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 La haine monte contre les Eglises trop souvent aux ordres des nantis et des repus

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MessageSujet: La haine monte contre les Eglises trop souvent aux ordres des nantis et des repus   Dim 29 Aoû - 15:03

La hausse du vandalisme dans les églises s'explique difficilement

Le ministère de l’intérieur reconnaît une augmentation très nette des « atteintes aux lieux de culte », chrétiens notamment

Les chandeliers, la statue et le crucifix qui ornaient le tabernacle ont été renversés, les plaques de l’autel soulevées. Le 26 juillet, dans l’église Saint-Martin de Limoux (Aude), des boiseries ont été arrachées, les sujets de la crèche détruits. Le 7 août, c’était au tour de la sacristie de l’église Saint-Géry, dans le centre-ville de Valenciennes (Nord) : deux statues en bois ont été renversées de leur socle et gisaient à demi décapitées, lorsque les paroissiens les ont découvertes.

D’autres dégradations ont aussi été constatées dans l’église. Deux jours plus tard, le cimetière d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) était lui aussi victime de vandales qui ont abîmé une quinzaine de tombes et brisé les portes de trois chapelles.

Dernière en date, le 11 août, à quelques jours de la fête de l’Assomption, la Vierge qui surplombe le village de Perrigny (Jura) a été vandalisée, ses ongles peints en rouge, son visage et sa robe recouverts de peinture verte, et une croix gammée dessinée sur son socle. Pourquoi une telle succession ? Est-elle le fruit du hasard ou bien le signe d’une recrudescence de ce type bien particulier de vandalisme ?
275 lieux de culte vandalisés en 2008

Sous-directeur de l’information générale (ex-renseignements généraux) au ministère de l’intérieur, Serge Guillen le constate : les atteintes aux lieux de culte, des bâtiments catholiques pour leur grande majorité (90 à 95 % des profanations), mais aussi israélites et musulmans, sont en hausse, et pas seulement l’été.

« Depuis la création de notre service en 2008, nous avons systématisé leur recensement. En 2008, 275 lieux de culte chrétiens ont été vandalisés (146 cimetières et 129 églises, chapelles ou calvaires). L’année suivante, les chiffres ont grimpé de 42 % à respectivement 180 et 209. Et pour le premier semestre 2010, nous sommes déjà à 288 actes recensés, tous lieux de culte chrétiens compris. »

En février, après le pillage, dans la nuit du 11 au 12, de l’église Saint-Michel de Morangis (Essonne), le huitième lieu de culte du département dans ce cas en quelques mois, Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry, s’est d’ailleurs violemment insurgé contre « le silence étourdissant » des « pouvoirs publics, des politiques, de la presse et de l’opinion publique » quand il s’agit de dégradations d’églises.

« J’ai émis l’idée de mettre sur pied une commission “cambriolage” pour visiter les églises, étudier, pour chacune d’entre elles, les dispositions à prendre (…). On m’a fait savoir que je n’en avais pas juridiquement le droit et qu’il serait mis en place une commission officielle. Les exactions continuent. Les pouvoirs publics sont donc responsables par leur carence », affirmait-il dans un communiqué.
Un phénomène peu médiatisé

En avril, le député Louis Guédon (UMP, Vendée) a lui aussi interpellé le ministre de l’intérieur sur les mesures qu’il « entend prendre pour protéger ces lieux chrétiens particulièrement visés » : « On ne peut que regretter le silence médiatique et institutionnel entourant les si nombreuses dégradations de sites chrétiens », soulignait-il devant l’Assemblée.

Dans ses chiffres, la sous-direction de l’information générale du ministère de l’intérieur ne comptabilise que les actes de vandalisme (dégradations diverses, tags et inscriptions…) et non les cambriolages d’objets d’art, qui font l’objet d’un recensement spécifique par l’Office central des biens culturels (OCBC).

Ces derniers sont d’ailleurs plutôt orientés à la baisse (lire ci-dessous). Pour autant, le phénomène reste difficile à comprendre, car la majoré des affaires n’est pas résolue. Une certitude : leurs auteurs sont jeunes, voire très jeunes. Sur les 18 personnes interpellées en 2008, 11 étaient mineures. L’année suivante, 31 étaient mineures sur 46 interpellées. Autre constat : les dégradations à caractère satanique sont extrêmement minoritaires (une dizaine de cas en 2009), tout comme les attaques d’ordre raciste ou idéologique (avec croix gammée, par exemple, une vingtaine de cas) ou anarchiste.
« Le plus souvent, il s'agit de pur vandalisme »

« Le plus souvent, il s’agit de pur vandalisme, avance Serge Guillen. Les jeunes, un peu alcoolisés, décident dans la soirée d’aller faire une pseudo-fête dans un cimetière ou une église. Sans doute que ce type de lieu leur donne des émotions plus fortes qu’une salle de classe.

Mais l’analyse des motivations est très compexe et les enquêtes difficiles à mener. » Dans le cas de la profanation du cimetière d’Hénin-Beaumont, c’est finalement vers une « piste psychiatrique » que s’est orientée l’enquête : les deux suspects interpellés auraient agi « sous l’emprise de stupéfiants ».

Si la police et la gendarmerie appellent régulièrement l’Église catholique à protéger davantage ses œuvres d’art, la prévention est beaucoup plus difficile dans ce cas de figure. « Il y a des dizaines de milliers de lieux de culte. Comment voulez-vous défendre des bâtiments de ce genre ? s’interroge Serge Guillen. Les gendarmes ne peuvent pas faire des patrouilles de nuit partout. Et puis, ces actes ne sont pas forcément prémédités longtemps à l’avance. »

Dans un rapport consacré fin 2008 aux profanations de cimetières, les députés Jean-Frédéric Poisson (UMP, Yvelines) et André Flajolet (UMP, Pas-de-Calais) analysaient le bouleversement des rites autour de la mort – marqués par de nouvelles pratiques : « dispersion des cendres, urnes à domicile, columbariums… » – et s’interrogeaient sur ses conséquences quant au « rapport des jeunes générations à la mort et à la sépulture ». Entre autres mesures, ils se déclaraient favorables à un effort d’éducation des jeunes à la question de la mort, « à partir du collège, dans le cadre de certaines disciplines notamment la littérature et l’histoire ».
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MessageSujet: Vandalisation dans le Jura   Dim 5 Sep - 5:47

Délinquance : un été sombre pour les églises du Jura
publié le 05.09.2010 04h00
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Le mois d'août s'est révélé extrêmement violent pour l'Église du Jura, entre profanations, vandalisme et vol. La densité des évènements ne doit pas pour autant faire perdre de vue leurs différences de nature



ntre le 8 et le 10 août, l'église de Beaufort était vandalisée, puis c'était au tour de la vierge de Perrigny de faire la une. Le week-end du 15 août, le sanctuaire de Perrigny est profané, avant que l'église de Saint-Amour ne soit sujette au vol. Chaque acte de vandalisme est assorti de son flot de croix gammées, d'insignes nationalistes d'un autre temps, de mobilier ravagé et même d'un « nique ta mère » peint dans l'église de Beaufort. Ce dernier graffiti que l'on pourrait trouver dans la rue sans s'en émouvoir, choque au même titre que toutes les autres dégradations commises dans des lieux sacrés qui servent de support à un art apocryphe.

Au reste, le Jura fait figure de département tranquille en France : le Figaro publiait l'année dernière une « carte de France des profanateurs » : sur 184 cas, aucun fait recensé dans notre département, alors que le Bas-Rhin, la Somme, l'Ille-et-Vilaine, la Gironde et le Gard détenaient le triste record. C'est un phénomène tout de même nationalement en hausse selon la Croix.

Jean-François Ryon, responsable de la conservation des antiquités et objets d'art du Jura, note, depuis une quinzaine d'années, soit depuis son arrivée à ce poste, une fréquence relativement élevée de vols de reliques. Pourquoi les églises sont-elles prises pour cibles ? Doit-on voir une correspondance entre les différents actes du mois d'août ?

Certainement pas, comme le souligne Bertane Poitou, responsable de la communication du diocèse de Saint-Claude, ce sont des actes isolés, en témoigne l'auteur des tags à Saint-Loup, un « jeune désœuvré » qui n'avait pas pris conscience de l'importance de ses actes.

Pour autant, la signification n'en est pas atténuée. Le clergé, selon Bertane Poitou se dit prêt à pardonner : « la priorité va vers la recherche des coupables, dont les actes ne sont pas anodins, puisque réalisés dans des lieux sacrés. Le pardon pourra être donné s'il est demandé, donc les auteurs retrouvés », explique Bertane Poitou, et pour cela, l'Église s'en remet à la gendarmerie.

Pour autant, ce sont bien les maires des communes qui ont porté plainte dans la majorité des cas, excepté celui de Saint-Loup, car le sanctuaire profané était propriété de l'évêché. Rappelons à ce titre que les lieux et objets de culte sont soumis à un régime particulier : la séparation, en France en 1905, de l'Église et de l'État, a conduit aux grands inventaires : selon la loi, tous les objets d'avant 1905 appartiennent à l'État, et c'était le cas des reliques et objets de Saint-Amour, et tout ce qui vient après appartient à l'Église, puisque payé par elle. L'extérieur des églises est à la charge des communes souvent loin de telles préoccupations d'après Gérard Jacquier, maire de Saint-Amour, et l'intérieur à l'Église. La sœur Marie Isabelle, membre de la commission des Arts sacrés du Jura, s'efforce de répertorier tous les objets, depuis trois ans, des 345 églises jurassiennes. Si les « trois quarts sont déjà effectués », les évènements relancent le débat sur l'importance du patrimoine, sa protection, et les raisons qui poussent à commettre de telles effractions.

Valentin Burgaud

Comment attribuer un « Qui ? » aux actes de vols, de dégradations
a mémoire de la sœur Marie Isabelle de la commission des Art sacrés du diocèse permet de retrouver quelques évènements significatifs. La statue retrouvée à Château-Chalon le 14 août dernier fera dire au prêtre qu'il a « eu une apparition ». Pour la religieuse, il s'agit davantage d'un objet volé, que l'auteur du vol n'a pas réussi à revendre avant de décider de s'en séparer, donc de la rendre. Cela fait écho selon elle à ce qui s'est récemment produit à Beaune : un « Balthazar » classé du XVe siècle, volé 16 ans auparavant a été retrouvé en vente chez un antiquaire en Belgique, et a ainsi pu être remis à Beaune.

Les voies de la Belgique semblent, au dire de la sœur, symptomatiques. Jean-François Ryon, conservateur des antiquités et des œuvres d'art du Jura, semble plus prudent : « on parle de la Belgique, mais il faudrait sans doute chiffrer le marché pour en avoir une idée réaliste ».

C'est ainsi que selon le maire de Saint-Amour, Gérard Jacquier, les gendarmes auraient fait le lien entre le vol de l'église et, la même nuit, le rapt dans la commune voisine de Saint-Etienne-du-Bois. Des personnes averties, un réseau à la rigueur. Le profil tranche en tout cas avec l'adolescent désœuvré de Saint-Loup qui a vite avoué.

La présence de croix gammées ou symboles dans le genre n'est pas la preuve que l'on a affaire à un groupuscule néo-nazi. L'effet boule-de-neige, « relayé par la presse » selon les mots de la sœur Marie Isabelle, jouerait, bien que le premier, au moins, n'ait pas eu besoin de conseils.

Comme le souhaite Bertane Poitou, l'heure est désormais à la recherche des coupables. Et aux hypothèses plus ou moins bancales, immanquablement.

Sur un terrain houleux, la sœur Marie Isabelle se dit convaincue que les dégradations de l'église de Beaufort ont été perpétrées par une femme désorientée, qui rôdait. La sœur critique conjointement le désœuvrement des jeunes l'été, la perte de valeur du sacré aujourd'hui, et la prétendue vengeance rom du fait des expulsions… terrain glissant.

Au total, les affaires de Perrigny, de Beaufort et de Saint-Amour n'ont pas trouvé de coupables avérés. Les affaires sont à suivre, mais la tristesse de ces évènements pose la question et ouvre le débat sur les moyens de faire respecter ces lieux. Le diocèse fait face à la quasi obligation morale d'ouvrir les lieux de cultes tous les jours aux fidèles ou aux touristes face à la nécessité de protection du patrimoine.

V.B.

Sensibiliser les Jurassiens : les différentes méthodes
Prévention ou répression. Les alternatives ne sont pas vraiment nombreuses, mais les deux termes peuvent se décliner de plusieurs façons différentes.

La répression, en fait, grave davantage l'empreinte de la loi, puisque les plaintes sont forcément déposées à la gendarmerie ou à la police nationales et donc le clergé n'a nécessairement aucune prise sur la sanction. La répression est le camp défendu par la sœur Marie Isabelle. « Il faut que les gens sachent que la loi est sévère », explique-t-elle, en affirmant qu'elle se souvient avoir vu des chasubles liturgiques vendues dans un vide-greniers. « D'où venaient-ils ? Les gens doivent savoir que les vendre comme les acheter les expose à la justice ».

Pour autant, d'autres solutions existent : l'église pourrait être fermée, bien que ce ne soit pas dans l'esprit d'accueil de la religion chrétienne. Certaines églises sont gardiennées par une ou plusieurs personnes, à l'instar de l'église d'Orgelet par exemple. Contre les vols, des systèmes d'alarme peuvent être installés comme à Censeau, autour du triptyque. La solution la plus classique pour le vol semble néanmoins être l'assurance des objets sacrés. À l'évidence, c'est aujourd'hui ce qui fait défaut à la commune de Saint-Amour, et le maire pense « ouvrir des discussions avec les assureurs, que le vol nous serve au moins de leçon ».
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