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 PAKISTAN : 16 MILLIONS DE REFUGIES CLIMATIQUES

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MessageSujet: PAKISTAN : 16 MILLIONS DE REFUGIES CLIMATIQUES   Sam 16 Oct - 16:27

PAKISTAN : 16 MILLIONS DE REFUGIES CLIMATIQUES
Postée le 13/10/2010 à 13h37


Plus grande catastrophe naturelle de l’histoire contemporaine par le nombre de sinistrés, les inondations au Pakistan préfigurent les crises humanitaires de demain si le réchauffement climatique se confirme.

De notre envoyé spécial

« L’eau monte ! L’eau arrive ! » La panique s’est emparée de la famille Benjamin le 28 juillet dernier quand s’est déchaîné le fleuve Kaboul. Cette rivière née des montagnes afghanes court mêler ses eaux boueuses à celles turquoises de l’Indus, le fleuve du Pakistan. « Nous avons tout juste eu le temps de partir, sans penser à rien d’autre qu’à venir nous réfugier ici, à la Saint-Joseph High School, où j’enseigne les sciences et les mathématiques. » Depuis, Kiran Benjamin, sa sœur et ses parents, sont abrités dans une école. Chaque jour, ils retournent sur les ruines de leur maison mais, comme les 5 000 familles du petit village d’Izakhel tout proche, ils ne trouvent rien à récupérer.

La catastrophe naturelle qui a englouti le quart du Pakistan durant cet été 2010 est inédite. Les chiffres restent abstraits tant ils sont faramineux : une superficie inondée grande comme l’Italie ; 21 millions de sinistrés (sur une population de 175 millions) ; 16 millions de déplacés ; 10 millions de sans-abri ; 1,9 million de maisons endommagées, ainsi que 517 établissements médicaux et 10 600 écoles ; 36 milliards d’euros de dégâts.

Fonte des glaciers, réchauffement climatique ou conditions météorologiques exceptionnelles ? Le président Asif Ali Zardari a demandé à Al Gore de constituer un groupe d’experts pour répondre à cette question. Quoi qu’il en soit, les pluies de cet été ont provoqué la crue des cinq principaux affluents de l’Indus. Les rivières se sont alors comportées en torrents, elles ont défoncé leurs rives, submergé des ponts, emporté les maisons, les animaux et les cultures. Les premières crues ont pris les populations par surprise. « Le gouvernement porte la lourde responsabilité de ne pas avoir averti les gens du sud que l’eau arrivait. Elle a mis quinze jours avant d’inonder les autres régions. Il y avait tout le temps nécessaire pour s’y préparer », confie un membre de la Caritas de Rawalpindi (à côté d’Islamabad) qui vient tous les jours au nord de Nowshera, dans l’État du Khyber Pakhtunkhwa, pour rencontrer la communauté pachtoune immigrée, installée là depuis plusieurs années.

Il y a sept diocèses au Pakistan et autant de Caritas régionales. Celle de Rawalpindi accompagne plusieurs camps de déplacés. Des équipes de deux ou trois personnes viennent quotidiennement voir les populations. Ce jour-là, elles croisent un petit garçon de 7 ans, orphelin de père. Il est perdu. Il ne sait pas ce qu’il va devenir. Pas plus que ce fils d’immigrés afghans de 26 ans, père de cinq enfants et qui lui aussi fouille les ruines. « Le gouvernement avait toléré que mes parents bâtissent ici il y a trente ans. Mais aujourd’hui, ils nous interdisent de reconstruire. Trop dangereux, disent-ils. Mais où puis-je aller ? »

Dans la plaine de la région méridionale du Sind, il y a ceux qui se sont installés sur les digues, espérant que les secours viendront à eux, et ceux qui ont choisi d’aller chercher de l’aide en ville. À Karachi, capitale économique du pays et grand port sur l’océan Indien, 48 lieux d’accueil ont été prévus pour absorber ce nouvel exode rural. Toutes les administrations ont été mobilisées. L’armée et la police sont partout. Des dizaines de grandes tentes sont plantées sur les pelouses d’un des plus grands collèges techniques de la ville. 15 000 hommes, femmes et enfants ont investi les salles de cours et les dortoirs de l’établissement. Ils en sortent pour étendre leur lessive ou venir chercher la nourriture que l’administration leur livre chaque jour.

Une nourriture qui, par une chaleur de 40° C, perd très vite sa fraîcheur. Les infections intestinales sont les pathologies les plus fréquentes que les médecins dépêchés sur place ont à traiter.

Isolement.

D’autres réfugiés se sont installés par centaines, à l’entrée de Karachi, sur les talus qui surplombent les voies rapides. Sous des arbustes ou sous quatre menus troncs d’arbres ébranchés au bout desquels ils ont tendu un morceau de tissu, ils cherchent l’ombre. Ils respirent un air chaud saturé d’humidité, d’insectes et de gaz d’échappement. Avec eux, le buffle, l’âne, la chèvre ou la poule qu’ils ont pu sauver, les animaux étant pour les petits agriculteurs un compte en banque : « quand on avait besoin d’argent, on vendait une tête de bétail », explique l’un d’eux, à qui il ne reste plus qu’un mouton. Ils n’ont rien à manger, rien à boire, leur dénuement est total. Ils ne comptent que sur la générosité des automobilistes et des ONG.


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