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 Situation calamiteuse

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MessageSujet: Deux détenus, dont un mineur, se sont suicidés dans les prisons françaises mardi, portant le total depuis le début de l'année à environ 20 personne   Mer 24 Fév - 7:15

Deux détenus, dont un mineur, se sont suicidés dans les prisons françaises mardi, portant le total depuis le début de l'année à environ 20 personnes, annonce la CGT.

Ces deux personnes se sont donné la mort par pendaison dans la matinée de mardi à la maison d'arrêt de Rennes pour l'un et dans l'établissement pour mineurs d'Orvault (Loire-Atlantique) pour le second, a précisé à Reuters un membre du syndicat.

Ces prisonniers faisaient l'objet d'un signalement pour risque suicidaire.

Ces décès portent le bilan des suicides en prison en 2010 à "environ 20" selon la CGT, 19 selon l'association Ban public.

Ils font suite au suicide médiatisé de Jean-Pierre Treiber, garde-chasse soupçonné d'un double meurtre qui s'est pendu samedi à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

L'administration pénitentiaire ne communique pas officiellement. Le nombre de suicides en prison en France a déjà augmenté en 2009, à 115 contre 109 l'année précédente, un chiffre qualifié de dramatique par la ministre de la Justice.

Si l'on inclut les détenus bénéficiant d'un régime de semi-liberté, de permissions, d'hospitalisations, ou sous surveillance électronique, le chiffre était de 122 en 2009.

La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a promis en fin d'année dernière la formation des personnels pénitentiaires, la remise d'un "kit anti-suicide" aux personnes arrivant en détention, avec notamment des draps en papier, et la désignation de "détenus de soutien".

La France est le pays d'Europe de l'Ouest où le phénomène du suicide en prison est le plus important sur la période 2002-2006, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) publiée en 2009.

Le chiffre est de 20 suicides pour 10.000 détenus sur cette période, ce qui place la France loin devant le Danemark (13), la Belgique, le Portugal et le Royaume-Uni.

Le taux de suicides dans les prisons françaises a quintuplé en 50 ans alors qu'il a dans le même peu évolué dans la population en général, remarque l'Ined.
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MessageSujet: Nouveau suicide à Corbas ...dans le silence des repus !   Ven 26 Fév - 6:42

Un détenu s’est pendu, mercredi soir, à la maison d’arrêt de Corbas.
L’homme, placé dans le quartier disciplinaire a été retrouvé mort dans sa cellule par les gardiens lors de la ronde de 23h . Il C’est le 3ème suicide depuis l’ouverture du nouvel établissement pénitentiaire lyonnais ouvert en mai 2009 en remplacement des prisons devenues trop vétustes de St Paul et St Joseph. En France, 9 détenus se sont donnés la mort en prison depuis le début de l’année.
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MessageSujet: Prisons - Le contrôleur général décerne la palme de l’insalubrité à Mulhouse   Ven 5 Mar - 5:50

Prisons - Le contrôleur général décerne la palme de l’insalubrité à Mulhouse

Samy Mouhoubi, le vendredi 5 mars 2010 à 04:00

l



Dans ses recommandations, il fustige les conditions de détention de la maison d’arrêt dont la ville est administrée par l’actuel secrétaire d’Etat à la Justice.

Le constat est accablant et démontre, une fois de plus, que la tâche s’annonce titanesque. Ses réprimandes en forme de recommandations sont d’autant plus grinçantes qu’elles concernent la prison de Mulhouse (Haut-Rhin) dont le maire n’est autre que Jean-Marie Bockel, le secrétaire d’Etat en charge de la Justice, chargé, entre autres et à ce titre, de ce qui a trait à la vie carcérale.

A l’instar d’une kyrielle d’établissements français, la maison d’arrêt Mulhousienne semble battre des records d’indignité en terme d’hygiène. Telles sont les conclusions du contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, dont les recommandations viennent tout juste d’être publiées au Journal officiel (JO).

Déplorant des conditions de vie « indignes », il s’est dit dans l’obligation « de signaler qu’il n’a jamais été confronté, dans un établissement pénitentiaire, à une situation aussi dégradée depuis le début de sa mission. » Les motifs de tirer la sonnette d’alarme sont légion.

« Des conflits internes incessants perturbent gravement le fonctionnement de cet établissement » tandis que « les violences habituelles entre détenus sont l’une des conséquences de ce climat délétère », détaille le contrôleur, nommé à ce poste en juin 2008 afin d’exercer un contrôle indépendant sur quelque 5.800 lieux d’enfermement (prisons, centres de rétention, hôpitaux psychiatriques…)

La liste des griefs à mettre au débit de la maison d’arrêt de Mulhouse ne s’arrête pas là. Des locaux vétustes, un sol dégradé, des peintures écaillées, ainsi que la présence en nombre de rats et cafards. Pour Jean-Marie Delarue, l’hygiène « souffre de la présence de nombreux nuisibles et le réseau électrique, comme la plomberie, sont en très mauvais état ».

Le contrôleur relève en outre que les cellules d’attente au sous-sol de la prison sont « particulièrement indignes et il ne devrait pas être admis d’y laisser séjourner des détenus »…
Une promesse de trente ans…

Pour lui, comme pour nombre d’observateurs, les travaux engagés depuis la visite des cinq contrôleurs de son service, en juillet 2009, sont loin d’avoir assaini la catastrophique situation sanitaire décrite sur place.

Selon lui, les quelques « actions positives » ponctuelles menées pour améliorer la vie des détenus sont encore beaucoup trop timorées pour envisager de maintenir la prison en l’état. Moralité : vu l’état général de l’établissement, « à ce point dégradé », insiste-t-il sans barguigner « il conviendrait de s’orienter vers la construction d’un nouvel établissement pénitentiaire. »

Et pour cause. Selon le site de l’administration pénitentiaire, les bâtiments de la maison d’arrêt de Mulhouse, d’une capacité de 302 places, datent de 1865-1870.

Comme en écho à ces recommandations cinglantes, le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, avait annoncé début février qu’une étude de faisabilité avait été lancée en vue de construire, d’ici à 2015, une nouvelle prison.

Affublé de sa double-casquette, le maire alsacien envisage de l’édifier dans la banlieue de la municipalité qu’il administre. Une construction qui, si menée à terme, viendrait couronner une promesse vieille de trente ans.


… Et prône une garde à vue améliorée…

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a recommandé jeudi d’harmoniser et d’informatiser les registres de garde à vue, « documents essentiels pour veiller au respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté. »

Selon Jean-Marie Delarue, « l’ancien modèle, encore en place dans certaines unités, devrait être remplacé par le modèle défini, en 2005, par la direction générale de la gendarmerie nationale, car ce dernier garantit une meilleure confidentialité des informations ».

Il préconise en outre la mise en place d’un « registre d’inventaire contradictoire » des biens ou valeurs pris aux personnes arrivant en garde à vue, ainsi que la fourniture d’un kit d’hygiène.
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MessageSujet: Les nouvelles prisons plus violentes   Jeu 11 Mar - 15:57

Les nouvelles prisons plus violentes
Justice. Rapport annuel « très pessimiste » du contrôleur des prisons, rendu hier.


Les prisons françaises ne trouvent décidément pas grâce aux yeux du contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue. Dans son rapport annuel, il fustige à la fois la vétusté des établissements les plus anciens et se déclare « très pessimiste » sur la manière dont ont été conçues les nouvelles prisons et sur leur devenir: «Les personnes sortent rarement de ces lieux autrement que brisées ou révoltées», a souligné Jean-Marie Delarue. « On a tout sacrifié à la sécurité dans ces prisons, on a oublié le reste », et notamment « les nécessaires relations humaines qui doivent exister ». C'était aussi, déjà, mardi le sentiment de Pierre Journet, délégué syndical à la maison d'arrêt de Cahors, menacée, qui s'inquiétait du sort de l'établissement pourtant « à taille humaine ». Selon M.Delarue, il y a dans les prisons nouvelles, « une multiplication des frustrations, et par conséquent un accroissement inévitable de l'agressivité, de la violence contre soi et contre autrui ». « Il faut revoir très sérieusement la conception » des futurs établissements et réduire leur dimension. Il a souhaité « 150 à 200 détenus par prison ». Bien loin des préconisations de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie qui préconise des prisons à 700 places. 11 établissements nouveaux doivent ouvrir d'ici 2015. Hier on apprenait qu'un détenu s'est pendu dans sa cellu de la maison d'arrêt de Loos (Nord). En début de semaine un prisonnier avait mis fin à ses jours à Mont-de-Marsan. En 2009, 115 détenus s'étaient suicidés dans les prisons françaises.
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MessageSujet: Gardien de prison : « C'est de pire en pire »   Jeu 11 Mar - 15:59

Gardien de prison : « C'est de pire en pire »
jeudi 11 mars 2010


Lundi soir, un détenu a blessé un gardien de la maison d'arrêt. Insultes, violences mais aussi suivi social, un surveillant pénitentiaire raconte son quotidien.
Témoignage

Agression

« Cela aurait pu se terminer par une blessure grave ou pire. Le détenu qui a agressé avait tordu deux dents de sa fourchette. Avec les deux dents qui restaient cela faisait une arme. À quelques centimètres près et c'est la carotide qui était tranchée. C'est le risque de notre métier, je sais. Mais ça fait peur... Tous les jours il y a des agressions dans les prisons françaises. Mais on n'en parle pas...

Les détenus

« On a de tout. Des voleurs de poules et des trafiquants, des durs et des petits pères qui se retrouvent là pour un excès de vitesse ou pour ne pas avoir versé leur pension alimentaire. Et il y a ceux qui sont interpellés au péage de la Gravelle. Alors eux, c'est quelque chose ! Ils viennent de la région parisienne et ils se retrouvent dans une petite prison. Ils jouent aux caïds, ils font du raffut. Surtout qu'ils ne sont pas habitués au calme, au silence. Ça les stresse le silence. »

Illettrisme

« Le plus choquant c'est le nombre d'illettrés. Beaucoup sont très jeunes, viennent des quartiers défavorisés et ont un niveau scolaire très faible. Pour eux la prison est un challenge. Entre eux, ils se vantent de leur condamnation. Alors il ne faut pas s'étonner des comportements comme cette agression de lundi. Ils ne réfléchissent pas à leur geste. Ils vivent dans la violence. »

Insultes

« Les insultes verbales ? Cela fait longtemps que ça ne compte plus. C'est notre quotidien. Quand on dit « non », on s'entend répondre : va te faire... ». Alors on vit avec. C'est stressant mais c'est le reflet de la société. Les jeunes qui entrent là ne respectent rien, ni personne et les violences se multiplient. »

Conditions de vie

« Qui se rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, les détenus n'avaient pas de télévision dans leur cellule ? À Laval, beaucoup d'activités sont proposées. Ils peuvent faire de la muscu, du théâtre, du cirque et même de la capoeira, un art martial brésilien. Et 30 % travaillent à la mise en colis. Cela leur permet de gagner un peu d'argent. Franchement, celui qui le veut passe de moins en moins de temps en cellule.

Manque de moyens

« On manque de place et de moyens. Par exemple à Laval, on doit séparer les prévenus et les condamnés. Mais ils se retrouvent tous dans la même cour. Ça ne sert à rien. Et puis il faudrait mieux protéger les fenêtres des cellules. Les détenus reçoivent des portables, de la drogue, des médocs. Un jour un pétard va entrer et il y aura un drame. Et là l'administration réagira. »

Social

« La prison de Laval est petite. Elle compte 120 à 130 détenus et le personnel est très professionnel. Les gens aiment leur travail. Ici, on a le temps de faire du social avec les détenus, de leur rendre des services, de les écouter. On peut se le permette, on n'est pas à Fleury-Mérogis. Mais je m'inquiète. Car c'est de pire en pire à cause du manque de moyens et de la violence. Ça serait à refaire, je ne crois pas que je serais surveillant pénitentiaire. »

Recueilli parJean-François VALLÉE.
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MessageSujet: L'accablant constat du contrôleur général des prisons   Mer 24 Mar - 15:36

L'accablant constat du contrôleur général des prisons

Jean-Marie Delarue s'efforce d'être constructif, mais convient poliment qu'en dépit "des efforts incontestables" pour améliorer les conditions de détention dans les prisons françaises, "beaucoup reste à faire", et le rapport 2009 du contrôleur général des lieux de privation de liberté, présenté mercredi 10 mars, est accablant.

Les faits Pour M. Delarue, les nouvelles prisons augmentent "l'agressivité" et la "violence"


Ses douze contrôleurs ont visité 163 "lieux de privation de liberté" - établissements pénitentiaires, centres de rétention, locaux de garde à vue, services psychiatriques -, et "les personnes sortent rarement de ces lieux autrement que brisées ou révoltées".

"En prison suinte l'ennui, indique le contrôleur, les activités sont réservées à une minorité de détenus, pour la formation professionnelle, c'est pire". Moins d'un détenu sur cinq bénéficie d'un emploi en maison d'arrêt, ils ne sont que 9 % à la maison d'arrêt de Tours. Le travail est peu qualifié (étiquetage de bouteilles d'eau minérale, conditionnement), les salaires très bas et très variables : "Les fiches de paie sont d'insondables mystères." A la maison d'arrêt de Bordeaux-Gradignan, la rémunération varie entre 1,57 et 9,70 euros de l'heure ; 1 à 2 euros brut à Béthune. Plier mille brochures est payé 32 euros à la Santé, à Paris ; à Arras, on gagne jusqu'à 200 euros par mois, mais en avril 2009, les détenus n'ont touché que 50 euros.

Le rapport consacre un chapitre important à la vidéosurveillance en prison : à Mont-de-Marsan, on filme jusqu'au local d'accueil des familles et au parloir des avocats. Dans les locaux de garde à vue d'Argenteuil, les caméras contrôlent les toilettes ; à Besançon, la fouille des personnes placées en garde à vue. Pour des résultats qui laissent les contrôleurs sceptiques : la vidéosurveillance "exerce une véritable fascination", et dissimule souvent un manque de personnel, d'autant que "personne ne surveille en permanence la totalité des images". "Nous avons mis les autorités en garde contre les nouveaux établissements pénitentiaires, dit Jean-Marie Delarue. Il y a des lieux vétustes qui sont certes indignes, mais l'architecture des nouveaux établissements est source de désagréments majeurs sur la vie en détention. L'absence de relations humaines peut entraîner une montée de la violence."
Sur le Web : le rapport sera disponible sur le site du contrôleur,

http://www.cglpl.fr.
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MessageSujet: l'hopital prison toujours à la dérive   Mar 27 Avr - 4:41

D’abord prévue pour début mars, puis début avril, l’ouverture du premier hôpital fermé dédié aux détenus atteints de maladies psychiatriques, est sans cesse repoussée. Maintenant les personnels soignant menacent de faire grève le jour de l’ouverture.

Les travaux sont finis, les personnels installés et les protocoles de soin validés. On n'attend plus que les détenus dans cette première Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) dédiée aux détenus atteints de troubles psychiatriques. Pour ouvrir, ce premier “hôpital prison” (le nom consacré par la presse, lire ici et là) de soixante lits a besoin d’un décret en Conseil d’Etat qui tarde à venir. “Il manque ce décret. Mais je ne sais pas quand il sera pris”, confirme Hubert Meunier, le directeur de l’hôpital du Vinatier dans l’enceinte duquel est édifiée l’UHSA. “Officiellement rien ne bloque, affirme de son côté Pierre Lamothe, psychiatre, médecin-chef des prisons de Lyon et de l’UHSA. Officieusement, les cabinets ministériels concernés (Justice, pour la partie pénitentiaire et Santé, pour la partie sanitaire du projet) sont d’une extrême prudence avant l’ouverture du premier établissement de ce type à Lyon qui fait figure d’unité pilote puisque dix autres UHSA devrait être édifié partout en France d’ici 2012.

Sarkozy sème la confusion

L’Elysée est très attentif au projet de l’UHSA et à la manière dont il pourrait être médiatiquement utilisé. En février, la direction du Vinatier annonçait même la présence de Nicolas Sarkozy pour l’inauguration imminente cet “hôpital prison”. Le président de la République connait bien l’UHSA pour avoir tenté d’en dénaturer le projet en août 2007, encore une fois en hyper-réagissant à un fait divers. Après l’enlèvement puis le viol du petit Enis par Francis Evrard, délinquant sexuel multirécidiviste, Nicolas Sarkozy annonçait sans ciller l’ouverture, à Lyon, “courant 2009”, du premier “hôpital prison pour pédophiles”. A l’hôpital du Vinatier, cette annonce fracassante a rapidement été démentie. Le premier établissement de “rétention de sûreté” n’ouvrira pas à Lyon mais à Fresnes, en région parisienne. Toutefois, la confusion subsiste encore bien que le projet d’UHSA résulte d’une loi de 2002 visant à améliorer la prise en charge des prisonniers souffrant de troubles psychiatriques (lire notre article). “L’UHSA ne sera pas un hôpital pour pédophiles car être pédophile n’est pas une maladie. Ils seront soignés s’ils souffrent de troubles psychiatriques et ont besoin de soins lourds”, Pierre Lamothe.

Deux administrations pour un hôpital

Autre confusion qui n’aide pas à son ouverture, la présence pour faire fonctionner l’UHSA de deux administrations : la santé et l’administration pénitentiaire. L’UHSA se présente comme un hôpital auquel on a ajouté une enceinte carcérale de six mètres de haut. Le rôle des surveillants de prison sera limité au contrôle des entrées et sorties, et aux transferts de détenus. Une fois passés de l’autre côté, les détenus verront leur vie quotidienne gérée par des personnels de l’hôpital public, à l’identique de ce que les malades pourraient trouver à une encablure, au sein du Vinatier. A quelques différences près “l’administration pénitentiaire a une peur bleue des évasions, confie un médecin. Elle est complètement obsédée par la sécurité”.

Conséquence : les soignants (infirmiers, aides soignants,...) rempliront des tâches de sécurité qu’ils ne remplissaient pas jusque-là. Ils devront notamment passer au détecteur de métaux, “la douchette”, chaque détenu-patient lors du retour à l’intérieur des bâtiments. La pénitentiaire craignant l’introduction d’objets (téléphones portables, drogues,...) qui pourraient être projetés dans les espaces de promenade. Lors des transferts de prisonniers, les personnels soignants devront certainement porter des gilets pare-balles.

Malaise chez les personnels soignants

Cette confusion entre les rôles des soignants et des surveillants sème le trouble chez les personnels médicaux. “En prison, la blouse blanche est respectée car elle est identifiée comme une personne qui apporte des soins. Si demain on nous confond avec les “bleus” de la pénitentiaire, nous ne serons plus en sécurité”, constate, amer, Pierre, l’un des infirmiers de l’UHSA qui travaillait auparavant en prison.
Le malaise s’est cristallisé autour du montant de la prime de risque qui sera de 117 euros au lieu des 234 euros que touche tout personnel des Unités pour Malades Difficiles (UMD) où les soignants sont en contact avec les malades les plus perturbateurs. “Lors de notre embauche, on nous avait promis une prime d’un montant équivalent à celle des UMD, poursuit Anne-Gaelle, une autre infirmière. Ce qui avait pesé dans nos choix. Aujourd’hui, on se sent floués. D’autant plus que cette prime représente la reconnaissance d’un risque”.

Soutenue par la CGT, les 36 employés de l’UHSA ont signé un texte réclamant 234 euros de prime. La pétition, également paraphée par le médecin-chef Pierre Lamothe, a été envoyée à la direction de l’hôpital et surtout au ministère de la santé, décisionnaire en matière de rémunération. En l’absence de réponse, les personnels ont décidé de déposer un préavis de grève pour le jour de l’ouverture, quand on le connaîtra. Une délégation des personnels de l'Unité doit être reçue par la direction ce lundi 26 avril. Si la menace de grève est mise à exécution, les premiers prisonniers ne pourraient pas être transférés à l’UHSA. Et les lieux resteraient vides. En attendant le jour J, les personnels qui étaient en poste au sein de l’unité depuis un mois, ont regagné ce lundi 26 avril des unités classiques du Vinatier.

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Trois unités dans l’UHSA

A terme, l’Unitié hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA) devrait fonctionner autour de trois unités, comportant environ vingt lits chacune. Une “unité d’accueil et d’observation”, où il est postulé que le patient est dans un état tel de tension qu’il ne peut pas se gérer en collectivité. Une “unité de vie collective” qui prépare le retour à la prison ou à la sortie. Et une “unité de soins séparés” qui est une sorte d’unité intermédiaire qui accueillera des personnes fragiles et les mineurs. Actuellement seule la première unité ouvrira lorsque le Conseil d’Etat donnera son feu vert. Après une montée en charge progressive, 120 soignants devraient s’occuper de soixante détenus. Aucune surpopulation étant prévue.
Photo : la chapelle du parc de l'hôpital psychiatrique du Vinatier, où est construit l'UHSA.
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MessageSujet: Prison cannibale   Mar 29 Juin - 2:50

Prison cannibale

« Prison cannibale » voila bien un titre à faire frémir la populace en manque de sensation forte.

Oui la prison, tel un ogre cruel, bouffe ces propres enfants otages du malheur, qui, par folie ou désespoir, s'entredévorent dans cette nouvelle ère de l'anthropophagie carcérale résultat direct de la misère sociale.
Hannibal carcéral 85.jpg
La barbarie désormais s'étale dans toutes les pages sombres des « faits divers » comme si on s'y était habitué, comme si cela faisait partie de nos quotidiens mentaux, histoires terrifiantes, épouvantables, que l'on encaisse sans broncher, que l'on digère sans même réaliser que notre civilisation retourne à l'age de pierre.

Mais rendez vous compte de ce que l'on fait aujourd'hui de ceux que l'on enferme !

Rendez vous compte comment les prisons transforment ces prisonniers en bêtes sauvages !

Mais tout ça pour vous ce n'est que du spectacle, un « fait divers » de plus qui alimentera pour une soirée un « faites entrer l'accusé » battant tous les records d'audience. Au fond cela n'est qu'une sorte de divertissement glauque dont les comédiens meurent pour de vrai.



Hannibal Lecter vient donc encore de frapper parmi la meute et les hurlements des loups égarés, ces prédateurs sans pitié des bagnes. L'autre côté pourtant c'est toujours le silence des agneaux, vous savez cette opinion publique qui grelotte de peur en permanence et qui vote des lois de plus en plus sécuritaires rien qu'en pensant aux monstres que retiennent, tant bien que mal, les murs lézardés de toutes ces prisons en décompositions.

Mais lorsque les murs céderont par trop d'abandon et de défection d'un ministère de la souffrance et d'une amer administration pénitentiaire, alors, soyez en sûr, vous serez les premières proies de ces hommes dressés au fouet de l'inhumanité administrative, ce « peuple des murs » qui se métamorphose au long des années en monstres sanguinaires, à force d'humiliations, indignités et de condamnations si mal infligés.

Ne venez donc surtout pas vous plaindre et pleurer en éternelle victime, parce qu'au fond vous êtes entièrement responsable de toutes les récidives et de l'état de VOS prisons qui en sont la conséquence directe.

Car ce sont bien avec vos impôts que les prisons sont si mal entretenues, vous êtes alors tout aussi responsables de la façon dont on traite ceux qu'on y enferme aussi aisément « au nom du peuple français », ce terme lourd de sens qui est pourtant inscrit sur chaque arrêt de condamnation.



Les fils de Caïn ont tellement faim et sont devenu si impatient de bouffer de la chair humaine, qu'ils n'attendent même plus de sortir pour entamer leur macabre festin. Voici donc la carte des dégustations de nos taules, centrale de Saint Maur, pavé de cervelle à la sauce psychopathe, maison d'arrêt de Rouen, bout de poumon poilé à point, Centrale de Lannemezan égorgement à lame de boucher aiguisé et j'en passe et des meilleurs. La liste de ces effroyables buffets froids ne va faire qu'augmenter dans les prochaines années, préparez vous au pire !

La barbarie quotidienne se développe en prison parce que les détenus y sont livré à eux même et abandonné de tout, les matons de base ne sont pas de taille à endiguer la violence qui s'amplifie de jour en jour et qui finira par les atteindre puisqu'ils sont au contact permanent avec les taulards.

A l'allure ou ça va c'est sûr qu'il y en à un qui finira dans une marmites avec quelques légumes lorsque surviendra une grosse émeute.



Comme on peut le voir dans le livre « La Route » de Cormac McCarthy, (bouquin qui fut aussi récemment adapté au cinéma), l'un des premiers signes de la disparition de la civilisation et de toute humanité c'est le cannibalisme.... Voila où nous en sommes dans ces prisons privées d'humanité avec, pour exemple, cette terrible histoire de ce Nicolas Cocaign qui lors d'une nuit d'horreur, dans la veille maison d'arrêt surpeuplée de Rouen, a décidé de tuer son co-détenu et de lui manger un bout de poumon.

Au fond est-il vraiment coupable de ce qu'il a fait ?

N'est-ce pas plutôt la prison elle-même et les conditions de détention qui sont les vrais coupables ?

Comment une institution peut-elle laisser permettre une monstruosité pareille ?

Cette tragique histoire en dit long sur l'état de l'administration pénitentiaire et de ce que c'est d'être prisonnier aujourd'hui en France.

Tout en réfléchissant à ces questions, je vous invite à méditer sur ce refrain de chanson populaire :



« 5 par cellule, il reste une place pour ton fils... »







A bientôt sur le BLOG pour la suite...



Laurent JACQUA
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MessageSujet: Les suicides se poursuivent...dans le silence...et l'inaction !! des repus   Sam 28 Aoû - 5:31

Deux suicides en trois jours à la prison de la Santé à Paris
(AFP) – Il y a 16 heures
PARIS — Deux détenus, tous deux en attente de jugement, se sont suicidés par pendaison mardi et vendredi à la prison parisienne de la Santé, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.
L'administration pénitentiaire (AP) a précisé que ces deux personnes ne se connaissaient pas. Elles ont occupé successivement la même cellule, mais sans se croiser. Une enquête administrative est en cours, ce qui est systématique après un suicide.
L'AP n'a pas donné davantage de précisions.
Selon l'Observatoire international des prisons (OIP), les deux détenus présentaient des problèmes psychiatriques. Le premier suicide concerne un jeune homme de 20 ans, prévenu pour homicide.
Le deuxième, un homme de 67 ans prévenu pour viol sur mineur de 15 ans, venait d'être transféré à la prison de la Santé en provenance de Chartres, pour une prise en charge par les services psychiatriques de l'établissement, a précisé l'OIP.
Selon le bureau du syndicat FO à La Santé, cette prison ne dispose pas de "quartier arrivants" et les nouveaux détenus ne font donc pas l'objet d'une surveillance particulière.
Depuis le début de l'année, trois détenus se sont suicidés à la Santé.
Le nombre des suicides dans les prisons françaises a augmenté en 2009, à 115 contre 109 en 2008. En août dernier, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, avait annoncé une série de mesures de prévention.
Le directeur de l'AP, Jean-Amédée Lathoud, avait chiffré en juin à 51 le nombre de suicides depuis le début de l'année, une légère amélioration par rapport à la même période de 2009 (57).
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MessageSujet: Prison de Versailles : plusieurs femmes ont été favorisées   Jeu 20 Jan - 15:32

Prison de Versailles : plusieurs femmes ont été favorisées
Mots clés : Maison D'arrêt, Administration Pénitentiaire, Contrôleur Général, VERSAILLES, Florent Goncalves, Jean-Marie Delarue

Par Thomas Vampouille

17/01/2011 | Mise à jour : 08:39 Réactions (170)
Selon un rapport du contrôleur général des prisons révélé vendredi par Lexpress.fr, Florent Goncalves, mis en examen pour avoir fait bénéficier d'un traitement de faveur une jeune femme, était coutumier du fait à la prison de Versailles.

Histoire d'amour ou système de faveurs ? Mardi, le directeur de la maison d'arrêt pour femmes de Versailles a été mis en examen pour avoir fait bénéficier d'un traitement de faveur la jeune femme condamnée pour avoir servi d'appât dans l'affaire du «gang des barbares», en échange de relations sexuelles. Lors de sa garde à vue, Florent Goncalves s'est justifié en expliquant être tombé amoureux de cette fille, prénommée Emma, avec qui il souhaitait «refaire sa vie». Mais des informations publiées ce vendredi par Lexpress.fr montrent que le directeur avait en fait l'habitude d'accorder des faveurs à certaines détenues.

C'est un rapport de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui jette le doute sur l'explication romantique avancée par Florent Goncalves. Au début de l'été, le contrôleur général a en effet reçu, selon Lexpress.fr, les courriers de deux détenues de Versailles dénonçant les pratiques de favoritisme du directeur de l'établissement.

Six détenues concernées
Suite à cette dénonciation, deux contrôleurs sont dépêchés dans l'établissement en août pour consulter les dossiers desdites détenues. Ils découvrent alors qu'elles ont été transférées à Fresnes. Jean-Marie Delarue décide donc d'effectuer lui-même une visite de cinq jours à Versailles, en octobre dernier.

De cette visite, dont aucun rapport n'a été publié sur le site officiel du contrôleur, il ressort, selon Lexpress.fr, que le directeur incriminé offrait des traitements de faveur à plusieurs détenues, et non pas seulement à Emma. Six femmes seraient concernées. Les faveurs consistaient notamment en «libertés de mouvement» et «rien n'a démontré qu'elles étaient accordées en échange de relations sexuelles», précise le site de l'hebdomadaire.

Dans ce contexte, le contrôleur aurait donc acquis «la conviction que les deux détenues qui l'avaient alerté ont été transférées à Fresnes à titre de représailles». Où l'histoire de cœur se transforme en système d'abus de pouvoir… C'est un courrier de Jean-Marie Delarue à l'Administration pénitentiaire, en novembre, qui a été «l'un des éléments déclencheurs de l'inspection à la fin du mois dernier», à l'origine de la mise en examen de Florent Goncalves.
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MessageSujet: Condamnable   Ven 21 Jan - 13:03

Avocat, j'ai fait condamner la France pour ses prisons
Par Etienne Noël | Avocat | 20/01/2011 | 19H23
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Ce jeudi, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France par deux fois pour l'indignité de la vie dans ses prisons. Un détenu protestait contre ses conditions de détention, l'autre pour des fouilles à nu « quatre à huit fois par jour », filmées au caméscope.

La CEDH a considéré qu'il s'agissait là de traitements inhumains et dégradants. Elle en a profité pour regretter que le placement d'un détenu en cellule disciplinaire ne pouvait faire l'objet, en France, d'un « recours effectif ».

Il y a un mois, Me Etienne Noël, avocat au barreau de Rouen, avait remporté une victoire importante sur ce terrain. Cette fois devant la justice administrative française : la cour administrative d'appel de Douai, le 9 décembre 2010, a considéré que 38 détenus enfermés à la maison d'arrêt de Rouen (Haute-Normandie) avaient été détenus dans des conditions portant atteinte à leur dignité, confirmant un jugement du tribunal administratif de Rouen.

Rue89 a proposé à Me Etienne Noël de revenir sur cette bataille qu'il mène de longue date devant la justice française. Voici sa tribune.

Chloé Leprince


Le juge administratif estime dorénavant, de façon constante, que le fait d'être incarcéré à deux ou trois dans une cellule de 10 m2 aux murs dégradés, humides, ruisselants de condensation le matin et munie de toilettes non séparées du reste de la pièce et non dotées d'une aération spécifique (contraignant les occupants à les utiliser sous les yeux des codétenus en leur infligeant bruits et odeurs), constitue une atteinte non sérieusement contestable à la dignité inhérente à la personne humaine.
Cette décision vient consolider un mouvement de fond qui a pris naissance, durant l'année 2004, lorsqu'il a été imaginé de faire rentrer un expert en prison afin de constater quelles étaient les conditions de détention des personnes détenues dans les maisons d'arrêt.

Par la suite, d'autres procédures du même type ont été initiées en France, en particulier à Rouen, à la fin de l'année 2005, à l'initiative d'une personne détenue dans la maison d'arrêt Bonne Nouvelle.

A cette époque, rares étaient les détenus, pourtant usagers du service public pénitentiaire (le seul, avec l'hôpital psychiatrique, que les usagers utilisent contre leur gré), qui acceptaient de se lancer dans une telle procédure ; en effet, ils craignaient de se heurter à la prison et de subir des représailles ou que leur dossier pénal en subisse les conséquences.

Malgré cela, un détenu rouennais, incarcéré depuis plus de deux années, a osé faire déposer par son avocat une requête aux fins de constat de ses conditions de détention au sein de la maison d'arrêt de Rouen.

Les toilettes dans les cellules, une « humiliation »
L'expertise, réalisée au mois de novembre 2005, a donné lieu à un rapport, rédigé par deux experts – un architecte et un médecin hygiéniste – faisant état de très importants risques sanitaires liés à l'utilisation commune des toilettes par les trois détenus enfermés dans les cellules, ainsi qu'une atteinte à la dignité inhérente à la personne humaine pour cette même raison.

En l'espèce, les W.-C. présents dans les cellules, qu'ils soient munis d'une porte à double battant ou séparés de la cellule par un muret, laissent néanmoins passer bruits et odeurs, contribuant ainsi à une humiliation de la personne qui les utilise et à une gêne importante des codétenus.

Le rapport a ainsi pointé un « risque de transmission interhumaine de germes pathogènes d'origine fécale (virus de l'hépatite C, B, salmonelles, virus des diarrhées épidémiques tels que la gastro-entérite, etc.), mais aussi, risque de transmission de pathogènes broncho-pulmonaires par transmission aérienne », d'autant plus important, en hiver, du fait de l'impossibilité d'ouvrir la fenêtre en raison du froid.

L'utilisation d'appareils chauffants non contrôlés, non munis d'évacuation des gaz, expose au risque d'intoxication au monoxyde de carbone et au risque d'incendie. Le règlement sanitaire départemental s'applique bel et bien non seulement aux habitations individuelles mais aussi à tous les lieux de vie de l'homme.

Le risque de contracter une infection digestive ou pulmonaire à partir d'un sujet malade est donc bien majoré dans les conditions actuelles de détention à la maison d'arrêt de Rouen, comparativement à la vie civile.

Suite à ce rapport, un premier jugement a été rendu par le tribunal administratif de Rouen, le 27 mars 2008, condamnant l'Etat. Cette décision fut suivie de quelques autres, rendues par les tribunaux administratifs de Nantes et de Rouen, cette dernière décision étant confirmée en appel par la cour administrative d'appel de Douai, le 12 novembre 2009. Cette dernière juridiction a en effet considéré que la situation était inchangée au sein de la maison d'arrêt de Rouen quant à l'indignité des conditions de détention.

Plusieurs maisons d'arrêt entament des procédures
Toutefois, ce n'est que depuis le début de l'année 2010 que, véritablement, la mise en cause de la responsabilité de l'Etat en raison des conditions de détention va exploser. En effet, outre Rouen où se met place une procédure massive regroupant, dans un premier temps, 38 détenus, anciens ou actuels, de la maison d'arrêt Bonne Nouvelle (qui seront par la suite beaucoup plus nombreux), d'autres procédures sont initiées à Caen, Grenoble, Clermont-Ferrand, Liancourt, etc. afin de dénoncer l'indignité des conditions de détention.

Les maisons d'arrêt parisiennes n'échappent pas à cette vague de recours. Ainsi, la maison d'arrêt de Fresnes a fait l'objet d'une expertise entre les mois d'octobre et novembre 2010, visant plus particulièrement les cellules destinées à recevoir des détenus handicapés.

Une procédure similaire concernant des détenus valides est en cours, visant la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis ; il s'agit ici de dénoncer les conditions de détention des personnes incarcérées dans cet établissement, pourtant récent mais qui se trouve d'ores et déjà dans un état de dégradation avancé.

Peu importe le nombre de places dans les prisons
Cet exemple est symptomatique : en effet, Fleury-Mérogis est l'illustration même de l'absurdité que représente la construction de grands ensembles pénitentiaires destinés à multiplier le nombre de places de prison, toujours plus, encore et encore…

Quel que soit le nombre de places de prison qui seront construites, il y a gros à parier qu'à terme, celles-ci seront remplies au-delà des capacités, tellement la logique de l'enfermement est dominante en France, depuis de très nombreuses années, jusqu'au paroxysme actuel.

Les maisons d'arrêt neuves, ouvertes vers 2005 (Liancourt, Meaux-Chauconin, etc.) sont déjà pleines au-delà de leurs capacités, alors que les cellules ont été conçues, à l'origine, pour un encellulement individuel !

Quoiqu'il en soit, plus d'une centaine d'autres personnes actuellement détenues au sein de la maison d'arrêt de Rouen ou l'ayant été récemment, ont également saisi le juge administratif afin d'être indemnisées du préjudice moral subi du fait de leur enfermement dans de telles conditions ; gageons que le mouvement amorcé ne s'arrêtera pas de sitôt !
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MessageSujet: C’est l’histoire d’une petite commission    Ven 21 Jan - 13:05

C’est l’histoire d’une petite commission accompagnant l’application de certaines règles européennes dans les prisons françaises. Créée pour servir de vitrine à l’administration pénitentiaire française (AP), la démission collective de ses membres en a fait un miroir reflétant l’opacité de l’institution en la matière.
Le 1er décembre dernier, un "événement" est passé inaperçu. Les douze membres de la Commission pour l’application des règles pénitentiaires européennes (RPE) ont collectivement démissionné. Une lettre de l’un d’eux relayée par le Génépi et un encart publié dans le Canard enchaîné la semaine dernière. C’est tout.

"C’est étrange, je n’avais même pas entendu parler de cette histoire", s’étonne Markus Jaeger, chef de la division pour les prisons au Conseil de l’Europe. "Nous n’avons pas voulu médiatiser cette affaire, nous attendions une réaction de l’administration pénitentiaire (AP) qui n'a visiblement pas compris le sens de notre démission", explique Jean Paul Céré, juriste et ex-président de la dite Commission.

Une commission aux compétences bien maigres

Depuis 2008, cette commission, créée à l'initiative de l'AP et composée de magistrats, de professeurs de droit ou d’associatifs, s’occupait de l’aide à la "labellisation" des prisons françaises en fonction des règles édictées par le Conseil de l’Europe. Ou plus exactement, en fonction de seulement 8 des 108 règles pénitentiaires européennes, celles concernant les "quartiers arrivants", ceux des détenus récemment emprisonnés. Pas grand chose en somme.

Des compétences si réduites que, peu après la naissance de la Commission en 2008, deux membres démissionnent. Martine Herzog Evans, professeur de droit à l’Université de Reims étaient l’une de ces deux personnes. Elle explique son geste aux Inrocks.

"On m’a très vite reproché ma liberté de ton dans cette commission dite 'indépendante'. J’ai compris qu’il s’agissait d’une opération médiatique. Dès le début, j’ai senti qu’on ne nous laisserait pas étendre les champs de la Commission au delà des quartiers arrivants."
Mais apparemment, ce champ était déjà trop grand pour Jean-Amédée Lathoud, nouveau directeur de l’administration pénitentiaire en poste depuis le 5 janvier 2010.

La Commission RPE se voit alors adjoindre une secrétaire, fonctionnaire de l'AP, officiellement chargée de reporter à sa hiérarchie les faits et gestes de chacun de ses membres. Dans le même temps, la Commission se voit rattachée à l’Etat major de sécurité (EMS).

"Comme son nom l’indique, cet organe s’occupe du volet sécuritaire et non prioritairement des questions relative aux droits de l’homme", explique la magistrate Nicole Maestracci, ex-membre de la Commission RPE démissionnaire. Stéphane Scotto, sous-directeur de l’EMS, trouve ce jugement un peu hâtif : "Ce rattachement de la Commission à l'Etat major ne changeait pas grand chose."

Une caution morale

Même s'il regrette la démission des membres de la Commission, Stéphane Scotto précise que la labellisation des quartiers arrivants continue d’être menée par deux entités indépendantes (Afnor et Veritas).

L’affirmation fait sourire Patrick Marest, délégué général de l’Observatoire international des prisons (OIP). Pour lui, il y a sur ce sujet "une imposture de l’administration pénitentiaire française".

"Afnor et Veritas sont deux entreprises privées qui n'ont rien à voir avec des juristes ou des organisations spécialisées dans les droits de l'homme. La Commission RPE a surtout servi de caution morale à leur travail."
Dans ces conditions, difficile de mesurer précisément l’état global d’avancement de l’application des règles européennes dans les prisons françaises. Un ancien directeur d'établissement pénitentiaire reconnaît qu’il faudrait pour cela "une entité véritablement extérieure à l’AP".

C’est le cas du Comité pour la prévention de la torture (CPT). Rattaché au Conseil de l’Europe, il dispose d’un droit d’inspection des prisons dans chacun des Etats membres.

"Je n'ai pas le droit d'en parler"

Sa dernière visite en France date de décembre 2010. L’andorran Joan Miquel Rascagneres faisait partie de cette délégation européenne.

"En 2006, la France était loin des règles européennes. En 2008, en Guyane française, la prison que nous avions visitée était moderne mais avec un souci majeur : pour se défendre, 80% des prisonniers étaient armés (couteaux artisanaux, pointes…). Pour notre visite de décembre 2010 en métropole, je n’ai pas encore le droit d’en parler."
Les conclusions préliminaires de cette visite ont pourtant été remises il y a dix jours au ministère de la Justice. Problème de taille : tant que le gouvernement n'a pas donné son feu vert, personne ne peut en évoquer le contenu, pas même le très indépendant Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté.

L’OIP a demandé la publication de ces observations préliminaires, jamais diffusées en France. L'organisation rappelle que "des pays comme la Finlande, la Moldavie ou la Turquie ont déjà consenti à prendre cette initiative".

Le rapport définitif du CPT ne sera remis qu’en juillet 2011 au gouvernement français. Ce dernier pourra alors décider de sa publication immédiate... ou reporter sa parution à 2012 pour avoir le temps d'y ajouter sa version contradictoire.

Geoffrey Le Guilcher
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MessageSujet: En Alsace, 3 500 peines de prison ferme ne sont pas exécutées   Sam 29 Jan - 16:44

En Alsace, 3 500 peines de prison ferme ne sont pas exécutées

le 29/01/2011 à 00:00 Vu 18 fois


« Le nombre de bracelets électroniques a été multiplié par dix, mais il en faudrait cinq fois plus pour lutter efficacement contre les récidives », a martelé Jacques Beaume hier. Archives Hervé Kielwasser
Pour le procureur général de la cour d’appel, les nouvelles mesures sont loin de résoudre le vaste et « grave problème » de l’exécution des peines.
Interrogé sur les moyens consacrés au suivi judiciaire, hier lors du point presse semestriel de la cour d’appel de Colmar, le procureur général Jacques Beaume p ointe du doigt « un vrai problème » et « la grave question » de l’exécution des peines.

Au SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) mais aussi, plus largement et pour ce qui le concerne, au sein des juridictions alsaciennes : « 120 000 peines de prison ferme notifiées ne sont pas exécutées en France, dont 3 500 dans la région ». Un chiffre qu’il commence par relativiser : 20 à 25 % des individus sont recherchés par les forces de l’ordre, 50 % des dossiers sont en cours de traitement par le SPIP ou le juge d’application des peines (JAP), et 10 % sont « en train d’être mises à exécution » par le parquet. « Mais on exige une visibilité à 100 % dans la lutte contre la récidive, alors que les moyens ne suivent pas pour éviter les échecs et les drames. Par exemple, la charge de travail du JAP a été multipliée par 50 en 20 ans, sans parler du risque politique permanent : c’est la meilleure arme antirécidive, mais un quatrième poste manque cruellement à Strasbourg ».

Concrètement, l’ancien procureur de Marseille souligne qu’il existe là-bas « un service d’enquêteurs chargés de rechercher les personnes ». Par ailleurs, tandis que la loi pénitentiaire de novembre 2009 permet, « de droit », l’aménagement des peines jusqu’à deux ans de prison (au lieu d’un an), « les JAP et le SPIP n’ont d’autre choix que de traiter les dossiers en six mois au lieu de trois légalement ».

Deux nouvelles mesures sont effectives depuis le 1 er janvier : la procédure simplifiée d’application des peines « qui surcharge le SPIP mais allège le travail du JAP, du moins en principe », et la surveillance électronique de fin de peine (SEFIP), qui consiste à « libérer » sous surveillance électronique des détenus à qui il reste moins de quatre mois à exécuter. « Deux des critères permettant d’écarter cette mesure sont très subjectifs : j’ai donné des directives strictes dans l’évaluation du risque de récidive et de l’incompatibilité de la personnalité du condamné avec la SEFIP. En quelques semaines, le SPIP vient d’examiner 360 dossiers sur 450 cas concernés (NDLR : sur un total de 1653 détenus, y compris en préventive) en Alsace, et n’en a proposé au parquet qu’une vingtaine. Le temps que ce système se mette en route, nous nous concentrons sur les cas de ceux qui doivent encore purger plus de quelques semaines ».

L’objectif de cette mesure est d’abord de désengorger les établissements pénitentiaires. Car se pose toujours le problème des capacités d’accueil dans les prisons, ou au centre de semi-liberté de Souffelweyersheim (33 places toutes pourvues)…

« On a a atteint un point d’instabililé, d’hypocrisie dans cette politique d’exécution des peines. Une schizophrénie, même si la loi pénitentiaire de 2009 est magnifique en ce qu’elle nous met dans les normes européennes. Mais on a déjà eu trois décrets, et on en attend 14 autres… ».
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MessageSujet: Près de 65.000 détenus en France, nouveau record   Sam 11 Juin - 15:30

Près de 65.000 détenus en France, nouveau record
- Publié le 10/06/2011 à 17:39
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Le nombre de détenus dans les prisons françaises a continué d'augmenter au cours du mois dernier et s'élevait au 1er juin à 64.971, dépassant le pic historique de mai, selon les chiffres mensuels publiés vendredi par l'Administration pénitentiaire.
Le nombre de détenus dans les prisons françaises a continué d'augmenter au cours du mois dernier et s'élevait au 1er juin à 64.971, dépassant le pic historique de mai, selon les chiffres mensuels publiés vendredi par l'Administration pénitentiaire.

Le chiffre de 64.971 personnes incarcérées représente une hausse de 5,4% par rapport au mois de juin 2010 (61.656) et une augmentation de 0,6 % par rapport au 1er mai 2011.

Le nombre de détenus a augmenté de 7,3% depuis le 1er janvier 2011 (60.544). Le 1er mai, il avait dépassé le pic historique de 64.250 atteint en juillet 2008.

Le nombre de prévenus (en détention provisoire, en attente d'un jugement) s'élève à 16.960 pour 48.011 condamnés, représentant donc 26,1% des personnes incarcérées. Au 1er juin 2010, il y avait dans les prisons françaises 15.942 prévenus.

Les mineurs détenus étaient quant à eux 805 au 1er juin 2011, en hausse de 1,6% par rapport au mois précédent (792 au 1er mai). Au 1er janvier, ils étaient 688.

En juillet 2008, le taux de surpopulation carcérale était de plus de 126%. Il est actuellement de 115,7%, le parc pénitentiaire comptant 56.109 "places opérationnelles", du fait de l'ouverture de nouveaux établissements entre 2008 et 2010.

Le mois dernier, le ministre de la Justice, Michel Mercier, avait expliqué cette hausse du nombre de détenus par le fait que "les peines sont mieux et plus rapidement exécutées". "Cela dément l'accusation de laxisme qui pèse à tort sur la justice", avait-il estimé.

Les syndicats de surveillants pénitentiaires ont pour leur part relevé, parallèlement à cette promiscuité renforcée, une augmentation des tensions et des incidents, des bagarres entre détenus, des agressions de surveillants.

Une restructuration du parc pénitentiaire va être menée au cours des prochaines années avec la construction de nouvelles prisons et la rénovation d'autres établissements, visant à obtenir plus de 70.000 places en 2018.

et c'est pas pour cela qu'il y aura moins de délinquance ...alors ???? pourquoi la prison ????
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MessageSujet: on préfère censurer que de regarder en face une situation calamiteuse   Jeu 16 Juin - 15:30

UN DOCUMENTAIRE SUR LES PRISONS CENSURÉ SUR FRANCE 3
Publié par Mélanie Rostagnat
Mercredi 15 Juin 2011 | 10h10

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Jail : destination prison - Agrandir
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Zapping : un politique s'étouffe au JT de France 3


L es téléspectateurs devaient découvrir ce printemps, sur France 3, un documentaire sur la vie des détenus de l'ancienne prison Jacques Cartier à Rennes et leur transfert vers le centre pénitentiaire de Vézin-le-Coquet en mars 2010. La chaîne a néanmoins été contrainte de retirer ce reportage de sa programmation, sur demande de l'administration pénitentiaire.

Ce documentaire, réalisé par Catherine Richard, montre des détenus filmés à visage découvert. Si la loi pénitentiaire de 2009 autorise les détenus à témoigner, l'administration a ordonné que « l'anonymat physique et patronymique des personnes détenues soit maintenu » pour la diffusion du reportage sur la chaîne publique, a expliqué Franck Delaunay, le producteur rennais. Le déménagement avait pourtant été projeté à Rennes dans le cadre d'un festival début avril, avec le soutien des collectivités locales bretonnes.

Anonymat
Mais pour l'administration pénitentiaire, cette censure est « conforme à toutes les autorisations réglementaires : toute autorisation médiatique se fait avec le principe de l'anonymat des détenus », rapporte Satellifax aujourd'hui. La loi de 2009 indiquerait, en effet, que l'administration peut imposer cet anonymat lors d'une diffusion médiatique, mais pas lors d'un festival considéré comme un cadre artistique.

Cette interdiction de diffusion « illustre la réticence de l'administration pénitentiaire par rapport à un droit des détenus », a estimé Barbara Liaras, coordinatrice à l'Observatoire international des prisons. Les producteurs et la réalisatrice du Déménagement ont décidé d'alerter les autorités publiques sur cette « forme de censure » dont ils sont victimes, rapporte Le Monde. Une lettre ouverte a ainsi été adressée à Michel Mercier, Garde des Sceaux, et à Frédéric Mitterrand, ministre de la culture.

Les politiques se sont également insurgés contre la décision de l'administration pénitentiaire, à l'instar de Marylise Lebranchu, députée PS du Finistère qui a jugé « arbitraires » ces « décisions des administrations pénitentiaires pour la diffusion de détenus à visage ouvert ». Une projection du documentaire sera néanmoins proposée vendredi à 15h30 à Paris au siège de la Société civile des auteurs multimédia (SCAM).
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MessageSujet: Le malaise s'installe dans la « pénitentiaire »   Mer 22 Juin - 16:13

Le malaise s'installe dans la « pénitentiaire »
Publié le mercredi 22 juin 2011 à 06h00

Fait exceptionnel,les syndicats pénitentiaires étaient unis hier. Photo H.V.M.

Les agents pénitentiaires sont à cran, ils l'ont martelé hier lors d'une journée d'action à Sequedin. Témoignages d'une profession sous tension, entre amertume et colère.



SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Stéphane est à la retraite depuis cinq mois, après 26 ans dans le monde carcéral. Mais hier matin, devant la maison d'arrêt de Sequedin, il est venu « prêter main forte aux copains ». « Depuis une dizaine d'années, nos conditions de travail ne cessent de se dégrader », dit-il face au brasero qui envoie de menaçantes volutes de fumée noire vers les miradors. En cause ? « Un manque de soutien de notre hiérarchie. Les rapports d'incidents restent souvent sans réponse, pour ne pas faire de vague et ne pas menacer les primes d'objectif de la direction. Après, c'est vrai aussi que la population pénale s'est paupérisée, rajeunie, est devenue plus violente. Sans parler de la population psy qui n'a pas sa place en prison ». Quelle que soit la racine du mal, les conséquences plongent Stéphane dans des abîmes d'amertume.



« J'en ai vu des collègues dévisser. Il y a quelques mois, on a fait une réunion d'anciens du centre pénitentiaire de Longuenesse. En 1991, on avait fait une photo. Sur les visages de cette photo aujourd'hui, on peut faire beaucoup de croix ». Alcoolisme, dépression, suicide : les syndicats présents hier matin autour d'une centaine de surveillants des prisons lilloises brandissent des chiffres alarmants : quatre fois plus de suicides qu'à France Télécom en 2010, 31 % de plus que la population globale, une espérance de vie plus courte de 10 ans. Blues des hommes en bleu.
La violence, ils disent vivre avec au quotidien. Verbale d'abord. « Les insultes volent. Et encore plus en tant que femme », lâche Sadia. Et puis, il y a les agressions physiques, plus rares, mais plus marquantes. Tous hier évoquaient ce collègue aspergé d'huile bouillante à Sequedin fin mai. Mais aussi cet autre, à Liancourt (Oise), agressé à coups de lame de rasoir. « Moi je suis au greffe, raconte Christelle. On annonce les mauvaises nouvelles. Quand on doit faire une notification dans une cellule où les gars sont trois, avec un matelas par terre, oui, il y a de la tension ». Récemment, c'est un saladier qu'elle a vu voler dans sa direction.

« Des porte-clés »
Cette surpopulation, les agents disent ne plus la supporter. À Sequedin, les détenus en maison d'arrêt sont 811 pour 596 places. Une charge d'autant plus lourde que les normes européennes sur la dignité des détenus commencent à s'appliquer et que les missions des surveillants se sont étendues au fil du temps, comme les extractions de détenus, sans que les moyens humains suivent tout à fait, d'après eux. « Sans compter le serrage de vis politique sur l'application de la peine depuis l'affaire Laetitia à Pornic. On va même rechercher des mecs condamnés en 2007 pour huit ou neuf mois. Et ça retombe sur notre dos », indique Cyrille. Au quotidien ce sont aussi les moyens matériels qui font défaut, tels que des systèmes d'alarmes et de téléphonie interne efficaces. « Dans les prisons modernes les gardiens sont isolés dans des coursives fermées. Il n'y a plus de contacts visuels avec les collègues comme dans les vieux établissements type Loos », précise Cyrille.
« La boule au ventre, on l'a quand on prend notre service », explique Grégory qui entame sa troisième année à Sequedin. « On arrive à un gardien pour 120 ou 130 détenus à certains étages », souffle Pierre-Marie, la mine sombre. « On a de moins en moins de temps à leur consacrer. Notre mission c'est d'assurer la sécurité mais aussi la réinsertion des détenus. Mais faute de moyens, on ne peut plus être que des porte-clés ». Pierre-Marie l'avoue sans difficulté, un jour il a craqué et pris un arrêt pour éviter le burn-out. « Le plus dur c'est ça : perdre le sens de ce qu'on fait ».
« On se sent lâchés par les politiques », gronde Jérôme. Son père était déjà surveillant et s'en souvient comme d'un âge d'or.
« Avant on parlait de bandits. Il y avait un code d'honneur, du respect malgré tout. Aujourd'hui, ce sont des voyous qui n'ont plus peur de l'école, du flic, du juge. Et nous, on doit gérer ça ». Comme ses collègues, Jérôme avoue que la pression rejaillit parfois sur sa vie de famille, le rend plus irritable. La prison s'invite à la maison. Le salut vient souvent d'une soupape culturelle ou sportive. Une bouffée d'oxygène hors du chaudron carcéral. Avant de repartir à l'isolement. w
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MessageSujet: Le tribunal administratif de Versailles a condamné l'Etat à indemniser deux détenus des maisons d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) et de Bois-d'Arcy (Yvelines)   Mer 20 Juil - 5:15

Le tribunal administratif de Versailles a condamné l'Etat à indemniser deux détenus des maisons d'arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) et de Bois-d'Arcy (Yvelines), selon une décision rendue publique lundi 18 juillet par l'avocat de deux détenus mais remontant au 8 juillet.



Dans chacun des deux établissements, des experts ont relevé que le système de ventilation ne fonctionnait pas lors de leur visite en mai 2010 et ont même constaté qu'à Bois-d'Arcy, il était hors service quasiment depuis la mise en activité de la maison d'arrêt. D'autre part, à Bois-d'Arcy, le réduit des toilettes "n'est pas entièrement cloisonné" et il n'y a pas d'eau chaude au lavabo des cellules, tandis que les cellules de Nanterre, censées mesurer 9,5 m2, n'en font que 9.

"LA FRANCE RESTE UNE MAUVAISE ÉLÈVE"

C'est la troisième fois en quelques semaines que l'Etat français est condamné pour le mauvais état de ses prisons.

Fin juin, l'Etat avait été condamné à payer des dommages et intérêts à deux détenus des Baumettes à Marseille, en raison de conditions portant atteinte à leur "dignité". L'hygiène très sommaire des locaux était pointée dans un cas, l'impossibilité de se déplacer en fauteuil roulant dans l'autre.

Dans la même période, l'Etat était de nouveau condamné à Rouen à indemniser 62 personnes incarcérées, ou l'ayant été, dans la prison de la ville, reconnue comme vétuste par l'adminstration pénitentiaire et vouée à la fermeture. Plusieurs autres condamnations ont été prononcées à Rouen depuis 2008, visant toutes cette vieille prison appelée "Bonne Nouvelle".

La nouvelle condamnation ne concerne pas des prisons très anciennes : les maisons d'arrêt de Bois-d'Arcy et Nanterre sont en service depuis 20 ou 25 ans. Ce qui, selon l'avocat des deux détenus, Me Fabien Arakélian, "apporte la démonstration qu'il faut saisir la justice pour pousser l'Etat à se conformer aux exigences européennes car la France reste une mauvaise élève".

RESTAURER LES DÉTENUS DANS LEUR DIGNITÉ

Selon l'Observatoire international des prisons (OIP), d'autres actions contre l'Etat sont en instance ou en préparation et pourraient concerner une dizaine d'autres établissements. "L'objectif numéro un est de restaurer les personnes détenues dans leur dignité", a déclaré à l'AFP Me Etienne Noël, administrateur de la section française de l'OIP.

Le ministère de la justice ne commentait pas lundi ces décisions de justice "en cours d'analyse", tout en se réservant le droit de faire appel, a précisé son porte-parole, Bruno Badré. Il renvoie par ailleurs au nouveau programme immobilier pénitentiaire rendu public début mai par le ministre, Michel Mercier, qui prévoit notamment la construction de 25 nouveaux établissements et la rénovation de 15 autres, parallèlement à la fermeture de 36 prisons vétustes, dont l'état ne permet pas d'envisager une rénovation.

"Bien sûr il faut construire des prisons pour remplacer les vieilles, mais il ne faut pas en profiter pour faire des monstres", a commenté Me Noël. "Il faut faire des petites prisons et ne pas s'obliger à les remplir".
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MessageSujet: Silence on entasse !   Sam 30 Juil - 9:50

Prisons : silence, on entasse
Point de vue | LEMONDE.FR | 26.07.11 | 14h12 • Mis à jour le 26.07.11 | 15h34

par Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature

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Dans une indifférence quasi-générale, que "les vacances" ne suffisent pas à expliquer, l'Etat vient d'être condamné à trois reprises en quelques semaines par la justice administrative en raison des conditions d'existence qui ont cours dans ses prisons. Des personnes détenues dans les maisons d'arrêt de Nanterre, Bois-d'Arcy, Rouen et Marseille ont ainsi obtenu réparation d'atteintes à leur dignité (cellules trop exiguës, toilettes non cloisonnées, absence de ventilation, mauvaise hygiène des locaux, impossibilité de circuler pour les détenus handicapés…).

Le constat n'est certes pas nouveau : du Sénat à la Cour européenne des droits de l'homme, en passant par le contrôleur général des lieux de privation de liberté, la Commission nationale consultative des droits de l'homme ou le Comité européen pour la prévention de la torture, on ne compte plus les alertes officielles. En 2000 (déjà !), une commission d'enquête parlementaire avait ainsi observé que "les conditions de détention dans les maisons d'arrêt étaient souvent indignes d'un pays qui se targue de donner des leçons à l'extérieur dans le domaine des droits de l'homme". Le titre de son rapport était plutôt éloquent : "Prisons : une humiliation pour la République". Le genre d'humiliation auquel on s'habitue, apparemment…

Il n'y a pourtant aucune raison de penser que la situation va s'améliorer, bien au contraire. Le 1er juillet, la France comptait 73 320 personnes sous écrou (un "record") dont 64 726 détenus, contre 49 718 et 49 342 dix ans plus tôt (soit + 47,5 % et + 31,2 % !) et 68 659 et 62 113 l'année dernière (+ 6,8 % et + 4,2 %). En un an, le nombre de détenus "en surnombre" a augmenté de 14 % pour atteindre 11 185 (ce qui représente 20 % de l'ensemble des détenus, 32 % dans les maisons d'arrêt). Le 1er juin, il n'y a jamais eu autant de détenus dans les prisons françaises (64 971). 37 établissements pénitentiaires ont un taux d'occupation supérieur ou égal à 150 %, dont 5 au-delà de 200 %.

On compte ainsi 367 détenus pour 180 places à Béthune (203,9 %), 882 pour 588 à Villepinte (150 %), 239 pour 94 à Nouméa (254,3 %), 89 pour 40 à La Roche-sur-Yon (222,5 %), 604 pour 371 à Gradignan (162,8 %), 163 pour 90 à Auxerre (181,1 %) (chiffres au 1er juillet 2011, selon la direction de l'administration pénitentiaire)…

Selon une étude publiée par Pierre V. Tournier, directeur de recherches au CNRS, l'accroissement de la population sous écrou est particulièrement net depuis le début de l'année (+ 7,4 % entre le 1er janvier et le 1er avril) et s'explique, non par un allongement du temps moyen passé sous écrou, mais par une augmentation des entrées sous écrou, avec en particulier une forte hausse des mises à exécution des peines d'emprisonnement de un an à moins de trois ans (+ 50 %) (selon l'Observatoire des prisons et autres lieux d'enfermement). Le chercheur rapproche cette évolution de l'affaire dite "de Pornic" survenue en janvier et de "son traitement médiatique, politique et judiciaire" qui "a pu favoriser le recours à la détention".

De fait, tous les procureurs ont reçu du garde des sceaux, le 15 février, une circulaire d'application "immédiate" leur enjoignant, notamment, de faire exécuter plus rapidement les peines d'emprisonnement. Les plus zélés d'entre eux se sont ainsi sentis autorisés à mettre en échec des projets d'aménagement de peine, pourtant utiles à la société, en adoptant soudain une lecture tatillonne voire abusive de certains textes de procédure.

Plus généralement, la situation catastrophique des prisons françaises n'est sans doute pas sans lien avec les pratiques et les discours caricaturaux qui tiennent lieu de philosophie pénale au pouvoir actuel : la dénonciation récurrente (et mensongère) du "laxisme des juges", les multiples lois banalisant l'emprisonnement (notamment celle sur les "peines-planchers"), la pression statistique qui s'exerce toujours plus sur les parquets au mépris de la réalité des situations, la suppression des grâces collectives du 14 juillet, les préconisations ineptes du rapport Ciotti…, autant d'indices d'un projet politique qui vise à achever la transformation de la justice pénale en machine à enfermer aveuglément.

PRODUCTIVISME DANGEREUX

Pour quels effets sur la délinquance ? Pas fameux, si l'on en juge par la permanence de l'obsession répressive elle-même ou encore par la hausse des atteintes aux personnes récemment stigmatisée par la Cour des comptes…

Parallèlement, pour mémoire, "le taux de suicide dans nos prisons a quintuplé en 50 ans alors qu'il a dans le même temps peu changé dans la population générale (…). La France présente le taux de suicide carcéral le plus élevé de l'Europe des Quinze, avec des détenus qui se suicident 5 à 6 fois plus que les hommes âgés de 15 à 59 ans " (Suicide en prison : la France comparée à ses voisins européens, Géraldine Duthé et a., Bulletin mensuel d'information de l'Institut national d'études démographiques, décembre 2009).

Il est plus que temps de rompre avec ce productivisme pénal stupide et dangereux. Il y a quelques semaines, le chef de l'Etat prônait une "révolution judiciaire" : elle s'impose assurément, mais à l'inverse de la régression qu'il a choisi d'incarner. La solution passera nécessairement par la dépénalisation de certaines infractions (séjour irrégulier, usage de stupéfiants…), une limitation drastique du recours à la détention provisoire (26 % des détenus sont présumés innocents, sept ans après le "scandale d'Outreau"), un changement radical de politique pénale impliquant notamment une forte réduction du nombre de comparutions immédiates, l'instauration d'un numerus clausus pénitentiaire…

Entre le 1er juin et le 1er octobre 1981, sous l'impulsion du garde des sceaux Robert Badinter, la population carcérale avait baissé d'environ 40 %. Avec 29 000 détenus, le pays avait-il alors sombré dans le chaos ? Voilà qui pourrait faire réfléchir et réagir les candidats à la prochaine élection présidentielle…

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MessageSujet: Au bord de l'implosion   Jeu 4 Aoû - 16:08

Les prisons Françaises au bord de l'implosion
04/08/2011 à 11h56 | 582 vues | 0 réactions


La surpopulation carcérale atteint des records. Surmenage des gardiens, sentiment d'abandon des détenus, la situation est préoccupante.

Vendredi 29 juillet, en raison d’un «surencombrement» – 130 détenus pour 100 places –, le procureur de la République de Dunkerque, Philippe Muller, avait décidé de reporter les incarcérations de certains personnes condamnées à des peines de prison, et ce jusqu’au 5 septembre. Cette directive valait pour la maison d’arrêt de Dunkerque et d’autres établissements pénitentiaires de la juridiction d’appel. , faute de place pour les accueillir. Sauf délits les plus graves – peines courtes non aménageables, peines liées à des «faits de nature sexuelle» et récidives – il ne devait donc plus y avoir de mise sous écrou à Dunkerque pendant au moins au mois. Vendredi pourtant, Philippe Muller a annoncé à l’AFP qu’il annulait ses directives de reports d'incarcération, «sur ordre de sa hiérarchie». Un exemple qui suffit à souligner l'urgence du problème de l'engorgement des prisons françaises.

Un rapport de l'Observatoire des prisons et autres Lieux d'enfermement ou de restriction des libertés (OPALE) recense l'occupation dans les établissements français au 1er juillet 2011. Pointés du doigt, le durcissement des peines, le manque de personnel, les coupes budgétaires affectant les mécanismes de réinsertion.

Plus de détenus et moins de places
Avec 2613 détenus de plus qu’en juillet 2010, la population carcérale – 64726 détenus en France au 1er juillet 2011 – a augmenté de 4,2% en un an, selon le tableau de bord d'Opale publié le 1er juillet 2011 par Pierre-Victor Tournier. Le nombre de personnes sous écrou (détention, surveillance électronique...) à cette date – 73320 personnes – est un nouveau record, élevé de 6,8% par rapport à 2010. Cependant, c’est d’abord une hausse significative du nombre de détenus «en surnombre» que le directeur de recherche au CNRS note. 11185 personnes contre 9847 l’an dernier: la surpopulation carcérale a augmenté de 14% en un an. Elle concerne aujourd’hui 20% des détenus en France.

« En juin, on atteint des records en terme de population pénale» regrette Anne Chereul, de l’OIP. «Plus de la moitié des établissements et quartiers sont actuellement en surpopulation. Ce qui implique des violations en termes d’hygiène, et des risques de violences» s’inquiète-t-elle. Alors que le comité européen pour la prévention de la torture (CPT) demande pour tout détenu le droit de disposer d’au moins 7m2 pour lui seul. Le taux moyen de surpopulation des établissements pénitentiaires est quant à lui de 115%.

Cinq établissements pénitentiaires ont actuellement un taux d’occupation supérieur à 200%. 51 d’entre eux ont un taux compris entre 120 et 150%, selon l’OIP. A Béthune, le taux d’occupation est de 203,9%. Il atteint 222,5% à La Roche-sur-Yon – soit 89 détenus pour 40 places –, et jusqu’à 254,3% à Nouméa. Soit 239 détenus, pour 94 places.

Car la surpopulation s’explique aussi par le recul du nombre de places disponibles. En un an, le nombre de places opérationnelles en détention est passé de 56419 à 56081, soit 338 places en moins. «Il n’y a en effet pas eu de récente mise en place de nouveaux établissements» analyse Pierre-Victor Tournier. Pendant ce temps, le nombre d’entrées en détention a sensiblement augmenté, notamment depuis le mois de janvier.

"Une situation totalement contre-productive"

Le constat n'est pas nouveau, les conditions de détention se dégradent. Depuis une dizaine d'années, la France fait figure de mauvaise élève aux côtés de ses voisins dans les classements d'associations et d'organisations internationales. Il y a un an, le Comité pour la prévention de la torture de l'ONU déclarait que la situation française était "préoccupante". Pour les syndicats, elle est intolérable. D'après l'Ufap-Unsa, dans le centre pénitentiaire de Baie-Mahault en Guadeloupe, 95 détenus dorment par terre. "Que ce soit dix, cent, mille, ne serait-ce qu'un seul prisonnier privé de lit, ce n'est pas acceptable", déclare René Sanchez, secrétaire général adjoint de FO-Pénitentiaire.

François Bès, coordinateur Ile-de-France de l'Observatoire international des prisons (OIP), dresse un constat alarmant. "À trois par cellule 22 heures sur 24, il est évident que la situation dégénère. Le personnel pénitentiaire est débordé et n'a plus le temps de communiquer avec les détenus, le système de santé - soins, prévention et éducation - ne fonctionne plus correctement, le sentiment d'isolement est décuplé. Les détenus sortent à vif. La situation est totalement contre-productive." Comme le souligne Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation et de liberté, "la vérité de la prison, c'est le jour de la sortie", avant d'ajouter que, sans mécanisme de réinsertion adéquat, la privation de liberté perd tout son sens.

Développer d'autres solutions

"Si la prison empêchait la récidive, ça se saurait", déplore François Bès. Selon lui, l'État devrait privilégier le développement d'organismes de prise en charge à la sortie et opter pour davantage d'alternatives à l'incarcération. Il cite comme initiative les travaux d'intérêt général ou l'accompagnement spécialisé. "La multiplication des peines de courte durée explique, en partie, l'engorgement des prisons. Ne pas privilégier l'incarcération pour ces individus serait un moyen efficace d'améliorer la situation", avance-t-il. "La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 prévoit la possibilité d'un aménagement de peine", poursuit René Sanchez de FO-Pénitentiaire. Les dernières décisions politiques s'orientent vers l'agrandissement et la construction de nouvelles structures d'accueil. "Une fausse solution", déplore François Bès qui affirme que, si "on construit, on remplit".

Jean-Marie Delarue a conscience du problème. Il estime que le développement de solutions autres que l'incarcération est aussi l'une des pistes à explorer. "La population carcérale française atteint des records. De septembre 2010 à mai 2011, elle a grimpé au rythme de 1 % par mois." D'où provient cette augmentation ? "On parle souvent de la hausse de de la délinquance. C'est un fait. Mais quand on regarde les chiffres depuis quarante ans, on s'aperçoit que ce n'est pas la seule explication", insiste-t-il. La multiplication des affaires devant les tribunaux, le durcissement des peines et quelque 100 000 incarcérations qui correspondent à des peines inexécutées sont à l'origine du phénomène. "Il existe beaucoup de leviers sur lesquels joue le gouvernement depuis longtemps. Il y a celui des alternatives à l'incarcération, mais aussi la nécessité d'une réflexion sur le sens à donner aux peines", poursuit le contrôleur général des lieux de privation et de liberté. "Il faudrait en inventer de nouvelles, pour les chauffards, ou les hommes violents, par exemple", énumère Jean-Marie Delarue. "L'incarcération n'est pas forcément la punition la plus appropriée, ni la plus efficace", croit-il.

Dans un bulletin mensuel d'information intitulé "Suicide en prison: la France comparée à ses voisins européens », Géraldine Duthé, de l'Institut national d'études démographiques, souligne que le taux de suicide dans les centres français, le plus élevé dans "l'Europe des quinze", a quintuplé en cinquante ans. Un chiffre qui parle de lui-même.

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MessageSujet: Le ministre de la Justice accusé de "duplicité" sur les prisons   Lun 8 Aoû - 15:12

Le ministre de la Justice accusé de "duplicité" sur les prisons
- Publié le 05/08/2011 à 17:36




PARIS (Reuters) - Le ministre français de la Justice, Michel Mercier, est accusé de faire preuve de "duplicité" dans la question des prisons surpeuplées.

Le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) lui reproche d'avoir contraint un procureur à revenir sur une suspension des incarcérations et d'avoir recommandé par ailleurs par écrit de telles mesures.

Cette contradiction apparaît, dit le syndicat, dans une note signée par le ministre le 21 juillet, diffusée vendredi à la presse, où il invoque l'existence de protocoles nationaux suspendant les incarcérations, pour s'en féliciter.

Or, le même Michel Mercier a contraint le 25 juillet le procureur de Dunkerque à revenir sur la suspension des mises sous écrou ordonnée par circulaire jusqu'au 5 septembre, en raison de la saturation de la maison d'arrêt locale qui abrite 150 personnes pour 100 places.

Dans la circulaire de Michel Mercier envoyée aux procureurs le 21 juillet, qui rend compte de discussions sur le problème de l'aménagement des peines et des alternatives à la prison, on découvre que de tels dispositifs sont déjà en vigueur sur ordre des administrations centrales.

"Des protocoles ont été élaborés fixant un nombre d'écrous au-dessus duquel, compte tenu des capacités d'accueil des établissements pénitentiaires, les mises à exécution de peines d'emprisonnement étaient reportées ou la possibilité de procéder à des conversions de peines systématiquement étudiées", lit-on.

Le dossier illustre la difficulté de la position du gouvernement, qui prône une réponse ferme à la délinquance et a lancé un programme de mise à exécution des peines de prison, mais doit en parallèle gérer une situation carcérale explosive et favorise donc des solutions remplaçant la prison.

Au 1er juillet, 64.726 personnes étaient en détention en France pour 55.000 places, un record. La situation est jugée particulièrement sérieuse dans les maisons d'arrêt. On y dort quelquefois à cinq par cellule, sur des matelas placés au sol.

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser






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MessageSujet: Chez les femmes ça déborde !!   Jeu 1 Sep - 12:05

Pour la première fois depuis son inauguration, en 1988, un détenu de la maison d’arrêt de Strasbourg a dû dormir à terre faute de lit disponible.
Cette première a eu lieu très exactement dans le quartier pour femmes de la prison où, depuis la fin de la semaine dernière, des prisonnières doivent se contenter d’un matelas à même le sol pour passer la nuit. Une situation d’engorgement qui touche tous les quartiers pour femmes de l’Est de la France, dénonce dans un communiqué l’Ufap/Unsa, le plus important syndicat du personnel pénitentiaire.

« Nous avions eu une première alerte au début de l’été, alors que depuis la création de l’Elsau, le personnel se faisait un point d’honneur à ne faire dormir aucun détenu à terre par respect de la dignité des personnes », nous a indiqué, hier, un représentant du syndicat.

Selon l’Ufap/Unsa, la maison d’arrêt compte 444 places mais, par rajout de lits, peut accueillir 798 détenus. Le quartier pour femmes, pour sa part, a 18 places mais en fait 36 lits qui ne suffisent plus. Pour tenter de désengorger l’établissement, trois détenues ont été transférées pendant le week-end vers la prison d’Epinal, le dernier quartier pour femmes à avoir des disponibilités. « Cela ne va pas durer car tous les autres quartiers pour femmes, à Strasbourg, Mulhouse, Metz et Nancy, sont au taquet. Les femmes qui nous sont confiées sont contraintes de dormir au sol comme des chiens », souligne Eric Gemmerlé, secrétaire général de l’Ufap/Unsa Grand Est.

Selon les derniers chiffres dont il dispose, à Mulhouse on compte 29 femmes détenues, 19 prévenues et 20 condamnées, pour 19 places. Ce mélange entre prévenues, en attente de jugement, et condamnées, est une spécificité des prisons françaises. « Les règles qui s’appliquent aux hommes sont totalement ignorées pour les femmes », explique un responsable syndical de l’Elsau. « Il n’y a pas de séparation entre majeures et mineures, ni entre prévenues et condamnées ou encore entre primo délinquantes et récidivistes, comme c’est obligatoire chez les hommes. De plus, nous avons actuellement deux femmes enceintes », poursuit-il.

En dénonçant publiquement cet état de faits qui n’est plus exceptionnel mais tend à devenir une banalité, le syndicat veut faire pression sur l’administration pour que la réalité des femmes en prison soit prise en compte, même si, heureusement, elles ne constituent qu’une toute petite minorité de la population carcérale.

le 31/08/2011 à 05:00 par Michel Arnould
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MessageSujet: Prisons françaises: un taux de suicide en forte hausse depuis 1945   Mer 14 Déc - 7:04

Prisons françaises: un taux de suicide en forte hausse depuis 1945
Créé le 13-12-2011 à 03h01 - Mis à jour à 12h01 Réagir

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Mots-clés : SANTE, SUICIDES, TENTATIVES, PRISONS, Monde
PARIS (AP) — Le taux de suicide a progressé de 4 à 19 pour 10.000 depuis 1945 dans les prisons françaises, selon une étude publiée mardi par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Cela concerne près d'un décès sur deux.

Le taux de suicide en prison, près de 19 pour 10.000 personnes écrouées en moyenne en 2010 en France métropolitaine, a quintuplé depuis 1945, quand il était de 3,8.

Dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), l'InVS constate qu'à la fin des années 1940, le niveau de suicide était du même ordre, en prison, que celui observé chez les hommes âgés de 15 à 59 ans en population générale. "Depuis l'écart s'est creusé", souligne l'institut. "En 2008, la mortalité en prison était ainsi sept fois plus élevée qu'en population générale masculine, où le taux était estimé à 2,6 pour mille".

L'InVS a étudié les données sur trois ans et demi d'observation de séjours sous écrou provenant du fichier national des détenus de la direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Il observe qu'à l'heure actuelle, près de la moitié des décès survenus dans les prisons françaises sont des suicides.

"Le moment de l'incarcération, la surpopulation carcérale et l'isolement par le placement seul en cellule ou la mise en quartier disciplinaire ont été mis en avant comme facteur de risque", souligne l'institut. Il précise que d'autres facteurs individuels de nature sociodémographique, pénale et clinique ont également été identifiés.

De 2006 à mi-2009, le taux de mortalité par suicide était de 16,7 pour 10.000 séjour-années sous écrou en France. Les personnes placées sous surveillance électronique (5% de la durée totale observée) présentaient un taux deux fois moins élevé. Il en était de même pour les femmes (4, avec un taux de 13,1 pour mille contre 16,9 pour mille pour les hommes.

Les personnes ayant plus de 30 ans au moment de leur mise sous écrou affichaient un taux près de deux fois plus élevé que les adultes plus jeunes. Environ 1% de la durée totale observée sous écrou a été effectuée en cellule disciplinaire, où le taux de suicide était dix fois plus élevé. Ce taux était presque trois fois plus élevé pour les prévenus que pour les condamnés.

Le taux variait également selon la nature de la principale infraction: 46,5 pour mille pour les personnes écrouées pour homicide volontaire, 26,8 pour mille pour viol, 23,8 pour mille pour une autre agression sexuelle, 16,1 pour mille pour violence volontaire et enfin 9,3 pour mille pour une autre infraction. AP

ir/com/sb
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MessageSujet: Le nombre de détenus atteint un nouveau record en France   Ven 16 Déc - 16:15

Le nombre de détenus atteint un nouveau record en France


Le Monde
jeu., 15 déc. 2011 14:14 CST


Les prisons françaises comptaient 65 262 détenus le 1er décembre, pour une capacité de seulement 57 255 places.AFP/JACK GUEZ
Jamais il n'y a eu autant de personnes emprisonnées en France. Selon les statistiques mensuelles de l'administration pénitentiaire (AP), le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint, le 1er décembre, un nouveau record historique, avec 65 262 personnes incarcérées. Le parc pénitentiaire, comptant 57 255 places, est donc nettement surpeuplé avec un taux d'occupation de 113,9 % (113 % au 1er novembre).

Les statistiques de décembre représentent une hausse de 6,2 % par rapport à décembre 2010 (61 473), et de 0,9 % par rapport au 1er novembre 2011 (64 711), précise l'AP dans un communiqué.

RECORD BATTU MALGRÉ DOUZE NOUVELLES PRISONS

Dans le détail, le nombre de prévenus (en attente de jugement) s'élève à 16 587, soit 25,4 % des personnes incarcérées. Les mineurs détenus sont 750, en hausse de 8,7 % par rapport au mois précédent (690). Ils représentent 1,1 % des personnes incarcérées. Enfin, 10 698 personnes bénéficient d'aménagements de peine (semi-liberté, bracelet électronique, etc.), dispositif ayant progressé de 25,4 % en un an et de 43,7 % en deux ans.

Déjà, en juin dernier, le record d'incarcérations avait été battu avec 64 971 personnes enfermées. Cette surpopulation carcérale n'a donc pas été empêchée par les constructions de prisons, initiées par le gouvernement. Pas moins de douze établissements pénitentiaires ont ouvert leurs portes entre 2008 et 2011 (Mont-de-Marsan, Saint-Denis de la Réunion, Roanne, Lyon-Corbas, Nancy-Maxéville, Poitiers-Vivonne, Béziers, Le Mans, Bourg-en-Bresse, Rennes-Vezin, Le Havre et Lille-Annœullin).

LE GOUVERNEMENT SOUHAITE PLUS DE PRISONS

Cette hausse de 12,3 % de la capacité opérationnelle du parc pénitentiaire n'a donc pas su combler les manques pourtant établis de longue date. Pour tenter de résorber la situation, le gouvernement prévoit la construction de plus de 20 000 places de prison supplémentaires pour fin 2017, dans l'optique d'un parc carcéral de 80 000 places.

Au grand dam de l'Observatoire international des prisons (OIP), une association de défense des droits des détenus, qui a appelé les parlementaires à voter contre la loi de programmation prévoyant cette nouvelle augmentation, "économiquement coûteuse" et, selon lui, "contre-productive en termes de prévention de la récidive". Dans son premier rapport depuis six ans, publié la semaine dernière, l'OIP estimait en outre que les conditions de détention n'avaient pas connu d'avancée majeure ces dernières années.
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MessageSujet: Au Moyen-âge de la pensée   Dim 18 Déc - 11:11

Les prisons dans le mur ? Tout le monde s’en fout

18 Décembre 2011 Par Jonas2
Les politiques qui, à l’instar de Sarkozy en 2007, prennent des engagements qu’ils ne tiennent jamais, s’en foutent. Enfin, pas complètement. La grande réforme du système pénitentiaire promise s’est traduite par la création d’une instance indépendante de contrôles des prisons, ainsi que l’institution d’un Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Allez, soyons fous ! Ajoutons aussi le vote de la loi pénitentiaire en novembre 2009. Et alors ? Et bien rien. De toute manière le détenu est un pauvre type qui ne vote pas, un déviant qui s’est mis à l’écart lui-même.

Les média soufflant le froid et surtout le chaud attisant bien le buzz, s’en foutent. Le matin, c’est la parole citoyenne responsable et dépassionnée et le soir c’est plein feu et haro sur le dernier crime odieux commis.


Le citoyen, plus conscient que dans le passé des principes républicains qui doivent régir la vie carcérale – soyons justes-, n’en demeure pas moins un partisan de la prison sanction et un vengeur assoiffé lorsque l’abominable se produit. Dans le fond, le citoyen en liberté se fout de la vie carcérale. « Et puis il faut bien se mettre en sécurité. Et puis toute faute mérite châtiment. »


Pourtant les chiffres sont terribles. Plus de 64 700 de nos concitoyens sont parqués tant bien que mal dans 57 268 places. 80 % des délinquants incarcérés, le sont pour de courtes peines de moins d’un an et essentiellement pour des délits attentatoires aux biens mais pas aux personnes. La proportion de crimes n’est que de 0,4 % du million de faits délictueux enregistrés chaque année en France. Le nombre de suicides en prison à doublé en 20 ans. Il présente un taux de suicides (« sursuicidité ») cinq à six fois supérieur à celui de la moyenne nationale. En milieu carcéral, il est l’un des plus élevés d’Europe.


Un casse ou un vol, dont on peut comprendre qu’ils mettent en rage la victime, ne justifieront jamais ces sanctions sacrificielles et irrémédiables offertes sur l’autel de la RGPP, du chiffre à tout prix et du sécuritaire électoral.


La seule réponse concrète pour l’instant réside en les programmes de construction d’établissements pénitentiaires selon les modalités du partenariat public privé (PPP) avec le groupe Eiffage, notamment. Et l’exploitation sans vergogne par des intérêts privés d’une main d’œuvre taillable et corvéable à merci. (http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/22111...)


Insalubrité des prisons, sous-effectifs des surveillants, éducateurs et psychologues, rapports institutionnels et associatifs désastreux sur les « conditions de détention indignes », déshumanisation lisse et clean des nouvelles structures, restent la sinistre réalité des prisons françaises. Le châtiment continue à l’emporter sur la réinsertion dans la plupart des esprits et dans les faits. Or quoi de plus contreproductif que cette option qui enferme des brebis galeuses, au pire des moutons enragés, pour lâcher en fin de peine des fauves qui ont été humiliés, ravalés au rang de bêtes nuisibles et de malfaisants. En bref, des fauves qui ont tout appris des ficelles du crime et qu’une double peine attend avec la « sortie ». Le regard des autres n’est plus jamais le même quand ils savent que quelqu’un a fait de la prison. Des fauves qui doivent ravaler un sale goût de revanche à prendre, sur une société qui ne leur a jamais fait de cadeaux. Des fauves parce que condamnés définitivement et sans espoir d’insertion véritable.


Quand allons-nous enfin sortir de ce moyen-âge de la pensée qui ne s’étonne surtout pas quand toujours plus des mêmes choses s’entêtent à produire toujours plus des mêmes dégâts ? Pas tout de suite sans doute. Car combien de fois ai-je entendu cette superbe sortie pleine de bonne conscience tranquille : « Mais comment leur trouver un travail quand il n’y en a déjà pas pour ceux du dehors ? » Une petite musique qui avec sa fausse candeur touchante dit bien que le taulard est et reste un sous-citoyen.


Véronique Vasseur et Gabriel Mouesca traitent sans tabou de cette question et des solutions alternatives qui existent. "La prison doit changer, la prison va changer" avait-il dit. (Ed. Flammarion)
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MessageSujet: Réaction aux propos de François Hollande concernant les injections en prison   Mar 20 Déc - 16:23

Réaction aux propos de François Hollande concernant les injections en prison
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20 Décembre 2011 Par Act Up-Paris
Edition : Sida : Battre la Campagne
"Il y a aussi des actions à mener à travers un certain nombre de publics «spécifiques », c'est le mot de la phraséologie administrative. Je veux évoquer les prisons, où il y a des chiffres alarmants qui nous sont communiqués : 12% des détenus déclarent s'injecter de la drogue durant leur détention. Plus de 30% d'entre eux partagent leur seringue, ce qui aboutit à une flambée des contaminations VIH et hépatites, pour des personnes qui un jour, je le rappelle, sortiront de leur détention, et seront en milieu ordinaire, c'est à dire parmi nous. Là encore prévenir en prison, c'est éviter le développement de la maladie hors la prison."

Voici les propos tenus par le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, lors des XVIème États Généraux d’ELCS (Élus Locaux contre le sida) à la Mairie de Paris le 29 novembre 2011. Nous nous félicitons de la prise de conscience du candidat François Hollande sur la situation dramatique dans les prisons françaises. Nous nous en félicitons d'autant plus que c'est une des thématiques totalement oubliées de la campagne électorale. Nous prenons par ailleurs acte de ce que nous considérons comme un engagement : mettre en place des programmes de réduction des risques dans toutes les prisons et nous attendons sa formalisation dans le programme de campagne du PS.

Cependant son intervention appelle les commentaires suivants :

A La santé des prisonniErEs est un objectif en soi.


Sous-entendre que l’on doit protéger la population pénale parce qu’elle représenterait un danger pour la population extérieure est un véritable scandale et une négation de la loi de 1994 censée instaurer l’égalité des soins entre tous et toutes, à l’intérieur comme à l’extérieur. La seule raison de la mise en place urgente des PES (programme d’échange de seringues) en prison, devrait être d'éviter que les détenuEs se contaminent. En mettant de côté cet objectif, et en appuyant l'argument de la santé publique, celle des « autres », de « l'extérieur », François Hollande entretient l'image de sortantEs de prisons, vivant « parmi nous », dangereuxSEs, potentiellement contaminantES pour les citoyenNEs et la société extérieure. Même involontaire, il s'agit d'un discours de stigmatisation de plus pour les malades incarcéréEs. Si François Hollande n'utilise pas le mot "populations à risque", il raisonne sur cette logique.

« Prévenir en prison, c’est éviter la maladie hors la prison ». Cela voudrait-il direque si les prisonniErEs ne sortaient pas, on les laisserait se contaminer ?! La prévention du sida en prison doit être le seul objectif, car c'est un objectif nécessaire et suffisant !

B Les personnes vivant avec une pathologie grave doivent sortir de prison.


Les personnes séropositives, comme toutes celles vivant avec une pathologie grave, doivent sortir de prison ! François Hollande ne le rappelle pas ! Les personnes séropositives prisonnières doivent bénéficier en priorité des aménagements de peine et doivent bénéficier aussi de la loi sur la suspension de peine, car leurs conditions de détention est un facteur aggravant et déclencheur de la maladie. Nous aurions aimé que cela soit dit dans les engagements pris par Hollande.

C Moins de répression, moins de prison


Par ailleurs, si la politique pénale sur l'usage de drogue n'était pas autant orientée vers la criminalisation, il n'y aurait pas ce type de problème en prison. De même, si on abolissait les lois répressives (contre la prostitution, l'usage de drogues, les étrangErEs, notamment), il y aurait moins d’incarcérations donc moins de problèmes sanitaires dans les établissements pénitentiaires. Nous attendons donc du PS des engagements clairs sur la pénalisation de l'usage de drogue – qui a tant bloqué en prison, comme à l'extérieur, toute action de prévention depuis le début de l'épidémie ; mais aussi sur toutes les lois qui enferment au détriment de la santé des personnes et de la santé publique : lois sur l'immigration, sur la prostitution, notamment.

Rappel des revendications d'Act Up-Paris


Nous attendons du candidat François Hollande des décisions fortes et des réponses précises. Le Parti socialiste doit prendre à bras le corps la situation des malades incarcéréEs dans toute sa dimension, sans stigmatisation, sans exclusion, sans différence entre l’extérieur et l’intérieur. Cela implique

1-La mise en place des P.E.S (programmes d’échanges de seringue), et de programmes de réductions des risques en prison pour stopper de toute urgence les contaminations VIH et VHC en milieu carcéral.

2-L’accès aux associations de lutte contre le sida et aux CAARUD en détention permettant l’information et la prévention (accès aux préservatifs, aux outils de réduction des risques liés à l’usage de drogues…)

3-L’abolition des quartiers d’isolement, des quartiers disciplinaires et la disparition des régimes sécuritaires comme l’inscription au fichier des Détenus Particulièrement Signalés (DPS) pour les malades.

4-La mise en œuvre de toutes les mesures permettant la libération des malades incarcéréEs :

-les alternatives à la détention provisoire

-les alternatives à l’incarcération

-les aménagements de fin de peine

-la suspension de peine pour raison médicale

5-Le respect absolu du secret médical en détention et lors des extractions à l’hôpital.

6-Une prise en charge sociale et médicale équivalente au milieu libre et le suivi des soins sans rupture de traitement lors des transferts. La prise en charge sociale implique notamment que l'Allocation adulte handicapée soit attribuée à taux plein en prison. La prise en charge médicale doit assurer les mêmes examens, à la même fréquence qu'en extérieur, proposer les mêmes interventions. Les personnes doivent avoir accès à une alimentation saine, qui corresponde à leur état de santé..

7-Propositions systématiques et renouvelées faites aux personnes incarcérées de dépistage et études épidémiologiques régulières. (Egalement, recherche et recensement du nombre de morts du sida en prison depuis les années80).



Enfermer tue ! Act Up-Paris réclame donc que François HOLLANDE se prononce sur ces sept revendications qui sont les seuls moyens de lutter efficacement contre la propagation du sida en milieu carcéral. Il s’agit d’un droit et d’une urgence !
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