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 Gaz de schistes : une bataille mondiale d'ampleur inédite, une nouvelle catastrophe pour l'environnement

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MessageSujet: Gaz de schistes : une bataille mondiale d'ampleur inédite, une nouvelle catastrophe pour l'environnement   Dim 19 Déc - 18:18

Gaz de schistes : une bataille mondiale d'ampleur inédite, une nouvelle catastrophe pour l'environnement

1491 lectures / 15 commentaires17 décembre 2010, 10 h 26

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Puits de forage dans le gisement de Barnett shale, Alvarado, Texas - Etats-Unis
© Greg Barnes
Les gaz de schistes connaissent présentement un essor extraordinaire aux États-Unis. En Europe, les compagnies pétrolières commencent à s'intéresser sérieusement à cette ressource de gaz non conventionnels. Leur exploitation causant une dégradation environnementale incommensurable, les écologistes et environnementalistes sont en alerte. C'est dans une certaine discrétion complice que la course aux gaz de schistes vient de commencer en France. Situation cornélienne : son exploitation pourrait nous assurer une indépendance énergétique tout en nous coûtant un cuisant désastre environnemental. Sachant que nos caprices économiques se conjuguent à une incurable myopie écologique, l'issue ne fait hélas aucun doute.

Gaz de schistes : kézako ?

C'est un gaz naturel dont le berceau se situe dans des roches mères organiques, comme les schistes noirs à grain fin. Les prémices de la formation d'un gaz naturel sont la photosynthèse, processus selon lequel les végétaux utilisent l'énergie solaire pour transformer le dioxyde de carbone et l'eau en oxygène et en hydrates de carbone. Au fil de la genèse et de la surcharge sédimentaire, ces hydrates de carbones générés par l'enfouissement des végétaux et de leurs résidus ingérés par les formes animales, se transforment en hydrocarbures sous l'effet de la chaleur induite par la pression. Cette quasi-percolation incite une majeure partie du gaz naturel à migrer des roches mères vers des roches plus poreuses tels le grès et le calcaire. On nomme « gaz de schistes » ceux demeurant dans des roches sédimentaires argileuses très compactes et très imperméables, tels les schistes, et qui renferment au moins 5 à 10 % de matière organique.

Une autre théorie presque oiseuse et dite inorganique avance l'hypothèse que les hydrocarbures ne sont pas issus de matières vivantes enfouies, mais auraient été emprisonnés dans la Terre lors de sa formation.

À part quelques rares pays n'ayant pas de bassins sédimentaires, on peut trouver des « shale gas » à peu près partout. Les réserves mondiales représenteraient quatre fois les ressources de gaz conventionnel. De quoi, si on arrivait à les exploiter, changer la donne de la géopolitique liée aux énergies fossiles. C'est aussi et alors l'occasion pour l'Occident de reprendre la main face à la Russie et aux pays du Sud producteurs de gaz et de pétrole. Un enjeu faramineux et face auquel le souci environnemental fera pâle figure.

La révélation de tels gisements exploitables représente, pour la société énergivore d'un nouvel âge que l'on qualifie d'oléocène, une manne considérable : du gaz dans le sous-sol d'un bout à l'autre de la planète, des milliers de milliards de mètres cubes en Europe, sept fois plus en Amérique du Nord et encore davantage en Asie et censément en quantité astronomique en Australie… Des décennies de gaspillage énergétique sont enfin possibles sans recours aux énergies alternatives et renouvelables, de quoi nous combler, nous enchanter !

Une solution écologiquement finale

Ces types de gaz sont dits non conventionnels parce qu'ils ne peuvent pas être exploités avec les modes de production classiques. Ils sont aujourd'hui produits en grande quantité aux États-Unis où ils représentent déjà plus de 10 % de la production gazière contre seulement 1 % en 2000. En Amérique du Nord, où tout ce qui est exploitable est exploité sur un mode minier et sans vergogne, l'engouement pour cette nouvelle providence a été favorisé par une réglementation environnementale moins contraignante, un droit de propriété privé étendu au sous-sol, le faible coût des forages associé aux avancées technologiques, le tout boosté par des incitations fiscales.

Une telle exploitation ravageuse n'est rendue possible que grâce à la technique de fracturation hydraulique des roches, ainsi qu'à une récente amélioration des méthodes d'extraction, en particulier par forage horizontal. Les gaz de schistes étant dispersés dans la roche imperméable, il est donc nécessaire de forer d'innombrables puits en fracturant la roche. Chaque puits exploitable ne l'est que brièvement, un suivant doit donc être foré quelques centaines de mètres plus loin, et ainsi de suite… À deux ou trois mille mètres de profondeur, la réunion des micro-poches à l'aide d'un explosif détonné pour chacune des brèches occasionne un véritable séisme. La fracturation se fait par un mélange d'eau en grande quantité, de sable et de redoutables produits chimiques propulsés à très haute pression (600 bars), méthode qui génère la remontée du gaz à la surface avec une partie du redoutable liquide de fracturation. Chaque « frack » nécessite quasiment 15 000 mètres cube d'eau (soit 7 à 15 millions de litres), un puits pouvant être fracturé jusqu'à 14 fois.

L'impact environnemental n'est donc pas neutre. L'eau utilisée doit être ensuite traitée car elle est souvent salée et contient des métaux lourds. La multiplication des forages et des réseaux de pipes affectent gravement les paysages, d'autant plus que la zone de drainage autour des puits étant faible, il peut y avoir un puits tous les 500 mètres.

Selon un rapport réalisé l'an dernier par l'EPA (Agence de protection de l'environnement américaine), l'activité du gisement de Barnett Shale, dans le nord du Texas, pollue plus que le tout le trafic automobile de cette ville de 725 000 habitants. Sous la ville de Fort Worth, des milliards de mètre cubes de gaz sont extraits chaque mois des couches profondes de roches de schistes, et des torrents de gaz sont drainés par des milliers de camions. Et si les habitants retrouvent même la présence du gaz à la sortie de leurs robinets, c'est que l'eau achemine des traces de produits chimiques injectés dans les puits. Du seul point de vue paysagé, par exemple dans le Colorado, à Garfield County, le désert est désormais hérissé tous les 200 mètres de puits de gaz de schiste.

Sur le continent européen, les bassins les plus intéressants sont situés en Europe du Nord et de l'Est et plus au sud, notamment en France dans le bassin du Sud-est. Le consortium Gash, auquel participe IFP Energies nouvelles, s'applique à établir une cartographie de ce type de ressources. Total vient d'obtenir un permis d'exploration dans la région de Montélimar. Des permis ont aussi été pris en Suède par Shell, en Allemagne par Exxon Mobil, en Pologne par presque tous les majors, ainsi qu'en Lituanie. Il faut noter que l'impact sur l'environnement ne sera pas du même ordre dans la petite et vieille Europe qu'aux États-Unis qui possèdent d'immenses espaces inoccupés. Le sujet prête donc ici davantage à débat sachant qu'il sera illusoire d'imposer des techniques d'exploitations rationnelles et respectueuses de l'environnement.

Savoir s'asseoir sur le Grenelle de l'environnement

L'atout d'un ministère de l'écologie, c'est de manier les paradoxes en usant du consensus économique, c'est d'exploiter le patrimoine tout en faisant accroire à sa sauvegarde pérenne, tel l'Office National des forêts qui partout protège les arbres en les coupant. Il va sans dire que dans un système qui s'auto-dévore il n'est guère possible de produire et de construire sans détruire. Que pouvait donc faire d'autre Jean-Louis Borloo, homme politique et non écologue militant d'une Terre-patrie, que d'accorder des permis de recherche ? Ils ont été confiés au pétrolier français Total associé au géant Texan Schuepbach (allié « par précaution » à GDF-Suez) pour un total de 9700 kilomètres carrés dans les régions de Montélimar, Nant et Villeneuve de Berg, soit une gigantesque et double cicatrice depuis Montpellier et Montélimar jusqu'aux confins du Parc naturel des Cévennes. Un permis de recherche est un euphémisme implicite qui signifie permis d'exploiter. Et le Larzac (et José Bové…) de ressortir la hache de guerre… Dans quelques mois, Total, GDF-Suez et Schuepbach Energy vont y creuser pour évaluer la rentabilité d'exploitation des milliards de mètres cubes de gaz qui doivent s'y cacher.

La technique de la fracturation hydraulique va à l'encontre de certains engagements arrêtés par le Ministère de l'Écologie qui a pourtant signé l'attribution des permis. Le Grenelle doit, par exemple, protéger les sources d'eau potables et les écosystèmes sensibles. Le Grenelle doit aussi réduire la gestion des émissions de gaz à effet de serre. La région choisie étant frappée d'une sécheresse endémique, tout particulièrement en Ardèche et en Drôme, les quantités d'eau à mobiliser sont incompatibles avec le principe de préservation des ressources aquifères énoncé à l'article 27 du même Grenelle.

Suivant notre devise d'exploiter la Terre jusqu'à la moelle, nous allons droit à un emballement herculéen de la si vaste et si complexe machine climatique, et la France ne va pas s'épargner d'y participer. A la clé : une indépendance énergétique qui vaut bien une catastrophe environnementale finale et réussie.

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MessageSujet: SCHISTES BITUMINEUX : LA FRANCE N'EST PAS EPARGNEE   Ven 21 Jan - 13:13

SCHISTES BITUMINEUX : LA FRANCE N'EST PAS EPARGNEE
Postée le 21/01/2011 à 13h05



Après s'être attaqué au lobbying du nucléaire, Greenpeace dénonce une nouvelle fois la production de pétrole à partir des schistes bitumineux contenus dans des couches épaisses d'argile et renfermant du pétrole dans ses pores.

"Comme les conditions d'écoulement sont très difficiles car la perméabilité est très faible, l'extraction et la production d'un tel pétrole nécessite d'énormes quantités d'énergie" précise l'ONG. En effet, il faut aller chercher cette substance brunatre à 2.500 m de profondeur en fissurant la roche dans laquelle elle est emprisonnée, en injectant de l'eau à très haute pression et des produits chimiques.

Dans tous les cas, Greenpeace estime comme "une aberration énergétique, climatique et environnementale, les schistes bitumineux". Tout comme les sables bitumineux, le coût de transformation en pétrole demeure très élevé. Aussi, les "pétroliers, opérateurs ou prospecteurs parient sur un prix du baril toujours plus élevé pour rentabiliser leurs investissements" ajoute t'elle.

La France n'est pas épargnée !

On en parle peu, mais la France pourrait également être concernée par ce genre d'opération à l'avenir. En effet, des schistes bitumineux sont présents en Ile de France, en Picardie et en Champagne-Ardenne. En décembre 2010, les réserves étaient évaluées, par le ministère de l'énergie à près de 65 milliards de barils.

"Si le gouvernement français donne son feu vert à toutes les demandes de permis d'exploration en cours à ce jour, ce sont plus de 65 000 km² qui pourraient faire l'objet de prospections, de schistes bitumineux et de gaz de schistes" indique Greenpeace dans un communiqué.

Là où il y a du pétrole, il y a aussi du gaz !

Outre les schistes bitumineux, des projets d'exploitation de gaz de schistes sont en cours. Les gaz de schiste sont au gaz ce que les sables et schistes bitumineux sont au pétrole. Ainsi pour extraire le gaz de la roche, de grandes quantités d'eau, de composants chimiques et de sable, doivent être injectées pour disloquer la roche et libérer ainsi le gaz.

C'est la « fracturation hydraulique ». "En cas de fuite, ces produits chimiques peuvent s'infiltrer, notamment dans les nappes phréatiques souterraines" dénonce encore une fois l'ONG.

En France, on trouve des gaz de schistes notamment dans le sud-est de la France, où ceux-ci forment un grand V de Mende à Valence en passant par Montpellier.

En décembre 2010, les réserves étaient évaluées, par le ministère de l'énergie, à près de 2.000 milliards de m3. Des permis ont été attribués à l'Américain Schuepbach Energy pour le permis de Nant (Hérault, Aveyron, Gard) et à Total pour celui de Montélimar (Drôme).

Parmi les acteurs des schistes bitumineux on trouve Vermilion, une entreprise canadienne déjà présente pour l’extraction de pétrole conventionnel dans le Bassin parisien, premier producteur de pétrole en France. On trouve également Toreador Resources Corporation et Hess Oil France.
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MessageSujet: Catastrophe environnementale   Jeu 27 Jan - 6:35

A la Une > Planète

Gaz de schiste : révolution énergétique ou catastrophe environnementale ?
LE MONDE MAGAZINE | 22.01.11 | 15h23 • Mis à jour le 24.01.11 | 08h50




Rangez les éoliennes ! Au placard l'énergie solaire ! Oubliées nos bonnes résolutions en termes d'émissions de CO2. Nous sommes sauvés : voici le gaz de schiste... La France serait en effet assise sur d'importantes réserves de ce gaz naturel en tout point semblable à celui que l'on connait sauf qu'au lieu d'être concentré au sein de poches souterraines, celui-ci est disséminé dans ces argiles profonds et imperméables.



Longtemps sa capture sembla un rêve compliqué ou trop onéreux mais la raréfaction des réserves en hydrocarbures a poussé les ingénieurs à forcer le destin. Le principe est simple : après avoir foré verticalement, on pénètre horizontalement les schistes, dans lesquels on envoie à forte pression des milliers de litres d'eau, de sable et un cocktail d'adjuvants chimiques pour ouvrir la roche. On appelle cela la "fracturation hydraulique".

LE FEU AUX POUDRES

Lourde de conséquences pour l'environnement, cette technologie est la clef à la fois géniale et monstrueuse d'une révolution énergétique qui a déjà propulsé les Etats-Unis en première place de la production mondiale de gaz naturel.

En France, Jean-Louis Borloo, pourtant déclaré champion des énergies renouvelables, a signé en mars 2010 trois arrêtés autorisant leur recherche sur de vastes territoires qui s'étendent du Larzac à la Drôme en passant par les Cévennes et l'Ardèche... Et mis ainsi le feu aux poudres. Sur les Causses où la résistance s'organise, on se demande encore ce qui leur a pris de choisir ces hauts-lieux de révolte et de combat pour lancer l'exploration. Par naïveté ou par calcul ?

Laurent Carpentier
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MessageSujet: GAZ DE SCHISTE : SARKOZY BRADE LE TERRITOIRE FRANCAIS   Dim 30 Jan - 17:20

GAZ DE SCHISTE : SARKOZY BRADE LE TERRITOIRE FRANCAIS
Postée le 29/01/2011 à 23h11



Gaz de schiste : Sarkozy veut copier l’Amérique…


Sans aucune information, ni consultation, le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient d’offrir en pâture 1% du territoire français aux appétits des gaziers et pétroliers.

En accordant des permis de recherche exclusifs à des fins d’exploitation de gaz non conventionnel, dits "gaz de schiste", l’État a livré aux multinationales Total, EGL (European Gas Limited), Hess/Toreador, Schuepbach Energy et GDF Suez, des hectares entiers de terres dans le Bassin Parisien, en Rhône Alpes, PACA, Nord Pas de Calais, Lorraine et Franche Comté…

En Picardie, la société Toreador, le quatrième producteur de pétrole français, et son partenaire Hess devraient entamer un programme de six forages dans une zone supposée riche en huiles de schiste s’étendant sur 779 km2 autour de Château-Thierry (Aisne).

L’américain Schuepbach Energy, associé à GDF Suez, est parti à la découverte de gisements de gaz de schiste en Lozère et en Ardèche où il détient deux autorisations de recherche sur des zones de 931 et 4414 km2. Tandis que Total et Devon Energy entendent fouiller une région de 4327 km2 près de Montélimar (Drôme)…

Et ce n’est qu’un début car plusieurs autres permis d’exploration seront attribués dans les prochains mois. En tout, 65 000 km2 du territoire français seront bientôt livrés aux prospecteurs de gaz et huiles de schiste.

Les conséquences peuvent pourtant s'avérer lourdes car la technique utilisée est non seulement polluante et dangereuse pour l'écosystème, mais en plus, très grosse consommatrice d'eau.

La « fracturation hydraulique horizontale », consiste en effet à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression, pour libérer le gaz et le pétrole pris dans la roche compacte, à environ 2000 ou 3000 mètres de profondeur.

Trois ingrédients sont nécessaires pour créer ces mini séismes : des quantités énormes d’eau, plusieurs centaines de produits chimiques (plus de 500) pour attaquer la roche et des micro-billes pour maintenir ouvertes les failles.

Chaque puits peut être ainsi fracturé entre 15 et 20 fois, chaque fracturation consommant entre 7 et 28 millions de litres d'eau, dont seule la moitié est récupérée.

Où sera pompée toute cette eau ? Une fois de plus, on est bien loin du Grenelle qui devait par son article 27 préserver les ressources en eau ! Et comment seront acheminés les volumes de gaz ainsi extraits vers les usines de retraitement ?

L’exemple catastrophique de l’Arkansas

Aux Etats-Unis, le bilan de l’extraction de ces énergies fossiles est catastrophique : pollution massive des nappes phréatiques et de l’air, destruction des paysages et de milieux naturels, etc.

Au cours des quatre derniers mois de 2010, près de 500 tremblements de terre ont secoué Guy en Arkansas. En 2009, 38 séismes ont eu lieu dans tout l’État.

Le point culminant de la fréquence des séismes a été atteint le 30 décembre, avant et pendant la mort de 100 000 poissons, sur une distance de 20 milles au long de la rivière Arkansas, incluant Roseville Township. La nuit suivante, 5000 carouges à épaulettes et étourneaux sansonnets sont morts subitement en tombant du ciel à Beebe.

Le coupable le plus probable de ces trois événements serait la fracturation hydraulique, puisqu’elle provoque des tremblements de terre entraînant la libération de toxines dans l’environnement.






Un examen de l’histoire des séismes et du forage en Arkansas révèle une hausse consternante de la fréquence des tremblements de terre après un forage avancé.

Le nombre de séismes en 2010 équivaut presque à celui enregistré pour tout le 20e siècle ! L’industrie du pétrole et du gaz nie bien sûr toute corrélation mais l’avènement d’hydrofraction suivie de séismes est une histoire qui se répète à travers le pays.

En 1996, la production de gaz de schiste aux États-Unis comptait pour 2% de toute la production nationale de gaz naturel. Certains analystes de l’industrie prévoient que le gaz de schiste représentera la moitié de la production nationale de gaz dans les 10 prochaines années.

En 2000, les estimations des réserves de gaz des États-Unis étaient de 177 billions de pieds cubes, mais elles ont grimpé jusqu'à 245 billions de pieds cubes en 2008. Ces nouvelles technologies incitent les experts à multiplier par neuf les estimations des réserves mondiales de gaz !

Pour un gel immédiat des prospections sur l’ensemble du territoire français.

L’exploitation dans les différentes régions françaises conduirait inéluctablement à des dégâts considérables ainsi qu’à des émissions accrues de gaz à effet de serre, alors même que notre pays s’est engagé à les diviser par quatre.

C'est pourquoi, du Larzac à la Drôme en passant par les Cévennes et l'Ardèche, des collectifs composés d'associations, de syndicats, de partis politiques se lèvent contre ce mode d'exploitation et dénoncent :

- l'absence d'information et de débats publics,

- les conséquences environnementales désastreuses (pollution des réserves d'eau potable, du sol et des sous-sols),

- l'aberration énergétique et la fuite en avant que ce choix représente à l'heure de la lutte contre le changement climatique,

- les ravages en termes socio-économiques (agriculture, tourisme,...)

- les atteintes irréversibles à la santé (produits mutagènes, reprotoxiques ou cancérigènes).

D’après un géologue, la Fontaine de Vaucluse, première source de France pour les volumes débités risquerair d'être polluée. Elle est classée cinquième au rang mondial avec un débit d'eau annuel oscillant entre 630 et 700 millions de m³.

La source est l'unique point de sortie d'un bassin souterrain de 1 100 km² récupérant les eaux du Mont Ventoux, des monts de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la montagne de Lure.

Pour toutes ces raisons, il est urgent d’avoir un débat public avec la société civile, les élus locaux et nationaux, pour dresser un inventaire complet des conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sociales de cette nouvelle folie industrielle.
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MessageSujet: Gaz de schiste en France : Les Amis de la terre demandent une étude des risques   Mar 1 Fév - 17:31

Gaz de schiste en France : Les Amis de la terre demandent une étude des risques
PAR GILLES BOURQUE ⋅ JANVIER 10, 2011 ⋅ COMMENTAIRE
THÈMES ASSOCIÉS ÉNERGIE, ENVIRONNEMENT, EUROPE
La France est en train de subir elle aussi, en accéléré, le cours 101 sur les gaz de schiste. Le gouvernement Sarkozy, aussi étroitement lié aux milieux d’affaires que l’est le gouvernement Charest, aurait octroyé en mai dernier des permis d’exploration pour les départements l’Hérault, de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Drôme. En catimini, le ministère de l’Ecologie et de l’Energie a attribué un permis d’une durée de 5 ans au groupe Total dans une région qui s’étend de Valence jusqu’au nord de Montpellier, où le groupe espère prouver la présence de gaz de schiste.

Ce permis s’étend sur une surface de 4 327 km². Il a initialement été attribué à Total et à la société américaine Devon, mais Total a annoncé dans un communiqué le rachat de la filiale française de Devon qui lui permettra de détenir l’ensemble des droits sur ce permis.

L’organisation de défense de l’environnement les Amis de la terre a rapidement commencé à organiser des réunions publiques d’information pour dénoncer les risques liés à l’exploitation du gaz de schiste et exiger un moratoire.

Alertée par les contaminations constatées à proximité de sites d’extraction aux États-Unis, l’organisation des Amis de la terre exige une étude exhaustive sur les risques sanitaires et environnementaux liés à l’exploitation de cette ressource. Nous le savons maintenant au Québec, la technique dite de « fracturation hydraulique » utilise pour extraire la ressource une importante consommation d’eau et de produits chimiques. Près de 10 millions de litres seraient en effet nécessaires pour une seule opération !

« Les gaz de schiste se situent au même niveau que les sables bitumineux : toujours plus loin, toujours plus profond, toujours plus sale », s’est insurgé Aloys Ligault, chargé de campagne responsabilité sociale et environnementale des entreprises de l’organisation.

En décembre, deux environnementalistes et députés européens, José Bové et Corinne Lepage – ancienne ministre socialiste de l’environnement -, sont montés au créneau pour réclamer un moratoire sur la prospection de gaz de schiste en France, mais aussi en Europe. Selon Corinne Lepage, qui cite Cambridge Energy Research Associates, les réserves de gaz de schiste en Europe pourraient représenter entre 3 000 et 12 000 milliards de mètres cubes et ainsi doubler les ressources classiques disponibles. En 2030, ces réserves pourraient produire près de 50 milliards de mètres cubes, soit environ le tiers de la production européenne actuelle.

Ce n’est rien pour nous rassurer : selon des spécialistes, les gaz non conventionnels pourraient représenter près de 60 % des ressources d’ici à 2030, la Chine et l’Inde étant de possibles réserves. « Le potentiel de développement est considérable après 2020, mais il reste des incertitudes majeures sur les quantités récupérables », note un expert. Problème, la durée de vie des réserves d’énergie fossile pourrait être rallongée d’au moins cent ans.

Pour l’instant, Total est absente du dossier des gaz de schiste au Québec, mais depuis un an elle a entrepris une campagne de communication qui laisse penser qu’elle vise à mettre la main sur de plus petits exploitants détenteurs de permis au Québec. On sait que la famille Desmarais est un des grands décideurs au sein de Total et que cette entreprise fait partie des entreprises voyous qui, au mépris du droit international, fait affaire avec la Birmanie.
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MessageSujet: GAZ DE SCHISTE : LE TRÉSOR EMPOISONNÉ DU SOUS-SOL FRANÇAIS   Sam 5 Fév - 16:56

GAZ DE SCHISTE : LE TRÉSOR EMPOISONNÉ DU SOUS-SOL FRANÇAIS

Discrètement lancée en France, la course aux gaz de schistes pourrait donner au pays son indépendance énergétique mais lui coûter un désastre écologique.


Dans le nord du Texas le gisement de Barnett Shale a éveillé une nouvelle ruée vers l’or gris. Chaque mois des milliards de m3 de gaz sont extraits des couches profondes de roches de schistes sous la ville de Fort Worth. Des torrents de gaz drainés par des milliers de camions. Une activité qui, ajoutée aux rejets des raffineries, pollue plus que le tout le trafic automobile de cette ville de 725 000 habitants selon un rapport réalisé par le professeur Al Armendariz en janvier 2009, nouvel administrateur de l’EPA (Agence de protection de l’environnement américaine). Ce précieux gaz, certains des habitants de Fort Worth l’ont retrouvé jusqu’à la sortie de leur robinet. Leur eau même contient des traces de produits chimiques injectés dans les puits de gaz, selon des analyses indépendantes menées par le documentariste américain Josh Fox. Nouvel arrivant dans cet Eldorado énergétique, Total a acquis début 2010, 25 % du plus gros exploitant de la Barnett Shale, Chesapeake, pour un montant de 600 millions d’euros et prévoit d’investir 1 milliard supplémentaire pour de nouveaux puits. Sans compter les engagements financiers que le groupe pétrolier prévoit en France.

Depuis le début du printemps le géant pétrolier français et le Texan Schuepbach sont libres d’explorer 9672 km² dans le Sud de la France, un terrain de prospection grand comme la Gironde. Signés par Jean-Louis Borloo, trois permis exclusifs de recherche (Permis de Montélimar ; Permis de Nant, Permis de Villeneuve de Berg)) dessinent un gigantesque V de Montelimar au Nord de Montpellier, remontant à l’Ouest le long du parc naturel des Cévennes. Pour obtenir deux des trois permis, l’Américain a cependant du rassurer les autorités françaises en s’alliant à GDF : “S’il y a un problème, ils sont juste là”, nous dit Charles Lamiraux, géologue à la direction générale de l’énergie et du climat (ministère de l’écologie) et en charge du dossier, en pointant la tour du gazier français depuis son bureau dans l’Arche de La Défense. Encore novices dans l’exploitation des gaz de schistes, les groupes français ne peuvent se passer de partenaires américains, les seuls à maîtriser la technique clef d’extraction de ces nouvelles ressources.



Avant, pour les gaziers, la vie était facile : un forage vertical de quelques centaines de mètres jusqu’à une poche, et le gaz remontait tout seul à la surface. Avec l’explosion de la demande, ces gaz dits conventionnels sont de plus en plus difficiles à trouver. Cette raréfaction a poussé les exploitants à creuser toujours plus loin et toujours plus profond… jusqu’à plus de 2000 mètres pour récupérer des micropoches de gaz emprisonnées dans un mille feuilles de roches de schiste. Or, ces nouveaux gisements représentent une manne considérable, présente dans le sous-sol d’un bout à l’autre de la planète selon le rapport du géant italien de l’énergie E.ON : des milliers de milliards de mètres cubes de gaz en Europe, sept fois plus en Amérique du Nord et plus encore en Asie et en Australie… De quoi flamber encore pendant quelques décennies sans besoin d’énergies renouvelables. Tout ça grâce à la technique révolutionnaire de fracturation hydraulique mise au point par le géant de l’armement texan, Halliburton. Un procédé efficace mais brutal.

A 2500 m de profondeur, c’est un petit tremblement de terre : pour réunir les micropoches en une unique poche de gaz, un explosif est détonné pour créer des brèches. Elles sont ensuite fracturées à l’aide d’un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques propulsé à très haute pression (600 bars) qui fait remonter le gaz à la surface avec une partie de ce “liquide de fracturation”. Chacun de ces “fracks” nécessite de 7 à 15 000 mètres cube d’eau (soit 7 à 15 millions de litres), un puits pouvant être fracturé jusqu’à 14 fois.

Selon la couche de schiste, un puits peut donner accès à des quantités de gaz très variables, précise Aurèle Parriaux, docteur en géologie de l’ingénieur à l’université polytechnique de Lausanne. Pour être sûr de rentabiliser un champ il faut une forte densité de forage.

Dans le Garfield County (Colorado), le désert s’est hérissé de puits de gaz de schiste tous les 200 mètres.


Chacun des points blanc sur la carte est un puits d'extraction de gaz de schiste
Pour chaque “frack”, deux cents allers retours de camions sont nécessaires au transport des matériaux de chantier, de l’eau, puis du gaz. De quoi transformer n’importe quelle nationale en autoroute. Sans compter les rejets de CO2 des raffineries, le bruit généré par le site et la transformation du paysage environnant.

Loin des ambitions affichées par le Grenelle de l’environnement, la fracturation hydraulique va à l’encontre de nombreux engagements pris par le ministre de l’écologie Jean Louis Borloo, qui a signé l’attribution des permis de recherche. Parmi les objectifs de ce Grenelle, améliorer la gestion des émissions de gaz à effet de serre grâce à la réduction de la circulation automobile, protéger les sources d’eau potables et les zones d’écosystèmes sensibles.

Si l’exploitation devait commencer dans les frontières définies par les permis, ce serait plus d’un paragraphe du Grenelle de l’environnement qui serait piétiné. Pour ce qui est des quantités d’eau à mobiliser, le choix de la région, frappée de sécheresse endémique depuis plusieurs années (notamment en Drôme et en Ardèche), est loin de satisfaire au principe de préservation des ressources en eau énoncé à l’article 27 du Grenelle :

Le second objectif dans ce domaine est de garantir l’approvisionnement durable en eau de bonne qualité propre à satisfaire les besoins essentiels des citoyens. A ce titre, l’Etat promeut des actions visant à limiter les prélèvements et les consommations d’eau. Il participe, en s’appuyant sur les acteurs compétents, à la diffusion des connaissances scientifiques et des techniques visant à une meilleure maîtrise des prélèvements et des consommations finales d’eau pour l’ensemble des usages domestiques, agricoles, industriels et de production énergétique.

Le risque est clairement identifié comme on nous le confie au ministère de l’Ecologie : “le problème de l’approvisionnement en eau nécessaire à l’exploitation des gaz de schiste se posera à un moment ou à un autre.”

Dans le document de référence remis aux autorités, Total et Schuepbach assurent prendre toutes les précautions nécessaires pour minimiser l’impact des recherches de gaz de schiste sur l’environnement. Malgré la cimentation des puits, les bourbiers avec films plastiques et autres sécurités mises en place pour empêcher la contamination, la notice d’impact précise la nécessité de réaliser au préalable une étude hydrogéologique, le forage pouvant traverser des nappes phréatiques. Le risque, comme l’ont expérimenté les riverains de la Barnett Shale au Texas, c’est la contamination des eaux souterraines par les polluants inclus dans le liquide de fracturation. Séverin Pistre, chercheur en hydrogéologie au laboratoire hydrosciences de Montpellier, souligne la fragilité des sources dans la région :

il y a beaucoup de problèmes de protection des captages d’eau du fait des aquifères karstiques qui peuvent réagir de façon très violente aux polluants. Selon l’endroit où le fluide pénètre la nappe phréatique, sa vitesse de propagation peut aller de 1 à 1000. Dans certain cas, il peut ainsi parcourir des centaines de mètres par jour dans les sous-sols.

Mais Total a tout prévu : en cas de nuisances, la notice d’impact donne aux habitants “la possibilité d’introduire un dossier auprès du Mécénat Total pour des actions patrimoniales ou culturelles”. L’honneur est sauf !

La priorité reste néanmoins à l’investissement : pour obtenir les permis, Total s’est engagée à dépenser 37 800 000 euros sur cinq ans pour sa zone d’exploration. Schuepbach quant à elle, a promis d’investir sur trois ans 1 722 750 euros pour les 4414 km² du permis de Nant et 39 933 700 pour le permis de Villeneuve de Berg et ses 931 km², soit 14319€ par km² et par an.

L’investissement dépend du degré de certitude que les entreprises ont de trouver des gisements de gaz, précise Charles Lamiraux. En Ardèche, des forages anciens permettent d’affirmer qu’il y a des réserves profondes que nous ne pouvions pas exploiter jusqu’ici. Peut-être même du pétrole.

Une éventualité qui pourrait expliquer certains investissements de dernière minute : Total E&P, abandonnée sur le permis de Montélimar par Devon Energy, n’a pas hésité à racheter la filiale française du groupe (non sans avoir obtenu l’aval du ministère de l’Ecologie). La rumeur veut que Chesapeake, basée à Oklahoma City, devienne le nouveau partenaire technique du pétrolier français. La même entreprise dans laquelle Total a pris en janvier dernier une participation de 25%.

Même si aucun des acteurs n’avoue encore d’ambition d’exploitation réelle, les investissements mis en place laissent entrevoir une stratégie à long terme.

Pour l’instant nous en sommes à une phase d’analyse de données par nos géologues, explique-t-on chez Total. Si les résultats de la phase de prospection de cinq ans sont positifs, il faut en général quatre ans de plus pour mettre en place l’extraction d’hydrocarbures. Cependant, pour les gaz de schiste, le forage des puits peut être très rapide et extensif.

Le PDG de Total lui-même Christophe de Margerie n’a pas caché que lorsqu’il prenait pied sur les gisements texans cela “permettra à Total de développer son expertise dans les hydrocarbures non conventionnels pour poursuivre d’autres opportunités au niveau mondial.”

Si des géants comme Exxon Mobil n’hésitent pas à acheter pour 41 milliards de dollars un exploitant régional de la Marcellus Shale, le marché reste aujourd’hui dans une phase spéculative.

La situation dans les gaz de schiste aujourd’hui est assez comparable à celle de la bulle internet : actuellement, le gaz naturel se vend autour de 4$ le Gjoule mais coûte à peu près 6$ le Gjoule à produire, explique Normand Mousseau, titulaire de la chaire de recherche du Canada en physique numérique de matériaux complexes et auteur du livre “La révolution des gaz de schistes”.

Des petites compagnies texanes ou albertaines se positionnent pour se faire racheter par des acteurs majeurs du secteur : le pétrole est de plus en plus difficile à trouver et le gaz pèse de plus en plus lourd dans les comptes d’exploitation.Bien plus que les bilans financiers d’une poignée de magnats du pétrole, c’est peut-être l’indépendance énergétique de nombreux pays qui se joue ici. Ces gisements non conventionnels remettent en cause la suprématie gazière de la Russie et des pays du Golfe et pourraient redessiner la carte du monde des hydrocarbures. Quitte à faire courir des risques environnementaux aux habitants, dépassant de loin les bénéfices énergétiques de l’exploitation des gaz de schiste.

Carte réalisée par Marion Boucharlat pour Owni

Photos FlickR CC Travis S. ; Rich Anderson ; Jeromy.

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MessageSujet: Des millions de litres de diesel injectés dans le sol aux États-Unis   Dim 6 Fév - 16:51

Des millions de litres de diesel injectés dans le sol aux États-Unis
Louis-Gilles FRANCOEUR
Le Devoir
mercredi 2 février 2011

Les présidents de trois comités de la Chambre des représentants du Congrès des États-Unis ont avisé lundi l’Environmental Protection Agency (EPA) que 14 compagnies spécialisées dans l’exploration des gaz de schiste avaient injecté 128 millions de litres de diesel et de ses dérivés après que le Congrès eut, en 2005, interdit cette pratique sans autorisation par un amendement à la Loi sur la sécurité de l’eau potable.

Selon la lettre envoyée par les présidents des comités de l’Énergie et du Commerce, des Ressources naturelles et des Enquêtes spéciales, l’injection de diesel a été pratiquée dans 19 États par ces 14 compagnies sans que l’EPA ou les ministères de l’Environnement des États en cause n’aient été saisis de cette pratique pour en évaluer les risques.

Aucune des 14 compagnies nommées dans le rapport n’est présente au Québec.

Les trois plus importantes compagnies mises en cause aux États-Unis par cette enquête conjointe de trois comités de la Chambre sont BJ Services, Schlumberger et Halliburton. Cette compagnie avait pour vice-président Dick Cheney avant qu’il ne devienne au début des années 2000 le bras droit du président Bush.

Des 128 millions de litres de diesel injectés dans le sous-sol des États-Unis entre 2005 et 2009, c’est le Texas qui a écopé de l’essentiel, soit près de la moitié avec 64 millions de litres. Les autres exploitants des gaz de schiste ont injecté au moins 4 millions de litres dans le sous-sol de l’Oklahoma, du Dakota du Nord, de la Louisiane, du Wyoming et du Colorado.

À elle seule, BJ Services a injecté 46 millions de litres de diesel, suivie par Halliburton avec 28,8 millions de litres. En tout, 40,8 millions de litres de diesel « pur » ont été injectés et le reste, soit 87,2 millions de litres, était constitué de liquides de fracturation contenant au moins 30 % de diesel.

« Ces activités, concluent les trois comités de la Chambre, semblent en violation de la Loi sur la sécurité de l’eau potable parce que les compagnies n’ont pas obtenu les permis qui auraient pu autoriser l’usage du carburant diesel dans les activités de fracturation. »

« Nous n’avons pas pu tirer de conclusions définitives sur les impacts potentiels de ces injections sur la santé publique et l’environnement, poursuivent les trois présidents des comités, les représentants Henry Waxman, Edward Markey et Diana DeGette. Les compagnies gazières et pétrolières que nous avons contactées ne nous ont fourni que des fragments d’information sur la proximité de leurs opérations de fracturation hydraulique avec l’eau potable des nappes souterraines. Et qui plus est, parce que ces compagnies n’ont pas demandé les permis requis par la Loi sur la sécurité de l’eau potable, les agences gouvernementales qui auraient pu évaluer leurs demandes de permis ne savent à peu près rien de ces activités d’injection de diesel et de leurs impacts potentiels. »

Cette histoire illustre bien l’attitude de l’administration Bush envers l’industrie du pétrole et du gaz.

En 2003, l’EPA a signé une entente avec les trois principaux exploitants pour qu’eux seuls cessent d’injecter du diesel dans les formations de gaz des dépôts souterrains de houille (charbon) en raison de leur proximité avec les nappes souterraines. L’EPA a décrété par la suite que tout le monde devait se conformer à l’entente.

En 2004, l’EPA a commencé à s’inquiéter un peu plus des risques que posait l’utilisation du diesel. Ses inquiétudes provenaient d’une évaluation conjointe réalisée avec le département de la Santé et des Services sociaux et l’Agence internationale pour la recherche contre le cancer. Les trois organismes avaient alors conclu que le benzène présent dans le diesel, un agent cancérigène avéré, menaçait la santé publique tout comme l’exposition chronique aux autres molécules de ce carburant, soit le toluène, l’éthylbenzène et le xylène, un cocktail connu sous le nom de BTEX. Ces molécules peuvent endommager sérieusement le système nerveux central, le foie et les reins.

En 2005, le Congrès a fait un pas de plus en modifiant la loi pour ne permettre que les seules injections de diesel dûment évaluées et autorisées par les autorités fédérales ou les États.

L’industrie a pour sa part renvoyé la balle à ses sous-traitants, qui ont répliqué qu’ils ne faisaient que forer des trous, la responsabilité d’évaluer les risques relevant des propriétaires des puits. Après la divulgation du bilan des trois commissions, un procureur des entreprises pétrolières et gazières a déclaré au New York Times que l’EPA aurait un gros problème juridique sur les bras si elle s’avisait de poursuivre ses clients, car ces compagnies se sont autorisées à aller de l’avant, malgré la loi, parce que l’EPA n’avait mis en place aucune procédure d’évaluation particulière pour ce type de dossier.
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