-ils été gravement irradiés par des doses de 170 à 180 millisievert, soit environ 2 fois la dose moyenne pour avoir un cancer avéré à long-terme. ?

Quant au premier ministre Naoto Kan, il a attendu plusieurs jours pour "conseiller de ne pas consommer de légumes" en provenance des zones à proximité de la centrale. Encore heureux ! Le site du Nouvel Observateur dit que du césium radioactif a été mesuré à 82.000 becquerels - soit 164 fois la limite légale - dans des feuilles de de légumes "kukitachina" provenant de Motomiya, une commune de la préfecture de Fukushima. Pourtant seulement quelques jours après le début de la catastrophe nucléaire, ce même personnage avait tout fait pour minimiser l'impact de la radioactivité sur la population et les aliments ! Selon plusieurs spécialistes, la zone d'évacuation de 20 km autour de la centrale devrait être élargie à 50 au moins par précaution. Non répond le gouvernement japonais !

Enfin, ajoutons que Naoto Kan ne minimise pas les faits pour lui-même. Il sait que politiquement, une fois la crise passée, il sera complètment fini. Mais il ment pour sauver son parti et son gouvernement ! En effet, il est plus facile de mentir, de dire que cette catastrophe n'est rien, que tout va rentrer dans l'ordre pour faire redémarrer l'économie et laisser crever les irradiés en paix plutôt que d'avouer que la crise est une catastrophe qui restera associée à son nom avec une connotation très négative, d'autant plus que l'AIEA avait déja critiqué les méthodes scandaleuses de TEPCO, compagnie qui gère la centrale.
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MessageSujet: Des générations entières menacées   Sam 26 Mar - 11:18

On aurait pu croire que l'accident nucléaire de Fukushima aurait a minima favorisé un accord européen sur le contrôle de nos propres installations atomiques. Pour l'instant, il n'en est rien. Les dirigeants européens, qui se retrouvent à Bruxelles pour un sommet dès jeudi soir, se disputent sur les éventuelles mesures de sécurité à prendre. L'agenda est aussi chargé par l'actualité libyenne, ou la probable faillite portugaise. Les prétextes de diversion ne manquent pas, surtout pour la Sarkofrance peu encline à discuter de ses 58 réacteurs.

Le danger nucléaire
Au Japon, la situation ne s'améliore pas. Mercredi, la consommation d'eau du robinet était prohibée pour les nourrissons de Tokyo. Uune nouvelle fumée noire s'était échappée du réacteur 3. Ce dernier avait déjà explosé et son coeur avait été exposé à l'air libre. Trois employés de la centrale ont été hospitalisés pour irradiation. Jeudi, un bateau russe revenant du Japon a été relevé avec 3 fois la radioactivité normale. A Hong Kong, on a même trouvé des traces de particules radioactives sur des légumes en provenance du Japon.

L'Union européenne compte 143 réacteurs, dont 40% en France. 30% de l'électricité européenne provient des centrales. La transition, si transition il y a, sera longue. Depuis l'accident de Fukushima, conséquence du tremblement de terre et du tsunami, les réactions européennes ont été quasiment unanimes, ... sauf en France. Partout on s'inquiète de sécurité, sauf en France où on l'on espère sauver ce qui peut être sauver de la filière nationale

Les autorités françaises doivent en effet lutter sur un double front, national et international. Nicolas Sarkozy n'a cessé de pratiqué une diplomatie atomique. Mais dans certains Etats, comme la Turquie, regrette désormais les projets de centrales, initiés en 2008.

La singularité française
Les enjeux du débat, provoqué par la catastrophe de Fukushima, sont aisément compréhensibles : (1) quel niveau de risque atomique accepte-t-on ? Quel est le niveau de risque N'y-a-t-il pas des alternatives ?

La réaction des autorités françaises se singularisa, malheureusement. On tarda d'abord à reconnaître l'ampleur de la catastrophe japonaise, avant de louer coûte que coûte les avantages de la filière française. Sous la pression, François Fillon concéda, le 15 mars, un audit des installations, dont les premières conclusions ne seront livrées qu'en fin d'année. Jeudi 24 mars, il a enfin transmis sa lettre de mission au président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire : « je vous demande de réaliser une étude de la sûreté des installations nucléaires, en priorité les centrales nucléaires, au regard de l’accident en cours dans la centrale de Fukushima. Cet audit portera sur cinq points: les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et de perte du refroidissement ainsi que la gestion opérationnelle des situations accidentelles. Il est complémentaire aux démarches de sûreté mises en œuvre par les exploitants nucléaires sous votre contrôle. Je souhaite que vous examiniez, installation par installation, si des améliorations sont nécessaires à la lumière des enseignements qui seront tirés de l’accident de Fukushima.»

Cet « audit » est une opération de communication. L'ASN et la filière dans son ensemble réévaluent en permanence les dispositifs de sécurité à l'aune des évènements récents. Dimanche dernier, Eric Besson rassurait : « ma conviction profonde c'est que nous allons à l'avenir (...) protéger davantage nos systèmes de secours.» Notez la précision. C'est sa conviction profonde, pas une décision officielle du gouvernement dont il est pourtant le ministre.

Depuis le 11 mars dernier, date du tsunami, Nicolas Sarkozy refusa également tout débat sur le nucléaire. Jeudi 24 mars, il a répété son crédo devant des représentants des Académies des sciences des pays des G8 et G20 qu'il recevait à l'Elysée. Il a ainsi « rappelé les choix faits par la France en faveur de l'énergie nucléaire, tant pour assurer son indépendance énergétique que pour participer à l'effort planétaire de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre.»

Cette attitude caricaturale et irresponsable tranche avec celle de nos voisins. Angela Merkel a immédiatement décidé de geler pour trois mois le programme de rénovation de ces centrales. Elle a aussi ordonné la fermeture dans son pays de sept de ses plus vieilles centrales nucléaires. Ce jeudi, elle a considéré que l'accident nucléaire de Fukushima « est un événement qui bouleverse le monde et va le changer. Et c'est pourquoi je pense qu'il est juste d'observer une pause de réflexion. (...) Plus tôt on sortira de l'énergie nucléaire, mieux ce sera.» Les partisans du nucléaire précisent que la chancelière tente de redresser son image à quelques jours d'élections locales. Mais la chancelière a aussi taclé son grand ami Nicolas Sarkozy. « Discuter de façon rationnelle, cela signifie qu'il ne sert à rien de fermer des centrales nucléaires si c'est pour importer de l'énergie nucléaire de chez nos voisins.» Et paf ! Voici un débouché commercial qui se ferme à la filière française.

L'impasse européenne ?
Lundi dernier, les ministres européens en charge de l'énergie s'étaient réunis pour discuter des « récentes évolutions internationales et leur impact sur les marchés mondiaux de l'énergie et sur l'UE ». Eric Besson, représentant la France, s'est pointé avec quelques certitudes : pas question de discuter de l'âge des centrales - la France serait mal placée -. Inutile également d'évaluer la résistance des centrales aux chutes d'avion et aux actes terroristes. Mieux vaut discuter de normes de sécurité « exigeantes », comme celles que respecteraient ces fameux EPR, hors de prix et pas encore en fonctionnement. Pas sûr que ce débat soit si aisé : « en l’espace de dix ans, le nombre d'incidents mineurs et d'anomalies sur les installations nucléaires françaises a doublé » avait révélé Europe1 la semaine dernière.

Le ministre était confiant, ou têtu : « Nous sommes en pointe sur le nucléaire, en pointe en matière de transparence (...) et nous sommes en pointe en matière de sûreté.» Au final, Eric Besson a précisé que la France n'accepterait de « stress tests » que sur quatre critères : risque d'inondation, risque sismique, risque lié à la perte de refroidissement et mesures limitant les conséquences d'un accident.

Les ministres ont bien conclu qu'il faudrait garantir des normes européennes plus élevées en matière de sécurité nucléaire. On attendait le passage du nuage radioactif japonais cette semaine en Europe. Mais le commissaire européen à l'Énergie, Günther Öttinger, en est sorti pessimiste : « Il y a peu de questions en Europe sur lesquelles les gouvernements et les parlements nationaux ont une divergence de vues aussi importante que sur l'énergie nucléaire.» C'est encourageant ! Öttinger a été critiqué par les autorités françaises pour son « alarmisme.» Les Allemands voulaient des tests obligatoires. La France a refusé. La Lituanie a expliqué qu'il fallait associer les pays limitrophes de l'Europe, comme la Russie. Bref, l'impasse est totale.

En arrivant à Bruxelles, le Monarque Nicolas avait d'autres chats à fouetter que la crise nucléaire. Depuis presque 7 jours, il était chef de guerre et chef du monde. En Libye, ses Rafales venaient d'abattre un avion libyen. Et le Portugal vient de perdre son gouvernement. Le premier ministre Socrates a démissionné, et les spéculateurs ... spéculent contre la dette portugaise.

A Bruxelles, Sarkozy a bien d'autres sujets que le sort de quelques centrales nucléaires vieillissantes. Le sujet nucléaire, lui, engage pourtant des générations entières.
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MessageSujet: Les chaines alimentaires contaminées pour des siècles !   Sam 26 Mar - 12:43

e Japon a annoncé samedi avoir mesuré des niveaux d'iode radioactif 1.250 fois supérieurs à la norme légale en mer près de la centrale en péril de Fukushima , renforçant les craintes d'une rupture de l'étanchéité d'un ou plusieurs réacteurs.

Cette forte concentration aggrave les risques de contamination des produits de la mer dont raffolent les Japonais.

"De l'eau hautement radioactive s'écoule dans les bâtiments puis retourne en mer, ce qui est préoccupant pour les poissons et végétaux marins", a déclaré à l'AFP Olivier Isnard, expert de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

"Si vous buvez 50 centilitres d'eau courante avec cette concentration d'iode, vous atteignez d'un coup la limite annuelle que vous pouvez absorber", a expliqué un porte-parole de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire.



Il a toutefois ajouté que, si la radioactivité relâchée dans l'océan se diluait avec les marées, la quantité absorbée par les algues et animaux marins pourrait être moindre.

La compagnie d'électricité gérant le site, Tokyo Electric Power (Tepco), a en outre mesuré une concentration presque 80 fois supérieure à la limite légale de césium 137, un radio-élément nocif.

Mardi, un taux d'iode radioactif avait été détecté à un niveau 126 fois supérieur à la limite fixée par le gouvernement dans l'océan Pacifique.

Les pouvoirs publics nippons avaient alors annoncé un renforcement des contrôles sur les poissons et fruits de mer pêchés le long des côtes.



Un niveau anormalement élevé de radioactivité a été détecté dans une laitue à feuille rouge, dernier légume d'une liste préoccupant les consommateurs nippons, mais à un taux sans danger pour la santé, a indiqué samedi le gouvernement.

Greenpeace a annoncé samedi qu'elle allait effectuer des relevés de radioactivité en dehors de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale, dont le premier réacteur, hasard du calendrier, a célébré ce même jour son quarantième anniversaire.

Depuis le début de la crise, "les autorités ont en permanence donné l'impression de sous-estimer à la fois les risques et l'étendue de la contamination radioactive", a affirmé l'organisation écologiste.

Pour éviter une détérioration désastreuse de la situation à Fukushima, les techniciens, pompiers et militaires déployés sur place jour et nuit doivent absolument parvenir à faire baisser la température des réacteurs. Le Japon fait face à sa pire catastrophe depuis la 2e Guerre mondiale.

Cela impose la remise en marche du circuit de refroidissement, mis hors service par le séisme et le tsunami qui ont frappé la région le 11 mars, y faisant 10.418 morts et 17.072 disparus selon un dernier bilan.



Mais les opérations sont fréquemment entravées par des pics de radioactivité et des difficultés techniques, dans un danger permanent dû aux rayonnements.

Tepco a indiqué samedi avoir découvert une nouvelle quantité d'eau fortement radioactive au sous-sol du bâtiment de la turbine du réacteur numéro 1, faisant craindre un retard supplémentaire.

"Il se pourrait que de l'eau de la cuve du réacteur ait fui par des tuyaux ou des valves endommagés reliant (le réacteur) au bâtiment de la turbine", a estimé un responsable de l'agence de sûreté nucléaire.

De l'eau montant jusqu'à un mètre a également été découverte dans le sous-sol des bâtiments de la turbine des réacteurs 2 et 4, imposant des analyses pour vérifier si elle est polluée, a-t-il poursuivi.

"Il devient capital de se débarrasser rapidement de ces flaques", a insisté Hidehiko Nishiyama, un autre responsable de cette agence qui a promis de mieux surveiller les travaux d'urgence effectués par Tepco. Des opérations de pompage se sont déroulées samedi, sans que l'on connaisse leur résultat.

Trois ouvriers, chaussés seulement de bottines en caoutchouc, ont été contaminés jeudi par une flaque d'eau très fortement radioactive. Deux ont dû être hospitalisés avec des brûlures aux pieds.

"Je pense que nous avons empêché la situation actuelle d'empirer", a assuré samedi Yukio Edano, porte-parole du gouvernement.
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MessageSujet: La situation empire à vue d'oeil   Sam 26 Mar - 12:51

Depuis ce matin les réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima sont refroidis avec de l'eau douce. Une information qui est venue atténuer la tension remontée d’un cran, vendredi, à Fukushima. Comme en témoigne la décision de porter à 30 kilomètres la zone évacuée autour de la centrale nucléaire et l’annonce qu’il y aurait un danger accru au réacteur numéro 3. Mais on apprend également que la Tepco repousse encore la remise en route des systèmes de refroidissement en raison des risques pour les travailleurs intervenant sur le site, notamment sur les réacteurs 1 et 3. C'est une conséquence de l'irradiation, jeudi, de trois techniciens.

Dans le même temps, l’Agence de sécurité nucléaire japonaise (la Nisa) annonçait qu’il «est hautement probable que le réacteur 3 de Fukushima Daichi ait été gravement endommagé et rejette une quantité importante de substances radioactives».

Le propos peut sembler étrange car il n’est pas vraiment différent de ce que l’on savait déjà. Mais, alors que les spécialistes français l’assurent depuis plusieurs jours, la Nisa n’avait pas admis que l’enceinte de confinement du réacteur, en acier et béton, fuyait. Une perte d’étanchéité à l’origine de rejets radioactifs continus et non filtrés.

La réelle nouveauté se trouve ailleurs : dans l’hypothèse d’une rupture de la cuve du réacteur. Une rupture non avérée pour l’instant, mais qui pourrait avoir commencé.

Le scénario qui en découlerait ? Selon Thierry Charles, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), il dépend en grande partie de ce que le corium (le cœur fondu du réacteur) rencontrerait après avoir percé la cuve. D’abord, quelques mètres de vide. Sont-ils plein d’eau ? De vapeur ? Les ingénieurs japonais eux-mêmes ne le savent pas. Puis, 8 mètres de béton, avant la roche.

Que peut-il se passer avec la chute du corium en fusion ? «Cela dépend de sa dispersion, de la quantité d’eau. Mais le pire scénario, c’est une explosion de vapeur, suivie d’une explosion d’hydrogène», explique Thierry Charles. Cela pourrait ébranler une nouvelle fois les structures du bâtiment et relâcher des gaz et aérosols radioactifs.

Tout dépend ensuite de ce qui reste de puissance thermique. En attaquant le béton, le corium va se refroidir, mais aussi libérer des gaz inflammables (monoxyde de carbone et hydrogène). S’il se refroidit assez, il va rester coincé dans le béton. Mais s’il lui reste assez de puissance, il va le percer et se retrouver coincé dans la roche qui se trouve en dessous. Le risque est alors de voir les eaux souterraines charrier petit à petit ces matières vers la mer. «Pour l’instant, soulignait hier soir Thierry Charles après avoir appris l'épaisseur exacte du béton du radier (8 mètres), nos calculs favorisent l’hypothèse où le corium reste coincé dans le béton.»

Reste «l’affaire du plutonium». Les radionucléides «légers» se dispersent sous forme de gaz ou d’aérosols (Xénon, krypton, tellure, iode, césium, technétium, lanthane, strontium…) dans l’atmosphère. Mais qu’en est-il de la matière principale du combustible - uranium et plutonium - et des actinides mineurs (neptunium, américium et curium), atomes plus lourds formés par capture de neutrons ?

Le réacteur numéro 3 comporte plus de plutonium que les autres. Il a été partiellement chargé en MOX, qui en comporte environ 7% (contre 1% dans un combustible UOX en fin de séjour en réacteur). Le plutonium est très chimiotoxique et radiotoxique. Mais, rappelle Thierry Charles, «l’uranium et le plutonium sont lourds. Même à Tchernobyl, où ils étaient poussés par le brasier, ils ne se sont pas dispersés au-delà de 30 km. A Fukushima, c’est un enjeu de contamination important, mais local».

Vendredi midi, ce scénario noir ne semblait pas encore engagé… tout au moins au vu des niveaux de radioactivité mesurés à la porte du site de Fukushima Daichi : 0,2 millisievert par heure, contre 10 au moment des relâchages de vapeur d’eau contaminée les 13 et 14 mars, ou 2 millisieverts lundi dernier.

A court terme, le pire de ce scénario serait une aggravation de la radioactivité sur le site, interdisant d’y continuer les travaux. L’objectif de Tepco est de remettre en marche les circuits de refroidissement des piscines et des réacteurs. Depuis vendredi, les Japonais utilisent enfin de l’eau douce, apportée en grande quantité et stockée sur des barges ancrées à proximité, avec l’aide de l’armée américaine. Les réacteurs numéros 1 et 3 sont passés à ce régime qui va permettre de diminuer la teneur en sel de l’eau. Un sel qui menace vannes, moteurs, tuyaux… Le réacteur numéro 2 vient de passer à l’eau douce ce samedi matin.

Mais si la lumière est revenue dans les salles de contrôle, la remise en route des systèmes de refroidissement se heurte à la dévastation du site. Il faut vérifier les armoires électriques, les connexions, les pompes, les moteurs afin que la tentative de les redémarrer ne fasse pas «sauter les plombs partout en déclenchant des courts-circuits» et ne ruine tout espoir de stabiliser les réacteurs. Tepco, après avoir plusieurs fois annoncé la mise en route des systèmes, ne donne plus de délais. Et l'irradiation de trois techniciens jeudi vient encore retarder les opérations.

Opacité et transparence...

Opacité complète d’un côté, transparence de l’autre. C’est l’étrange pas de deux que dansent les Japonais - gouvernement, Tepco, Autorité de sûreté nucléaire (Nisa) - depuis le début de la catastrophe de Fukushima.

L’exploitant des centrales, Tepco, annonce ses relâchements volontaires et révèle le contenu exact, en atomes radioactifs, de la flaque d’eau qui a irradié jeudi trois techniciens.

Les informations officielles japonaises sur la radioactivité dégagée par les réacteurs dévastés de la centrale de Fukushima sont-elles sincères et exactes ? A cette question, la blogosphère et les internautes répondent souvent non. Au mieux «on» nous ment pour cacher la vérité. Et tout cela fait partie d’un complot nucléariste international.

De nombreux signes montrent pourtant que, sur ce plan au moins, Fukushima est l’anti-Tchernobyl. Julien Collet, directeur environnement et situation d’urgence à l’Autorité de sûreté nucléaire, explique : «Les Japonais nous donnent accès en temps réel à plusieurs balises du site de Fukushima via leur intranet de crise - Speedi - qui permet d’échanger de l’information en continu. Nous y accédons via l’agent de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à Tokyo, en accord avec eux. Je ne vois pas comment ils pourraient truquer ces données.» C’est d’ailleurs à partir de ces enregistrements et autres informations sur l’état des réacteurs que les ingénieurs américains, allemands ou britanniques confrontent chaque jour en téléconférence leurs analyses de l’accident et de ses développements. L’exploitant des centrales, Tepco, annonce ses relâchements volontaires et révèle le contenu exact, en atomes radioactifs, de la flaque d’eau qui a irradié jeudi trois techniciens.

D’autres sources d’informations indépendantes confortent la sincérité et la véracité des niveaux de radioactivité officiels. Les premières sont venues des balises des gros instruments de physique de Tsukuba, près de Tokyo. Elles mesurent, en continu, la radioactivité dans l’environnement. Elles sont gérées par des physiciens compétents en radioprotection. Et leurs mesures sont affichées en temps réel sur le Net.

Ainsi, hier à 10 h 19, une balise de l’accélérateur de particules KEK affichait 0,23 microsievert par heure. Contre une radioactivité naturelle de 0,07 à 0,09 microsievert par heure. A la même heure, la balise Teleray, installée sur le toit de l’ambassade de France à Tokyo, affichait «0,13 microsievert par heure», affirme Julien Collet.

Les mesures de radioactivité en France ou en Scandinavie, effectuées par des ONG, telle la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), ainsi que les services officiels, lors du passage de la contamination de Fukushima, ont convergé avec les annonces japonaises. Et conforté la modélisation de l’émission faite par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Cette transparence permet une bonne évaluation des risques. Ils seraient nuls en Europe ou en Amérique. Ils exigent des précautions au Japon : interdiction de récolter certains légumes dans quatre régions autour de la centrale et restriction d’usage de l’eau potable pour les enfants à Tokyo ou dans d'autres villes à chaque fois que les normes sont dépassés. Ils existent surtout pour les équipes qui tentent de reprendre le contrôle de la centrale.

En revanche, l’opacité règne sur la stratégie conduite pour venir à bout de l’accident et sur les raisons qui ont empêché une arrivée plus rapide sur le site des moyens de lutte des pompiers ou d’un câble haute tension. Aucune information, non plus, à propos d’un éventuel «plan B», si la radioactivité grimpait au-delà du supportable. Rien ne laisse entrevoir qu’on préparerait l’évacuation des personnes (plus d’un million) qui habitent entre 30 et 70 km autour de la centrale. Une procédure qui pourrait devenir nécessaire si le panache devenait plus dense et que les vents le poussaient vers l’Est.

Thierry Charles, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), s’en étonne : «Si on avait à faire face à un tel accident, nous serions plutôt heureux de voir nos collègues réaliser des calculs, des simulations d’évolutions, proposer des stratégies.» Mais voilà, il semble que de proposer son aide serait toujours vécu comme un «affront» par les Japonais.

Pourtant, le déroulement de l’accident fait douter de la capacité d’anticipation des équipes de crise de Tepco et de la Nisa, submergées par l’ampleur des destructions et le nombre des urgences.

Concentrées sur les réacteurs, elles n’ont pas vu monter la menace explosive de l’hydrogène au-dessus des piscines. Or, il aurait été possible, en perçant le toit des bâtiments, d’éviter ces explosions. Des échanges avec les équipes américaines, françaises ou allemandes auraient peut-être permis d'anticiper ce risque et de l'éviter. Il aurait aussi fallu lancer, dès le début, un appel à l’aide massif, en logistique, eau douce et matériel électrique.

Dans cette catastrophe en cours, de nombreux mystères demeurent.

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MessageSujet: Les catastrophes sont toujours prévisibles...surtout avec le nucléaire !   Sam 26 Mar - 12:56

Fukushima : le sismologue qui avait annoncé le pire
Régis Soubrouillard - Marianne | Vendredi 25 Mars 2011 à 19:01 | Lu 8476 fois
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Sismologue et professeur en sécurité urbaine à l'Université de Kobe, Katsuhibo Ishibashi ne cesse d'insister depuis plusieurs années que le Japon n'échappera à une catastrophe nucléaire déclenchée par un tremblement de terre. Son hypothèse : l'ensemble du parc nucléaire japonais a été conçu dans les années 60, à un moment où l'activité sismique était faible d'où des normes complètement dépassées.



La centrale de Fukushima (cc flickr daveeza)
Genpatsu-Shinsai. L’expression désigne en japonais une catastrophe nucléaire déclenchée par un tremblement de terre. Dérivée des mots japonais « énergie nucléaire » et « terrible tremblement de terre ». Elle est la création du sismologue japonais Katsuhiko Ishibashi. En 2007, ce professeur de sécurité urbaine à l’université de Kobé fait parler de lui dans les médias japonais en tant que « lanceur d'alerte » pour avoir jugé que la démarche d'évaluation conduite par le gouvernement pour estimer les risques subis par les centrales nucléaires face aux risques de tremblement de terre n'était ni suffisante, ni scientifique.

Surtout il met en évidence que sur les trois incidents survenus dans les centrales d’Onagawa, Shika et Kashiwazaki entre 2005 et 2007 suite à des tremblements de terre, aucune des centrales n’était conçue pour résister à des séismes de cette importance.

A l’époque, Katsuhiko Ishibashi insiste sur le fait qu'un tel accident était pourtant prévisible, et que de nombreuses centrales nucléaires présentent une « vulnérabilité fondamentale » intrinsèque face au risque de tremblement de terre et de tsunami.
Selon son raisonnement, la fragilité du parc nucléaire japonais tient au fait que le pays a commencé à baser et construire son système sur l'énergie atomique dans les années 1960-1970 alors que l'activité sismique était à un niveau relativement faible. Ceci a affecté les dessins des centrales nucléaires, qui n'ont pas été construites selon des normes assez exigeantes affirme-t-il, car depuis, le Japon a connu des séismes plus graves et des tensions se sont accumulées sur les plaques tectoniques, notamment le séisme de Kobe en 1995, jusqu’au tremblement de terre dévastateur de mars 2011.

UN PARC NUCLÉAIRE CONSTRUIT À UN MOMENT DE FAIBLE ACTIVITÉ SISMIQUE

Le sismologue Katsuhiko Ishibashi
Membre d’un comité créé par le gouvernement japonais en 2006 pour réviser les lignes directrices nationales sur la résistance des centrales nucléaires aux séismes. Il en démissionnera en 2007. Sa demande que le comité puisse réexaminer les normes concernant l’évaluation et l’arpentage des failles actives ayant été rejetée.

« Non seulement les nouvelles lignes directrices de conception des centrales sont défectueuses, mais le système pour les appliquer est en ruines » écrit alors le professeur Katsuhiko, estimant que c'est une question de chance si l'épicentre du tremblement de terre avait été assez loin des réacteurs de Kashiwasaki les plus touchés. Dans le même article expliquant sa démission, il affirme que la quasi-totalité de l’archipel japonais est entré dans une période d’activités intenses depuis le séisme de Kobe en 1995 : « à moins que des mesures radicales ne soient prises dès maintenant pour réduire la vulnérabilité des centrales nucléaires aux tremblements de terre, le Japon pourrait connaître une véritable catastrophe nucléaire dans un proche avenir » et d’ajouter « si l'épicentre du séisme avait été un peu plus proche du site de la centrale et si la magnitude avait atteint 7,5 [...] , il aurait pu se produire un "genpatsu-shinsai", un événement catastrophique associant tremblement de terre et fusion partielle ou complète du cœur d'un ou plusieurs réacteurs».

Selon les autorités japonaises, c’est alors la centrale de Tokai (dont le réacteur II est du même type que ceux de Fukushima) qui est pointé comme présentant le risque le plus important de genpatsu-shinsai, avec 87% de « probabilité » de survenue d’un séisme de magnitude 8 d’ici 30 ans. Une estimation jugée trop faible par la revue Nature...

Les avertissements du scientifique, qui estime aujourd’hui que les 55 réacteurs japonais présentent un risque de genpatsu-shinsai, seront superbement ignorés par Tepco.

EN 2007, LA PLUS PUISSANTE CENTRALE NUCLÉAIRE DU MONDE TOUCHÉE PAR UN INCENDIE
En 2007, le patron de Tepco avait pourtant déjà été contraint de s'excuser après un tremblement de terre. Le séisme de Niigata avait endommagé la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa avec ses 7 réacteurs à eau bouillante (de même type qu’à Fukushima) et ses 8.200 MW. Située à 250 kilomètres au nord de Tokyo, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa est la plus puissante du monde.

Touchée par un séisme de magnitude de 6,6 dont l’épicentre se situait à une dizaine de kilomètres de la centrales, « les tranches 3, 4 et 7 en fonctionnement lors du tremblement de terre ont été automatiquement arrêtées. La tranche 2 était en train de démarrer lors du séisme ; elle a également été arrêtée automatiquement » rapporte à l’époque l’IRSN (l’Institut de Sécurité Nucléaire).

Contrairement à Fukushima, « les sources électriques externes n'ont pas été perdues, les diesels de secours n'ont pas été sollicités ». Et surtout pas de tsunami.
A la suite du tremblement de terre, un incendie s’est déclaré sur un transformateur électrique à l’extérieur du bâtiment du réacteur de la tranche 3. Il a fallu attendre l'arrivée des pompiers de la ville pour combattre le feu d'hydrocarbure (huile contenue dans le transformateur). Engagée dans de lourdes coupes budgétaires en matière de maintenance depuis 2003, Tepco n’avait pas le matériel nécessaire sur le site. Il s’agit alors du premier cas connu d’incendie dans une centrale nucléaire résultant d’un tremblement de terre.

LES DÉRIVES DE LA PRIVATISATION DU PARC NUCLÉAIRE
EFFET JAPON: LES CHINOIS SE RUENT SUR LE SEL IODÉ
DOSSIER : JAPON, LA CATASTROPHE
DOSSIER: DÉBAT EXPLOSIF SUR LE NUCLÉAIRE
De même que Tchernobyl était un « accident soviétique » annonciateur, à bien des égards de la ruine d’un système, la multiplication des failles dans le parc nucléaire privé japonais montre toutes les limites de la privatisation des installations nucléaires et de ses dérives : sous-traitance, recherche d’économies, mise en concurrence, dérégulation etc.

La revue scientifique américaine Nature se livrera à une analyse des conséquences de l’accident de Kashiwazaki-Kariwa : si les retombées nucléaires sont qualifiées de « minimes », la revue s’interroge sur le manque de précautions des autorités nippones : « on s’interroge sur les raisons de cette installation construite sur une faille sismique active. Le Japon combine des besoins énormes en terme de capacités nucléaires et un manque de sites sismiques inactifs susceptibles d’accueillir des centrales. Si ce raisonnement ne doit pas exclure la construction de nouvelles installations, le pays doit impliquer plus les sismologues dans son processus d’approbation des sites». Premier producteur mondial d'électricité Tepco sera pointé du doigt pour son manque de transparence et d’informations à l’égard des populations et même la falsification régulière de certains documents d’inspection pendant des dizaines d'années, pour couvrir près de 200 incidents. La revue n’en conclut pas moins que « globalement, ces événements ont tendance à montrer que de tels incidents peuvent être évitées ».

Dans le même numéro de la revue qui consacrait plusieurs articles à cet accident, le correspondant à Tokyo de la revue se montrait, pour sa part, plus prudent : « personne n'est mort à la suite du dernier incident nucléaire survenu au Japon et les dommages environnementaux semblent avoir été évité. Mais est-ce le témoignage de la sûreté de la conception de ces installations ou un avertissement d’une catastrophe imminente ? ». Nous avons désormais un début de réponse.

Vas, lis et reviens
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MessageSujet: URANIUM et TRANSURANIENS. Le pire est-il déjà arrivé ?   Dim 27 Mar - 15:29

FUKUSHIMA (suite 16) URANIUM et TRANSURANIENS. Le pire est-il déjà arrivé ?

Mercredi 23 mars. 19H15. C’est une confirmation extrêmement grave à propos de la centrale de Fukushima, pouvant impliquer le relargage de produits parmi les plus dangereux pour l’homme et l’environnement – uranium, plutonium, américium, curium etc. outre l’iode et le césium volatils, qui date de ce matin. «L’enceinte de confinement du réacteur n°3 ne semble plus étanche, selon les indications de pression », précisait dans son dernier « point de situation », ce mercredi 23 mars, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. En clair, même si de l’eau de mer continue à être injectée dans la cuve du réacteur – de façon à le refroidir, non seulement l’eau s’en échappe sous forme de vapeur mais elle part aussi vers l’extérieur. Comme ce cœur n’a cessé de chauffer, on peut imaginer qu’il est même largement fondu et qu’il relargue dans cette vapeur des éléments de son contenu. Résultat : ces fumées noires ou grises qui se sont dégagées ces derniers jours au-dessus du bâtiment réacteur dévasté, qui emporteraient des gaz (gaz rares tel le Xénon), des éléments volatils (iode, césium) et, ce qui nous inquiète le plus, des aérosols contenant les produits dangereux évoqués ci-dessus.

Dès avant hier soir, nous faisions cette analyse pessimiste (1), accompagnée d’une photo symptomatique prise à l’aplomb du réacteur. A savoir l’existence d’un contact « direct » entre le cœur du réacteur et l’extérieur – air ambiant mais aussi eau de la mer, à proximité de la centrale. « Cette perte d’étanchéité, ajoute l’IRSN, serait à l’origine de rejets radioactifs « continus » non filtrés dans l’environnement.» Et, vu les implications graves de cette hypothèse, nous interpellions les autorités du nucléaire. Nous les interpellons à nouveau aujourd’hui. De quelles données disposez-vous ? Pourquoi aucune précision n’est-elle donnée ces jours-ci sur ce danger très particulier ? "Oui, il faut demander des explications. Il doit forcément y avoir émission d'aérosols, après que les pastilles d'uranium ont atteint le point de fusion", estime la physicienne Monique Sené, du GSIEN (gourpement de scientifiques pour l'énergie nucléaire).

Il s’agit en effet d’une situation d’une gravité potentielle extrême, sur laquelle les autorités japonaises doivent absolument s’exprimer. Les éléments cités plus haut, uranium et « transuraniens », sont des métaux lourds, non seulement d’une violente toxicité chimique (notamment le plutonium) mais d’une des plus grandes dangerosités en termes de radioactivité. On pourrait dire, pour faire comprendre la différence, qu’ils sont pour une même quantité, cent fois plus dangereux que le césium ou l’iode. Rappelons que ces derniers ont été incriminés depuis trois jours pour avoir contaminé dans la région de Fukushima, lait, épinards, brocolis, mais aussi l’eau à Tokyo. Uranium et transuraniens, s’ils sont inhalés ou ingérés sous forme de fines particules, comme les précédents, vont se fixer à l’intérieur du corps. Le plutonium ira dans les poumons puis se fixera de préférence dans le squelette ou le foie, l’uranium dans les reins… Là, ils émettront des particules dites « alpha » (2) qui peuvent provoquer des dommages considérables, en particulier aux chromosomes des cellules, ce qui engendre des cancers (3). Très grave aussi, ces éléments peuvent persister très longuement dans la nature. Là où l'iode a une demi-vie de 8 jours (au bout de 8 jours, il ne reste que la moitié de la quantité initiale), certains isotopes de plutonium ont une demi-vie de 80 ans, et d'autres de 24000 ans.

Mais comment a-t-on pu en arriver à pareille extrémité ? Rappelons les faits. Après le séisme, suivi du tsunami le 11 mars au nord-est du Japon, onze réacteurs se sont mis automatiquement à l’arrêt. Dont trois (n°1, n°2, n°3) à la centrale de Fukushima Daiichi, qui en compte six (les trois autres étaient déjà à l’arrêt). Cette catastrophe naturelle a engendré la seconde, à caractère technique. Faute d’électricité, les systèmes de refroidissement habituels des cœurs de réacteur (même à l’arrêt, la puissance résiduelle du combustible exige qu’on continue à le refroidir) n’ont pu être utilisés, mais les systèmes de secours avaient été endommagés. Résultat, une montée en puissance, un réchauffement, un dénoyage des cœurs, une obligation d’injecter de l’eau de mer pour refroidir et éviter une situation totalement incontrôlée. Obligation aussi, de faire des relargages de vapeur chargée de produits radioactifs volatils pour faire diminuer la pression dans les cuves. Problème : une première explosion, le 12 mars, sur l’unité n°1, due à une accumulation d’hydrogène (4) qui a fait voler le toit du bâtiment. Et surtout, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, explosion extrêmement violente le 14 mars dans l’unité n°3. Phénomène vu en direct par les caméras de surveillance et qui a fait le tour des écrans de la planète. C’est à ce moment-là que tout aurait basculé dans ce réacteur aujourd’hui en perdition, dont « l’enceinte biologique » a sauté, permettant aux rayonnements de sortir violemment, d’où les obligations répétées d’évacuation. Dénoyé, le coeur pourrait être en train de brûler vers 2800°. Et connaître ce que l’on pourrait appeler des sortes de « pulsations » internes de ce feu nucléaire. En clair, il pourrait y avoir, localement, dans le combustible, reprise de la réaction en chaîne, ce que l’on baptise « reprise de la criticité ». On aura compris qu’il ne s’agit pas d’une explosion comme dans une bombe atomique – on l’aurait vue ! –, mais d’un amorçage de la réaction nucléaire qui se calme ensuite. Un peu comme un feu qui dort et parfois se ranime. Et c’est à ces moments-là qu’il y a émission des fameuses « fumées noires ». Fumées porteuses de danger.

Thierry Charles, directeur à l’IRSN (spécialiste du cycle du combustible, des questions de criticité etc.), travaillant dans les cellules de crise que l’Institut a mises en place depuis les débuts de la catastrophe, nous a précisé hier que ses équipes travaillaient sur un scénario particulier – bien sûr tout à fait plausible. « Le cœur du réacteur a fondu ainsi que le fond de la cuve et tout l’ensemble, sous forme de corium [mélange de combustible et de métal fondus] se trouve sur le béton » du bas de l’enceinte. On imagine la situation : cet ensemble très chaud grignote le béton et de fait, l’équipe de l’IRSN s’efforce d’évaluer « jusqu’où le corium pourrait descendre ». Sans connaître les détails exacts de l’installation, cela n’est pas facile à faire et, si ce n’était un plaisanterie mal placée, on dirait qu’on se remet à penser à ce que l’on a longtemps appelé « le syndrome chinois »… Thierry Charles, quant à lui, ne veut pas croire au relargage de transuraniens, « nous n’avons pas vu d’augmentation de la radioactivité sur les balises autour de la centrale, balises dont nous recevons les données ». Nous nous permettrons, ici, de faire une hypothèse politiquement incorrecte : et si toutes les données n’étaient pas transmises !

Comme si cela ne suffisait pas, le réacteur n°2 fait lui aussi des siennes. Une explosion hydrogène (non visible par la caméra de surveillance contrairement aux deux autres) ayant endommagé le bas de l’enceinte de confinement, il est peut-être en train de prendre le chemin de son voisin n°3. Le cœur, s’il en est venu à fondre inconsidérément, a peut-être percé la cuve et attaquerait les bases en béton. On ignore si la situation est aussi dramatique mais le fait est que l’irradiation est devenue telle hier sur ce réacteur qu’il a fallu aussi faire évacuer les personnels.

Enfin, sont à surveiller avec tout autant d’attention que les réacteurs en surchauffe les piscines dans lesquelles sont entreposés les assemblages de combustible usagé. Elles doivent en permanence être réalimentées en eau, car le combustible usagé, lui aussi, doit être constamment refroidi. Mis à l’air, il brûle violemment et relâche tous les produits radioactifs, dont les plus dangereux, déjà évoqués. « Des appoints d’eau, sur la piscine n°4, ont pu être réalisés par un système de bras articulé de façon efficace. D’autres engins de même type sont attendus sur le site », a précisé l’IRSN. On avoue ne pas savoir estimer, à l’heure qu’il est, le temps qu’il va falloir aux opérateurs, dans un environnement détruit et violemment radioactif, pour maîtriser tous ces « feux » et enfin « refroidir » tous ces points chauds de la centrale de Fukushima. Un mois, un an, cinq ans, dix ans ?

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MessageSujet: Situation de plus en plus inquiétante   Lun 28 Mar - 15:14

Pour la première fois, Tebco annonce avoir découvert de l'eau fortement radioactive à l'extérieur du bâtiment abritant le réacteur 2. De son côté, l'Autorité de sûreté nucléaire française estime que la contamination s'étend bien au-delà de la zone des 30 km autour de la centrale de Fukushima.


13H50. La contamination s'étend "bien au-delà" des 30 km
Selon l'ASN, l'Autorité de sûreté nucléaire française, des "taches de contamination" radioactives sont présentes bien au-delà de la zone de sécurité de 30 km autour de la centrale de Fukushima. Pour l'ASN, la contamination "va s'étendre sur des zones considérables", probablement au-delà d'un rayon de 100 km. De plus, la gestion des territoires contaminés devrait prendre "des années, voire des décennies".

10H50. De l'eau fortement radioactive à l'extérieur du réacteur 2
Pour la première fois, de l'eau fortement radioactive a été découverte à l'extérieur du bâtiment abritant le réacteur 2 et sa turbine. Un nouvel élément inquiétant : cette eau pourrait avoir ruisselé jusqu'à la mer, toute proche.

10H30. Près de 20 jours après le séisme, la pénurie de papier-toilette s'installe
A chaque crise, les Japonais font des stocks de produits de première nécessité, un réflexe qui conduit à une pénurie de papier-toilette à Tokyo, des usines étant arrêtées et les circuits logistiques interrompus à cause du séisme.
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MessageSujet: Fukushima: «Les Japonais se trouvent dans une impasse»   Mar 29 Mar - 15:02

Fukushima: «Les Japonais se trouvent dans une impasse»
TCHAT
La situation continue à se dégrader dans la centrale, avec la découverte d'eau extrêmement radioactive et de plutonium. L'exploitant japonais Tepco a lancé un appel à l'aide aux industriels du nucléaire. Sylvestre Huet, journaliste à Libération a répondu à vos questions.
Réagir

Image fournie par Tepco via Jiji Press montrant la salle de contrôle du réacteur 2 de la centrale de Fukushima, le 25 mars 2011. (AFP/photo AFP)

Hubert. Le MOX produisant une quantité critique de plutonium, risque-t-on une explosion majeure ?
Francoiss. Comment du plutonium peut-il se trouver à l'extérieur de la centrale ? quelle est son origine ? à cause du MOX / au reacteur numero 3 ? Les autres reacteurs (sans MOX) peuvent-ils aussi dégager du plutonium ? trouve-t-on également du plutonium dans la zone d'évacuation des 20 km ?

Sylvestre Huet. Les traces de plutonium trouvées sur le site sont en très faibles quantités, pas vraiment différentes de celles provoquées par les essais de bombes atomiques. Ce qui fait penser qu'une part peut provenir des réacteurs accidentés est la proportion entre l'isotope 238 et les 239 et 240. Si ce plutonium provient d'un ou des réacteurs accidentés cela prouve une nouvelle fois que les cuves ne sont plus étanches, mais on le savait déjà pour les réacteurs 2 et 3. Le plutonium trouvé, s'il vient d'un réacteur, peut provenir du 3, mais également du réacteur 2. Certes, le 3 a été chargé partiellement en combustible MOX qui comprend, si mes souvenirs sont bons, environ 7% de plutonium, mais il y a aussi du plutonium dans le réacteur 2 formé par des atomes d'uranium ayant captés des neutrons.
Le risque d'explosion nucléaire à proprement parler peut survenir que dans le coeur du réacteur ou dans le corium, c'est-à-dire le coeur fondu. Mais pour cela il faudrait qu'une masse critique soit réunie par un processus difficile à imaginer. Le risque d'explosion, et donc de dispersion accrue de radioactivité, provient plutôt de la chute du corium sur de l'eau ou du béton. A ma connaissance, il n'y a pas eu de plutonium retrouvé ailleurs que sur le site, mais il n'est pas évident qu'il ait été recherché.

Maruku. Les populations aux alentours de la centrale de Fukushima ont été évacuées sur 20 km. Objectivement, sachant que des mesures de 0.1 mSv/h sont relevées à Sendaï, ne devrait-on pas étendre la zone d'évacuation ?
Nicocoulier. Tokyo est-elle menacée par les radiations ? A moins de 300 kilomètres d'un site gravement souillé, cela me semble extrêmement préoccupant pour une mégalopole.
Stix. Pourquoi sont-ils si réfractaires à évacuer la population dans un plus grand rayon, vu l'énorme danger de très nombreux cancers et malformations au futur?
L'évacuation a en réalité été étendue à 30 kilomètres. D'après les spécialistes français cette zone est, pour le moment, suffisante. Mais si des émissions radioactives plus importantes se produisent il faudra élargir cette zone, par précaution. Si la zone à évacuer fait 70 kilomètres de rayon, alors cela concernerait plus d'un million de personnes. Il n'y a aucun signe que le gouvernement ait préparé cette éventualité, ce qui semble étrange, car rien ne permet d'assurer qu'elle ne sera pas nécessaire.
Tokyo est à environ 250 kilomètres. Même dans le cas d'une émission plus importante il n'est pas évident qu'il soit utile de déplacer sa population. Pour l'instant, la contamination radioactive est encore très inférieure à celle provoquée par l'accident de Tchernobyl. D'abord parce que l'émission est très inférieure, et aussi parce que l'essentiel s'est dilué au-dessus du Pacifique.

Cher. Avez-vous des informations plus précises sur l'état des réacteurs et des piscines? Le fait que Tepco ait fait appel aux spécialistes français signifie-t-il que les ingénieurs japonais sont complètement dépassés ?
Claudius. Quelles solutions sont à la disposition des intervenants?
Xav. L'attitude de Tepco m'étonne : pourquoi avoir attendu que la situation ait suffisamment empirée pour demander de l'aide ?
Zongo. Y-a-t-il une différence entre l'appel d'hier de Tepco aux sociétés françaises (EDF, Areva) et l'aide internationale déjà fournie (appel aux experts américains, envoi d'acide borique ...) ? qu'espère obtenir Tepco ? des conseils ou des moyens logistiques ?
Joko. On a souvent entendu que le Japon déclinait l'aide de la France du fait des différences de technologies utilisées dans les réacteurs français. En quoi les experts français peuvent-ils désormais leur être utiles ?
Les réacteurs 1 - 2 et 3 sont toujours en situation critique, puisque leur refroidissement n'est pas garanti sur la durée encore nécessaire pour les mettre en «arrêt à froid». Les cuves des réacteurs 2 et 3 ne sont plus étanches. Celle du 1 le semble toujours. Les trois enceintes de confinement semblent inétanches. Les trois sont désormais refroidis avec de l'eau douce qui est injectée directement. Les salles de commandes sont alimentées en électricité. Mais les opérateurs n'osent pas remettre en service les systèmes de refroidissement de secours avant d'avoir vérifier tous les matériels et refait en grande partie les circuits électriques. Les coeurs des trois réacteurs ont en partie fusionnés et cette destruction est à l'origine de toutes les émissions de radioactivité. L'eau très contaminée qui a coulée vers les salles des machines (turbines) et qui empêche d'y travailler provient manifestement pour les réacteurs 2 et 3 du circuit primaire, c'est-à-dire celui en contact avec le coeur. En revanche, du côté des piscines il y a un mieux. Les températures sont acceptables, les niveaux d'eau aussi. La piscine commune et celles des réacteurs 5 et 6 utilisent leurs circuits normaux de refroidissement.
L'appel à l'aide lancé hier montre que les Japonais ont le sentiment de se trouver dans une impasse. Ils ont tout misé sur la remise en route des systèmes de refroidissement de secours, mais pour le faire ils doivent réinstaller les systèmes électriques. Or, tout ce travail se heurte à la contamination du site, comme l'a montré le blocage rencontré dans les salles des machines. S'ils ne trouvent pas rapidement une parade aux problèmes posés par cette eau contaminée, ils vont devoir changer de plan, mais ont-ils un plan B? c'est la question que l'on se pose depuis le début. D'après mes contacts c'est d'ailleurs autant, voire plus, d'idées qu'ils cherchent du côté des industriels étrangers que du matériel. Vous vous demandez pourquoi cet appel à l'aide vient si tard... moi aussi, j'ai posé cette question depuis plus de dix jours.

Guylaine. Pensez-vous que le scénario de Tchernobyl, à savoir la construction d'un sarcophage en béton, soit envisagée/ envisageable ?
Damok. S'il n'y a pas de plan B, c'est quoi la suite ? Une situation à la Tchernobyl ?
Titi. Après la crise, la centrale sera-t-elle recouverte d'un sarcophage comme à Tchernobyl, ou simplement décontaminée ?
Pour l'instant, personne ne sait comment traiter le site, lorsque le danger des réacteurs sera écarté. Un sarcophage sur l'ensemble me semble exclu. L'extraction des combustibles des piscines sera probablement un très long cauchemar.

Hervé. Au sujet de la contamnation : y aura-t-il, comme à Tchernobyl, une zone importante d'exclusion pendant des dizaines d'années ? Que penser de la contamination de l'océan et des produits de la mer ? Faudra-t-il contrôler les bateaux de pêche ?
La contamination va poser des problèmes très différents, selon l'éloignement de la centrale. Dans la mer, il faudra contrôler les produits de la pêche le long du littoral nord-est du Japon et surveiller la contamination dans la chaîne alimentaire. En revanche, à plus large échelle dans le Pacifique, la dilution permettra d'éviter de réels problèmes sanitaires. Au Japon, la zone autour de la centrale sera probablement interdite longtemps, et il faudra surveiller des îlots de contamination provoqués par les pluies, à plusieurs dizaines de kilomètres.

Liquidateur. Vous dites «Pour l'instant, la contamination radioactive est encore très inférieure à celle provoquée par l'accident de Tchernobyl. » Quelles sont vos sources quand vous calculez cela? Uniquement les données de Tepco ou bien a-t-on des sources plus fiables et indépendantes?
Les spécialistes disposent de sources indépendantes pour estimer la contamination émise. Des balises situées dans d'autres pays (Canada, Etats-Unis, Scandinavie, France...) permettent de mesurer cette contamination et en reconstruisant sa dispersion de calculer combien a été émis à la source. Les calculs des différents services de ces pays convergent vers une estimation tournant autour de 10% de Tchernobyl faite Il y a quelques jours, mais les émissions continuent.
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MessageSujet: Fukushima : 11.500 tonnes d'eau radioactive à la mer   Lun 4 Avr - 15:24

Fukushima : 11.500 tonnes d'eau radioactive à la mer
Mots clés : Centrale Nucléaire, Radioactivité, JAPON, Fukushima, Iode 131, Césium 137

Par Pauline Fréour

04/04/2011 | Mise à jour : 17:15

L'océan à proximité de Fukushima est déjà fortement pollué en raison des fuites de la centrale. Crédits photo : HO/REUTERS
Tepco a commencé à rejeter dans l'océan des milliers de tonnes d'eau contaminée accumulées dans la centrale de Fukushima. Les autorités japonaises estiment que les conséquences sanitaires seront faibles.

L'opération est présentée par l'opérateur de la centrale de Fukushima comme étant sans danger, mais elle a de quoi impressionner. Ce lundi, Tepco a commencé à rejeter 11.500 tonnes d'eMau «faiblement radioactive» dans l'océan Pacifique.

Dix mille tonnes proviennent de réservoirs que la société souhaite vider pour y reverser un autre volume d'eau, hautement radioactive celle-ci, qui a été utilisée pour refroidir les barres de combustible des réacteurs endommagés par le séisme. Accumulée dans les salles des machines, en particulier dans celle du réacteur 2, cette dernière empêche pour l'instant les ouvriers de réparer le réseau électrique et les circuits de refroidissement de la centrale.

Les 1500 tonnes restantes proviennent des réacteurs 5 et 6 de la centrale. Elles seront déversées dans l'océan sur cinq jours, à raison de 300 tonnes quotidiennes.

Les larmes d'un porte-parole de Tepco
Tepco a affirmé que les rejets en mer n'auront pas de conséquence sur la santé. «Un adulte qui consommerait chaque jour des algues et des produits de la mer de cette région peut être exposé à une radioactivité d'environ 0,6 millisievert sur un an. Dans l'environnement naturel, les gens sont exposés à des radiations de 2,4 millisieverts par an», a affirmé un représentant de la société. Mais un peu plus tard, un porte-parole de l'opérateur de la centrale, ému aux larmes et la voix brisée par les sanglots, s'excusait à la télévision pour cette pollution. «Nous avons déjà causé tellement de souffrances et de torts aux habitants locaux. Nous ne pouvons exprimer combien nous sommes désolés d'avoir à imposer ce nouveau fardeau», a-t-il déclaré.

«Nous n'avons pas d'autre choix que de rejeter cette eau contaminée dans l'océan comme mesure de sécurité», a déclaré pour sa part le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano, à la télévision.

La mer est déjà fortement contaminée
Didier Champion, directeur de l'environnement et de l'intervention à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, ne disposait pas lundi de données précises sur la concentration en particules radioactives de l'eau rejetée dans le Pacifique par Tepco. Mais il estime qu'il peut effectivement s'agir d'eau faiblement radioactive. «Toutes les centrales nucléaires ont des stations de traitement des eaux, où la radioactivité est abaissée avant le rejet en mer. On peut donc s'attendre à Fukushima à ce que ce soit ce type d'effluents qui soient relâchés», explique-t-il au Figaro.fr. Selon l'agence Associated Press, l'eau rejetée dans l'océan présenterait un taux de radioactivité 500 fois supérieur aux limites légales.

Dans tous les cas, rappelle Didier Champion, l'eau polluée va être versée dans une mer déjà «fortement contaminée». La centrale est en effet fissurée et de l'eau hautement radioactive s'écoule depuis plusieurs jours directement dans le Pacifique, dont le rivage n'est distant que de quelques dizaines de mètres. Une brèche de 20 cm a été découverte ce week-end dans le béton d'une fosse de maintenance. Elle a été remplie de béton puis d'un polymère spécial, mais sans succès.

Les populations ne seront pas directement menacées par ce déversement, contrairement à un rejet atmosphérique. «Une partie des particules radioactives va se fixer dans les sédiments près du littoral, tandis que d'autres vont se disperser au large, explique Didier Champion. Nous ne nous attendons pas à un impact sévère loin de la côte. Le principal risque pour la population réside dans la consommation de poissons, crustacés ou algues contaminés, explique Didier Champion. Je recommanderais d'interdire la pêche dans cette zone». Quant aux embruns, ils peuvent disperser dans l'air une partie de la contamination, mais ces particules n'atteindront qu'un littoral déjà fortement pollué.

L'incertitude règne aussi concernant l'impact de la radioactivité sur les écosystèmes. «Pour commencer, on ne sait pas encore dans quelle mesure le tsunami a lui-même endommagé les écosystèmes», relativise Didier Champion. A imaginer que ceux-ci n'ont pas été détruits par la catastrophe naturelle, la radioactivité entraînera avant tout un problème de ressources pour les hommes, qui ne pourront plus consommer les produits de la mer. En revanche, «au regard de précédentes études d'écotoxicologie, on ne s'attend pas à un grand bouleversement à l'échelle de l'écosystème littoral», estime l'expert de l'IRSN.
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