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 Les errements de Monseigneur Caténaire...

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MessageSujet: Les errements de Monseigneur Caténaire...   Ven 11 Fév - 6:12

EN AVIGNON : la désinformation et les contre-vérités des thuriféraires de Mgr Cattenoz
Par Christian Terras
Dans un article paru sur le site conservateur catholique « Liberté politique », sous une forme développée, on peut lire, une tentative de discréditer la grande révolte des catholiques du Vaucluse contre leur archevêque Mgr Jean-Pierre Cattenoz. Cet article ne tient pas compte des griefs profonds formulés contre cet évêque contestable, y compris par des personnes très éloignées du progressisme ! (cf. à ce sujet dans le Trombinoscope des évêques 2011 le portrait de Mgr Cattenoz). Ce sont souvent des chrétiens classiques, qui n’en peuvent plus, qui élèvent la voix et veulent se faire entendre. Après s’être longtemps senti culpabilisé par une attitude de dissidence qu’ils n’ont fini par adopter qu’au prix de lourds débats de conscience. L’article de « Liberté politique » semble vouloir dire que les manifestants participent tous d’une idéologie progressiste, ce qui est faux. Et le serait-ce, qu’est que cela changerait au final sur l’autoritarisme scandaleux de l’évêque d’Avignon ? Un raccourci donc qui a l’avantage de faire l’impasse sur le fond de l’affaire.

A lui seul, le titre de l’article est déjà fort déplaisant et inexact :« Les » auditeurs « autoproclamés du diocèse de Mgr Cattenoz ». En aucune façon, les chrétiens qui protestent face à l’autoritarisme d’un évêque réactionnaire et borné, ne prétendent faire un " audit ". Le bilan et le point de l’activité de leur pasteur. Mais réagir comme la dignité de membres à part entière du peuple de Dieu le leur permet.

Avant de parcourir plus en détail cet article émaillé de contre-vérités, il convient de préciser qu’il a été écrit par un couple de laïcs engagés très actifs, de tendance franchement conservatrice, et qui ont justement été choisi par l’archevêque Cattenoz dont il partage les choix de fond. Le témoignage est donc partisan. Ce qui en relativise considérablement la portée. Alex et Maud Lauriot-Prévost ne cherchent certainement pas à tromper qui que ce soit. Il n’en demeure pas moins qu’ils font objectivement une oeuvre de désinformation en raison - entre autres - du point de vue qui est le leur : celui de délégués épiscopaux à la pastorale conjugale et familiale.

Mais parcourons le crayon à la main le texte du couple qui se fait avocat et même thuriféraire de l’archevêque d’Avignon. Il évoque une « incroyable opposition frontale » comme si elle relevait d’un complot et était d’emblée mijotée par certains. Rien de plus faux : c’est peu à peu, et non sans mal, que des chrétiens loyaux et fidèles en sont venus à exprimer leur exaspération. Cette « opposition » n’est en rien « incroyable » puisqu’elle est née au contraire d’une succession d’attitudes et de positions de Mgr Cattenoz, plus insupportables les unes que les autres.

Une grave faute d’analyse

Ce serait d’ailleurs très mal connaître le diocèse d’Avignon que d’y voir des rebelles affectés de ce que le théologien Hans Urs Von Balthasar dénonçait comme le « complexe anti-romain » (lui qui pourtant, plus jeune, se fixait pour programme de « raser les bastions »).

Archevêque d’Avignon pendant près d’un quart de siècle, Mgr Raymond Bouchex, un Savoyard aujourd’hui décédé incarnait une ligne d’extrême prudence. Il ne fut jamais contesté par les siens. On ne peut - d’un simple point de vue d’historien - comparer la situation d’aujourd’hui en Avignon à celle de 1969 en Grenoble, en pleine fronde de l’après-Concile, lorsqu’un diocèse fit partir un évêque déphasé (Mgr André Fougerat).

On ne peut davantage comparer la colère actuelle en Avignon à la situation du diocèse de Meaux en 1986, après le limogeage indigne par Rome de l’évêque d’alors, Mgr Louis Kuehn, jugé trop progressiste, et son remplacement par un carme gentil mais nullement taillé pour la fonction, Mgr Guy Gaucher.

Les révoltés d’Avignon sont des fidèles loyaux qui n’en peuvent plus. Il est donc absurde dans ce cas présent de parler d’une volonté de critiquer systématiquement l’institution. Comment peut-on évoquer comme le fait l’article en des termes déplaisants les « poncifs éculés des progressistes radicaux ». A la limite on accepterait ce jugement dépréciatif s’il exprimait une opposition idéologique. Mais ce n’est précisément aucunement le cas. Les Avignonnais n’en peuvent tout simplement plus et ne s’inscrivent pas dans le courant dénoncé avec tant de mépris par les auteurs de l’article. Autrement dit il ne s’agit pas seulement d’un jugement offensant mais d’une grave faute d’analyse !

Au plan théologique, l’article déraille tout autant. Il évoque un groupe de laïcs « sans aucune légitimité ni ministère ». Et le baptême ? Et le sacerdoce commun ? L’Église serait-elle donc une caserne où il faut obéir le petit doigt sur la couture du pantalon ? Certains le pensent certainement à l’instar par exemple des « Hérauts de l’Évangile » qui sévissent au Brésil et peut-être bientôt en France dans l’héritage des militants d’extrême droite de « Travail, Famille, Propriété » (cf. à ce sujet le prochain Golias Hebdo, à paraître jeudi 3 février).

Inutile de revenir sur l’expression « tribunal populaire définitif », absurde et fausse. La plainte blessée et révoltée de loyaux catholiques du Vaucluse n’a rien de commun avec le zèle d’un Fouquier-Tinville. Passons ! Il est également fort de café de prétendre que Mgr Cattenoz aurait laissé « sa place à la diversité des expressions et des sensibilités ». Alors que c’est son autoritarisme qui est perçu comme insupportable, y compris – répétons-le - par des chrétiens qui ne sont pas forcément d’une sensibilité éloignée de celle de Jean-Pierre Cattenoz.

Au plan théologique, un article qui déraille

Obligés tout de même de faire une concession aux détracteurs du prélat, les auteurs de l’article veulent nous faire croire que Mgr Cattenoz a changé - changeant tout à coup leur fusil d’épaule pour sembler admettre que finalement il y a avait bien un problème au départ ! Mais les rares avancées du dialogue semblent relever surtout de l’obligation pour le prélat de ne pas aller jusqu’au bout d’un bras-de-fer insensé.

Après avoir fait preuve d’un peu de prudence et de diplomatie, les deux auteurs repartent ensuite à la charge pour discréditer sans preuve mais par l’opprobre jetée les critiques pourtant nuancées et basées sur des faits de ceux qui contestent non l’autorité mais l’autoritarisme de Mgr Cattenoz. Il est facile de pratiquer l’invective, sinon l’injure évoquant : « Des arguments rongés jusqu’à la corne, des procès d’intention, des fantasmagories qui montent en épingle et déforment des micro-évènements, une désinformation menée par des leaders qui affolent leur ouailles (sic l’accord manqué) avec des rumeurs ». Et l’odieux est atteint lorsque l’article fustige de la part des catholiques d’ouverture inquiets de certains parachutages en effet irréfléchis - sur seul critère de rectitude idéologique - une « sorte de repli pavlovien et frileux sur l’entre-soi vauclusien ». Ce n’est évidemment pas cela qui en question.

Si « manipulation » il y a, elle consiste bien dans cet article à occulter les vrais problèmes et les vraies questions. A minimiser à l’extrême les maladresses et les outrances de l’archevêque Cattenoz, à l’origine de l’exaspération. Et ce sur fond de dénigrement caricatural d’une ligne pastorale de dialogue et d’ouverture avec laquelle Mgr d’Avignon semble effectivement avoir rompu. Quitte au passage à tomber dans le contre-sens lorsqu’il écrit des « progressistes » (ouh les vilains !) : « Leur matrice de pensée semble se structurer sur l’opposition entre l’engagement dans le monde et la vie spirituelle ». Contre-sens, car l’intuition de base du christianisme d’ouverture est précisément l’incarnation qui est l’inverse même de cette soi-disant opposition.

L’arrogance et le mépris comme argument

Avec arrogance et mépris, l’article parle d’« immaturité chrétienne » et, sans avoir peur des paradoxes, d’une « génération vieillissante » ; ou même d’« un pathétique chant du cygne ». En somme des vieillards au bout du rouleau et des losers qui, toujours selon l’article, mèneraient un combat « féroce » contre l’archevêque.

Insulter un contradicteur est toujours un moyen, parfois efficace, mais déloyal, d’occulter ce qui est véritablement en question et l’enjeu d’une polémique. En l’occurrence, une mauvaise gouvernance épiscopale, en effet articulée à une certaine théologie pastorale en recul. Mais irréductible à l’aspect idéologique car beaucoup de fidèles sont davantage blessés par l’attitude de l’évêque qu’ils ne sont agacés par ses idées. Cette hargne qui traverse cet article « féroce » (?) dans « Liberté Politique » nous révèle au moins la tension qui existe, et qui est à son comble. Au-delà du fait incontestable que les chrétiens d’ouverture et de base de nos paroisses en général sont souvent - mais pas toujours - plus âgés que les quarterons d’intégristes et de fondamentalistes qui font illusion - car en proportion ils ne pèsent pas si lourd - , mesurées à l’avancée de la société toute entière, la ligne et les postures de l’archevêque Cattenoz suscitent une vaste indignation et beaucoup de tristesse de croyants qui n’y reconnaissent plus l’Évangile du Christ.

En conclusion peut-être paradoxale il nous semble intéressant de noter que, malgré eux sans doute, les auteurs de ce texte montrent bien le lien qui existe entre une théologie réactionnaire et une pratique autoritariste. Dans certains cas ce n’est pas probant - en effet- mais précisément parce que les hommes sont souvent contradictoires. Pourtant, en soi, il y a un lien entre une théologie intransigeante et une pratique cassante de l’exercice du pouvoir. Ce qui justifie le combat que Golias continue à mener non pour diaboliser un homme - qui participe aussi d’une mentalité - pour réels que puissent être les griefs visant son caractère, mais pour dénoncer une déformation de l’Évangile, qui à la longue et poussée jusqu’au bout, ne peut devenir qu’insupportable.

Comme Insupportable Monsieur d’Avignon ! N’en déplaise à ses thuriféraires !

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