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 La revanche de Baal : ou l'inacceptable capitulation des idéologies devant les marchés

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Date d'inscription : 25/04/2008

MessageSujet: La revanche de Baal : ou l'inacceptable capitulation des idéologies devant les marchés   Sam 25 Déc - 17:36

Les Etats ont capitulé face aux marchés»
INTERVIEW
Entretien avec Sharan Burrow, dirigeante de la Confédération syndicale internationale.
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Recueilli à Cancun (Mexique) par CHRISTIAN LOSSON

Des étudiants anglais manifestent dans les rues de Londres, le 9 décembre 2010. (© AFP Carl Court)

Sharan Burrow (photo ci-contre) est secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale. Présente à Cancún à la conférence sur le climat, elle bataille pour de vrais plans de relance verte. Elle revient, pour Libération, sur les conséquences de la crise sur le monde du travail et fustige la «capitulation» des gouvernements «face aux marchés».

Il y a deux ans, on vantait l’économie verte telle une clé anticrise. C’est devenu un mirage…
Ces attentes n’ont pas disparu pour les syndicats. Investir dans l’économie verte est un levier de croissance indispensable. Mais on vit le manque de volonté des gouvernements comme une frustration incroyable. La crise a coûté 220 millions d’emplois dans le monde. Et 45 millions de jeunes vont intégrer le marché du travail chaque année dans les dix ans. C’est un problème politique, un enjeu économique, et aussi un désastre social. La solution passe par des vrais plans de relance, axés sur l’économie du futur, une vraie politique de l’emploi. Pas des coupes budgétaires radicales…

Les plans de rigueur se généralisent, mais les protestations restent très faibles dans le monde…
La colère et l’exaspération gonflent. Et on va en avoir la démonstration en 2011. Les gouvernements sont tétanisés par les marchés. Ils font trop peu, trop tard… L’activisme pousse, les mouvements étudiants au Royaume-Uni ou en Italie en attestent. Et les syndicats connaissent un regain d’adhésion réel.

Les appels à reformer le capitalisme sont-ils restés lettre morte ?
Et comment ! Les marchés demandent de réduire les déficits ? Les gouvernements s’y plient. Ils veulent des mesures d’austérité sur fond d’impunité totale des financiers qui ont déclenché la crise ? Les Etats en rajoutent. C’est un cercle vicieux. Sans marge de manœuvre, ils aggravent la crise et en obèrent la sortie. Tailler dans le secteur public, c’est pousser, comme en Grande-Bretagne, 500 000 personnes au chômage. Une blague ! C’est moins de consommation, moins de demande, moins de croissance. Donc, avec du décalage, plus d’austérité à la clé. On s’oriente vers un scénario de double dip[récession suivie d’une autre encore plus marquée après une reprise timide, ndlr].

On reviendrait donc aux mêmes remèdes classiques ?
C’est le retour de la vieille orthodoxie sous la houlette du Fonds monétaire international. Dominique Strauss-Kahn, son patron, peut dire des choses pleines de bon sens sur le partenariat social quand il discourt à l’Organisation internationale du travail, mais le FMI copilote des plans de rigueur, en Roumanie, en Grèce ou en Irlande, où il taille à la serpe les acquis sociaux.

Un paradoxe, vraiment ?
Non, c’est schizophrénique. DSK a beau avoir une vue claire et promouvoir un nouveau modèle, axé sur une nouvelle gouvernance, il accepte les potions infligées aux pays en pleine restructuration… L’OCDE ? Pareil. Elle peut fournir dans ses rapports un vrai travail sur les nouvelles taxations, les paradis fiscaux, les emplois verts et, de l’autre, faire l’apologie de la réforme du marché du travail, les coûts salariaux minimums, la nécessité d’assouplir les protections sociales… On est revenu à l’époque du consensus de Washington [pilier de la théorie libérale axé sur la privatisation, la rigueur budgétaire, etc.]. L’antithèse d’un développement économique et social durable !

Les Etats sont-ils impuissants ?
Les marchés financiers et les banques ont repris le gouvernail de l’économie. Ils dictent les politiques aux Etats, qui ont capitulé. Les spéculateurs ont cédé des miettes sur la régulation et les soi-disant contrôles des rémunérations. Mais à l’arrivée, les bonus battent des records. En dépit des belles paroles sur la réforme, de Sarkozy ou de Merkel, la régulation est si timorée qu’elle ne produit aucun effet, à part, peut-être, aux Etats-Unis. Le Conseil de stabilité financière, chargé de la surveillance des institutions financières ? Un conseil d’opacité, plutôt. Le contrôle sur la spéculation sur les matières premières ? On est plutôt sur le point de voir éclater une nouvelle bulle sur les prix alimentaires…

Que préconisez-vous donc ?
Les syndicats ne sont pas contre des ajustements fiscaux ou budgétaires. Mais il faut des contreparties sur l’emploi et les salaires, et des projets d’avenir. Or, on ne voit rien venir. Sauf la rigueur qui touche les plus faibles. A l’image des réformes des retraites. En Russie, elle vient de passer à 65 ans, quand l’espérance de vie est de 57 ans pour les hommes… Ayons un vrai dialogue social, pas comme ce qui s’est passé en France. Sinon, on court vers la faillite économique et sociale.
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